‹ Sr Thérèse de l'Enfant Jésus et de la Sainte FaceChapitre 21 sur 75 · Sœur T/iércse de i Enfant-Jésus · texte numérisé non relu

Sœur T/iércse de i Enfant-Jésus

Un matin, au signal du réveil, j'eus le pressentiment que sœur Madeleine n'était plus. Le dortoir ' se trouvait dans une obscurité complète ; personne ne sortait des cellules. Je me décidai pourtant à pénétrer dans celle de sœur Madeleine que je vis, en effet, habillée et couchée sur sa paillasse dans l'immobilité de ia mort. Je n'eus pas la moindre frayeur; et, courant à la sacristie, j'apportai bien vite un cierge, et lui mis sur la tête une couronne de roses. Au milieu de cet abandon, je sentais la main du bon Dieu, son Cœur qui veillait sur nous ! C'était sans effort que nos chères sœurs passaient à une vie meilleure ; une expression de joie céleste se répandait sur leur visage, elles semblaient reposer dans un doux sommeil.

Pendant ces longues semaines d'épreuves, je pus avoir l'ineffable consolation de faire tous les jours la sainte communion. Ah ! que c'était doux ! Jésus me gâta longtemps, plus longtemps que ses fidèles épouses. Après l'influenza, il voulut venir à moi quelques mois encore, sans que la communauté partageât mon bonheur. Je n'avais pas demandé cette exception, mais j'étais bien heureuse de m'unir chaque jour à mon Bien- Aimé.

Je l'étais aussi de pouvoir toucher aux vases sacrés, de préparer les petits langes destinés à recevoir Jésus. Je sentais qu'il me fallait être bien fervente, et je me rappelais souvent cette parole adressée à un saint diacre : « Soyc^ saint, vous qui touche^ les vases du Seigneur -. »

Que vous dirai-je, ma Mère, de mes actions de grâces en ce temps-là et toujours? Il n'y a pas d'instants où je sois moins consolée ! Et n'est-ce pas bien naturel, puisque je ne désire pas recevoir la visite de Notre-Seigneur pour ma satisfaction, mais uniquement pour son plaisir à lui ?

' Corridor.

* Is.. MI, 1 I.

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