L*IL£ LE BRIS
sèrent leurs armes sur le sol. Aussitôt après, ils s'embarquaient.
Par suite de la reddition de ces diverses tribus, il n'y avait plus dans Tarrondissement qu'une bande de Canaques d'Uaraï à Tlle Le Bris et, en dehors de Tarrondissement, mais près de sa limite, Areki, dans ses difficiles retraites de la Oua-Tom. Les Canaques de rile Le Bris nous regardaient seuls ; pour Areki, il fallait s'entendre, au sujet d'une action commune, avec Canala et Bouloupari. Toutefois, avec le temps qui avait marché, des postes s'étaient construits ou se construisaient qui rendraient la besogne plus aisée.
C'étaient le poste Dezarnauld sur la Ouameni, dépendant de Bouloupari et au nord de la Oua-Tom, et Popidéry, qui appartenait à l'arrondissement et qui se trouvait au sud du territoire d' Areki. Quoiqu'on ne cessât de harceler la Oua-Tom, on attendait pour y tenter une opération décisive que ces postes fussent établis.
Nous nous occupâmes tout de suite de l'île Le Bris. L'expédition dut avoir lieu le mardi 3 décembre. Dès le dimanche soir, la colonne alla coucher à la Foa. Depuis quelques jours, elle s'était en partie renouvelée. Ses marins, pour la plupart hors de service.
étaient rentrés à bord de la Vire et avaient été remplaces par des soldats de Lafond. Les déportés aussi avaient été changés. Malherbe et ses cinq premiers francs-tireurs, ayant reçu leur grâce, rentraient en France par la Loire. Des francs-tireurs de Teremba et deux solides mineurs qui revenaient sans ouvrage de Ouegoa avaient comblé les vides. Les Mercury étaient à peu près les mêmes. Quant à Le GoUeur, Gallet et Mercury, ils conservaient leur santé et leur ardeur. Duteich avait toujours son clairon. La colonne, avec ces éléments nouveaux, en était à son début et brûlait du désir de se signaler et de se montrer égale à elle-même. Le lundi, elle partait de très bonne heure de la Foa, faisait un crochet vers Popidéry, puis, parles bords de la baie Chambeyron, se rabattait vers rile Le Bris. Elle y poussait ainsi les Canaques qui pouvaient s'en être éloignés. Le mardi matin, elle devait se trouver à Taffût dans la brousse au bord du petit bras de mer qu'on peut passer à gué et qui sépare Tlle de la terre ferme. A Teremba, nous avions un autre rôle à jouer. Le mardi, dès deux heures du matin, une embarcation bien armée partirait de Teremba pour doubler Tlle Le Bris et gagner la baie Chambeyron. Et, avec deux autres chaloupes, chargées des soldats et des francs-tireurs de Vanauld,