Poésies. — Troisième partie
Les Saints.
Des siècles ont passé sur la terre lointaine Depuis l'instant heureux où tu volas au ciel. Mille ans sont comme un jour en la céleste plaine; Mais ce jour doit être éternel !
Jeanne.
Jour éternel, sans ombre, sans nuage.
Nul ne me ravira ton éclat immortel.
Du monde elle a passé la fugitive image... A moi le ciel !
Les Saints.
A toi le ciel !
Prière de la France à ia Vénérable Jeanne d'Arc. 453
Prière de la France
à la Vénérable Jeanne d*ArG.
Air : Rappelle-toi.
Oh ! souviens-toi, Jeanne, de la pairie, De tes valions tout émaillés de fleurs. Rappelle-toi la riante prairie Que tu quittas pour essuyer mes pleurs. O Jeanne, souviens-toi que lu sauvas la France. Comme un ange des cieux tu guéris ma souffrance, Ecoute dans la nuit La France qui gémit :
Rappelle-toi !
Rappelle-toi tes brillantes victoires.
Les jours bénis de Reims et d'Orléans; Rappelle-toi que tu couvris de gloire, Au nom de Dieu, le royaume des Francs. Maintenant, loin de toi, je souffre et je soupire. Viens encor me sauver, Jeanne, douce martyre! Daigne briser mes fers...
Des maux que j'ai soufferts.
Oh ! souviens-toi !
Je viens à toi, les bras chargés de chaînes, Le front voilé, les yeux baignés de pleurs ; Je ne suis plus grande parmi les reines. Et mes enfants m'abreuvent de douleurs ! Dieu n'est plus rien pour eux ! Ils délaissent leur Mère O Jeanne, prends pitié de ma tristesse amère ! Reviens, « fille au grand cœur ».
Ange libérateur.
J'espère en toi 1
4^4 Poésies. — Troisième partie.
Cantique pour obtenir la canonisation de la Vénérable Jeanne d'Are.
Air : Pitié, mon Dieu.
0 Dieu vainqueur I l'Eglise tout entière Voudrait bientôt honorer sur l'autel Une martyre, une vierge guerrière Dont le doux nom retentit dans le ciel.
Par ta puissance,
O Roi du ciel !
Donne à Jeanne de France L'auréole et l'autel.
Un conquérant pour la France coupable.
Non, ce n'est pas l'objet de son désir ; De la sauver Jeanne seule est capable : Tous les héros pèsent moins qu'un martyr
Jeanne, Seigneur, est ton œuvre splendide. Un cœur de feu, une âme de guerrier.
Tu les donnas à la vierge timide, La couronnant de lis et de laurier.
Elle entendit, dans son humble prairie.
Des voix du ciel l'appeler aux combats ; Partant alors pour sauver la patrie, Son seul aspect ébranla les soldats.
Des fiers guerriers, Jeanne gagna les âmes : L'éclat divin de cet ange des cieux.
Son pur regard, ses paroles de flammes. Surent courber les fronts audacieux.
Par un prodige unique dans l'histoire, On vit alors un monarque tremblant Reconquérir sa couronne et sa gloire Par le moven d'un faible bras d'enfant.
Pour obtenir la canonisation de la Vén. Jeanne d'Arc. 455
Ce ne sont pas de Jeanne les victoires Que nous voulons célébrer en ce jour; Nous appelons ses véritables gloires :
La pureté, le martyre et l'amour.
En combattant elle sauva la France, Mais il fallait à ses grandes vertus Le sceau divin d'une amère souffrance, Cachet béni de son Epoux, Jésus.
Sur le bûcher, sacrifiant sa vie,
Jeanne entendit la voix des bienheureux,
Elle quitta l'exil pour la patrie.
L'ange sauveur remonta vers les cieux !...
Enfant, c'est toi notre douce espérance; Nous t'en prions, daigne entendre nos voix; Descends vers nous ! Viens convertir la France, Viens la sauver une seconde fois !
Par la puissance
Du Dieu vainqueur, Sauve, sauve la France, Ange libérateur 1
Chassant l'Anglais hors du pays de France, Fille de Dieu, que tes pas étaient beaux ! Mais souviens-toi qu'aux jours de ton enfance. Tu ne gardais que de faibles agneaux.
Prends la défense
Des impuissants.
Conserve l'innocence Dans le cœur des enfants.
Douce martyre, à toi nos monastères !
Tu le sais bien, les vierges sont tes sœurs :
Et, comme toi, l'objet de leurs prières
C'est de voir Dieu régner dans tous les cœurs.
Poésies. — Troisième partie.
Sauver les âmes
Est leur désir.
Ah ! donne-leur tes flammes D'apôtre et de martyr 1
Bien loin de nous s'enfuira toute crainte, Quand nous verrons l'Eglise couronner Le front si pur de Jeanne notre sainte ; Et c'est alors que nous pourrons chanter
Notre espérance
Repose en vous, Sainte Jeanne de France, Priez, priez pour nous !
8 mai 1894.
Histoire d'une bergère devenue reine. 45j
Histoire d'une Bergère devenue Reine.
A une jeune Sœur converse du nom de Mélanie Marie-Madeleine pour le jour de sa profession.
En ce beau jour, ô Madeleine, Nous venons chanter près de vous La merveilleuse et douce chaîne Qui vous unit à votre Epoux.
Ecoutez la charmante histoire D'une bergère qu'un grand Roi Voulut un jour combler de gloire.
Et qui répondit à sa voix :
Refrain :
Chantons la bergère.
Pauvre sur la terre, Que le Roi du ciel Epouse en ce jour au Carmel.
Une petite bergerette.
En filant, gardait ses agneaux. Elle admirait chaque fleurette.
Ecoutait le chant des oiseaux ; Comprenant bien le doux langage Des grands bois et du beau ciel bleu, Tout pour elle était une image Qui lui révélait le bon Dieu.
Elle aimait Jésus et Marie Avec une bien grande ardeur.
Ils aimaient aussi Mélanie, Et vinrent lui parler au cœur.
« Veux-tu, disait la douce Reine, « Près de moi, sur le Mont Carmel, « Veux-tu devenir Madeleine, « Et ne plus gagner que le ciel ?
458 Poésies. — Troisième partie.
« Enfant, quitte cette campagne,
« Ne regrette pas ton troupeau ;
« Là-bas, sur ma sainte Montagne,
« Jésus sera ton seul Agneau. »
— « Oh ! viens, ton âme m'a charmée »,
Redisait Jésus à son tour ;
« Je te prends pour ma fiancée,
« Tu seras à mol sans retour. »
Avec bonheur l'humble bergère Répondit à ce doux appel.
Et, suivant la Vierge, sa Mère, Parvint au sommet du Carmel.
C'est vous, petite Madeleine, Que nous fêtons en ce grand jour.
La bergère est maintenant reine Près du Roi Jésus, son Amour 1
Vous le savez, ô sœur chérie.
Servir notre Dieu, c'est régner.
Le doux Sauveur, pendant sa vie, Ne cessait de nous l'enseigner :
« Si, dans la céleste patrie, « Vous voulez être le premier, « Il faudra, toute votre vie, « Vous cacher, être le dernier. »
Heureuse étes-vous, Madeleine, De votre place, en ce Carmel !
Serait-il pour vous quelque peine.
Etant si proche du beau ciel .'' Vous imitez Marthe et Marie :
Prier, servir le doux Sauveur, Voilà le but de votre vie ; Il vous donne le vrai bonheur.
Si parfois l'amère souffrance Venait visiter votre coeur, Faites-en votre jouissance ; Souffrir pour Dieu, quelle douceur !
Histoire d'une bergère devenue reine. 45g
Alors les tendresses divines Vous feront bien vite oublier Que vous marchez sur les épines.
Et vous croirez plutôt voler...
Aujourd'hui l'Ange vous envie, Il voudrait goûter le bonheur Que vous possédez, ô Marie, Etant l'épouse du Seigneur !
Bientôt, dans les saintes phalanges, Parmi les Trônes, les Vertus, Vous direz bien haut les louanges De votre Epoux, le Roi Jésus.
Bientôt la bergère, Pauvre sur la terre, S'envolant au ciel, Régnera près de l'Eternel !
20 novembre 1894.
460 Poésies. — Troisième partie.
Le divin petit Mendiant de Noël,
Récréation pieuse.
Un ange apparaît portant TEnfant-Jésus dans ses bras et chante ce qui suit :
Air : Sancta Maria. — J'ai vu les séraphins en songe. (Faure.)
Au nom de Celui que j'adore, Mes sœurs, je viens tendre la main, Et chanter pour i'Enfant divin, Car il ne peut parler encore !
Pour Jésus, l'Exilé du ciel, Je n'ai rencontré dans le monde Qu'une indifférence profonde ; C'est pourquoi je viens au Carmel.
Toujours, toujours, que vos caresses.
Votre louange et vos tendresses,
Soient pour l'Enfant 1 Brûlez d'amour, âme ravie ; Un Dieu pour vous s'est fait mortel.
O mystère touchant! Celui qui vous mendie C'est le Verbe éternel !
O mes sœurs, approchez sans crainte :
Venez, chacune à votre tour, Offrir à Jésus votre amour ; '"Vous saurez sa volonté sainte.
Je vous apprendrai le désir De l'Enfant couché dans les langes, A vous, pures comme des anges Et qui, de plus, pouvez souffrir I
Toujours, toujours, que vos souffrances, Et de même vos jouissances Soient pour l'Enfant
L'Enfant Jésus du cloître.
(Cette statue est ici a la place même où Sieur Tlarèse de l'Enfant-Jésus l'ornait de fleurs.l
Le divin petit Mendiant de Noël. 4^1
Brûlez d'amour, âme ravie ; Un Dieu pour vous s'est fait mortel.
O mystère touchant ! Celui qui vous mendie C'est le Verbe éternel 1
L'Ange ayant déposé l'Enfant-Jésus dans la crèche, présente à la Mère Prieure, puis à toutes les carmélites, une corbeille remplie de billets; chacune en prend un au hasard, et, sans l'ouvrir, le donne à l'Ange qui chante l'aumône demandée par le divin Enfant.
Les strophes suivantes se chantent sur l'air du Noël (d'HoLMÈS).
Un trône d'or.
De Jésus, votre seul trésor.
Ecoutez le désir aimable :
Il vous demande un trône d'or.
N'en trouvant aucun dans l'étable.
L'étable est comme le pécheur Où Jésus ne voit nulle chose Qui puisse réjouir son Cœur, Où jamais il ne se repose...
Sauvez, ma sœur, L'âme du pécheur !
Vers ce trône, Jésus soupire.
Mais, plus encor, Pour son trône d'or.
C'est votre cœur pur qu'il désire.
Du lait.
Celui qui nourrit les élus De sa sainte et divine essence.
S'est fait pour vous l'Enfant-Jésus ; Il réclame votre assistance !
Au ciel son bonheur est parfait ; Mais il est pauvre sur la terre...
Donnez, ma sœur, un peu de lait A Jésus votre petit Frère !
Il vous sourit.
Tout bas vous redit :
C'est la simplicité que j'aime.
4^2 Poésies. — Troisième partie.
Noël ! Noël !
Je descends du ciel ; Mon doux lait d'amour, c'est toi-même.
Des petits oiseaux.
Ma sœur, vous brûlez de savoir Ce que l'Enfant-Jésus désire; Eh bien ! je vous dirai ce soir Comment vous le ferez sourire :
Attrapez des oiseaux charmants ; Faites-les voler dans l'étable.
Ils sont l'image des enfants Que chérit le Verbe adorable.
A leurs doux chants.
Leurs gazouillements, Son visage enfantin rayonne.
Priez pour eux;
Un jour dans les cieux.
Ils formeront votre couronne.
Une étoile.
Parfois, lorsque le ciel est noir Et couvert d'un nuage sombre, Jésus est bien triste le soir.
Etant sans lumière, dans l'ombre.
Pour réjouir l'Enfant-Jésus, Comme une étoile scintillante, Brillez par toutes vos vertus...
Soyez une lumière ardente I Ah ! que vos feux.
Les guidant aux cieux.
Des pécheurs déchirent le voile.
L'Enfant divin,
L'Astre du matin, Vous choisit pour sa douce étoile.
Une lyre.
Ecoutez, ma petite sœur, Ce que l'Enfant-Jésus désire :
Le divin petit Mendiant de Noël. 463
Il VOUS demande votre cœur Pour sa mélodieuse lyre !
Il avait bien, dans son beau ciel, L'harmonie et l'encens des Anges ; Mais il veut que, sur le Carmel, Comme eux, vous chantiez ses louanges.
Aimable sœur,
C'est de votre cœur Que Jésus veut la mélodie...
La nuit, le jour,
En des chants d'amour, Se consumera votre vie.
Des roses.
Votre âme est un lis embaumé Qui charme Jésus et sa mère ; Ecoutez votre Bien-Aimé Dire tout bas avec mystère : Ah ! si je chéris la blancheur Des lis, symboles d'innocence.
J'aime aussi la riche couleur Des roses de la pénitence.
Lorsque tes pleurs
Arrosent les cœurs, Quel charmant plaisir tu me causes !
Car je pourrai,
Tant que je voudrai, A pleines mains, cueillir des roses !
Une vallée.
Comme, par l'éclat du soleil, La nature est tout embellie ; Qu'il dore de son feu vermeil Et la vallée, et la prairie :
Ainsi Jésus, Soleil divin.
N'approche rien qu'il ne le dore.
Il resplendit à son matin.
Bien plus qu'une brillante aurore.
A son réveil.
Le divin Soleil
464 Poésies. — Troisième partie.
Répand sur votre âme exilée, Avec ses dons, Ses plus chauds rayons :
Soyez sa riante m liée !...
Des moissonneurs.
Là-bas, sous d'autres horizons.
Malgré les frimas et la neige, Déjà se dorent les moissons Que le divin Enfant protège.
Mais, hélas ! pour les recueillir 11 faudrait de brûlantes âmes :
Des Moissonneurs voulant souffrir.
Se jouant du fer et des flammes ;
Noël 1 Noël !
Je viens au Carmel, Sachant que mes voeux sont les vôtres.
Au doux Sauveur Enfantez, ma sœur.
Un grand nombre d'âmes d'apôtres...
Une grappe de raisin K
Je voudrais un fruit savoureux, Une grappe toute dorée.
Pour rafraîchir du Roi des cieux La petite bouche altérée.
Ma sœur, qu'il est doux votre sort 1 C'est vous cette grappe choisie ; Jésus vous pressera bien fort Dans sa main mignonne et chérie.
En cette nuit,
Il est trop petit Pour manger le raisin lui-même ; Le jus sucré.
Par lui tout doré.
Voilà simplement ce qu'il aime !
' Ce billet fut tiré par Sœur Thérèse de l'Enfant-Jésus, et, trois mois après, le divin Maître lui faisait entendre son premier appel.
Le divin petit Mendiant de Noël. ^^5
Une petite hostie.
Jésus, le bel Enfant divin.
Pour vous communiquer sa vie, Transforme en lui, chaque matin, Une petite et blanche hostie; Avec bien plus d'amour encor.
Il veut vous changer en lui-même.
Votre cœur est son cher trésor, Son bonheur, son plaisir suprême.
Noël ! Noël 1 Je descends du ciel.
Pour dire à votre âme ravie :
L'Agneau si doux S'abaisse vers vous ; Soyez sa blanche et pure hostie !
Les strophes suivantes se chantent sur l'air : Au Rossignol. (Gounod.)
Un sourire.
Le monde méconnaît les charmes De Jésus votre aimable Epoux, Et je vois de petites larmes Scintiller en ses yeux si doux.
Consolez, ô ma sœur chérie.
Cet Enfant qui vous tend les bras.
Pour le charmer, je vous en prie, Souriez toujours ici-bas !
Voyez... son regard semble dire :
Lorsque tu souris à tes sœurs, O mon épouse, ton sourire Suffit pour essuyer mes pleurs !
Un jouet.
Voulez-vous être sur la terre
Le fouet de l'Enfant divin .''
Ma sœur, désirez-vous lui plaire ?
Restez en sa petite main.
Si l'aimable Enfant vous caresse,
S'il vous approche de son Cœur,
^66 Poésies. — Troisième partie.
Ou si, parfois, il vous délaisse.
De tout, faites votre bonheur !
Recherchez toujours ses caprices.
Vous charmerez ses yeux divins.
Désormais, toutes vos délices Seront ses désirs enfantins.
Un oreiller.
Dans la crèche où Jésus repose, Souvent je le vois s'éveiller.
Voulez-vous en savoir la cause ?
Il n'y trouve pas d'oreiller...
je le sais, votre âme n'aspire Qu'à le consoler nuit et jour ; Eh bien 1 l'oreiller qu'il désire, C'est votre cœur brûlant d'amour.
Ah ! soyez toujours humble et douce, Et le plus chéri des Trésors Pourra vous dire : Mon épouse, En toi doucement je m'endors !...
Une fleur.
La terre est couverte de neige,
Partout régnent les durs frimas.
L'hiver et son triste cortège
Ont flétri les fleurs d'ici-bas.
Mais pour vous s'est épanouie
La ravissante Fleur des champs
Qui vient de la sainte patrie,
Oii règne un éternel printemps.
Ma sœur, cachez-vous dans l'herbette,
Prés de la Rose de Noël ;
Et soyez aussi la fleurette
De votre Epoux, le Roi du ciel.
Du pain.
Chaque jour, en votre prière, Parlant à l'Auteur de tout bien, Vous répétez : O notre Père 1 Donnez-nous le pain quotidien.
Le divin petit Mendiant de Noël. 467
Ce Dieu, qui s'est fait votre Frère, Comme vous souffre de la faim.
Ecoutez son humble prière :
Il vous demande un peu de pain !..
O ma soeur, soyez-en bien sûre, Jésus ne veut que votre amour.
Il se nourrit de l'âme pure; Voilà son pain de chaque jour
Un miroir.
Tout enfant aime qu'on le place Devant un fidèle miroir.
Alors il sourit avec grâce A l'autre petit qu'il croit voir.
Ah ! venez dans la pauvre étable :
Votre âme est un cristal brillant; Reflétez le Verbe adorable, Les charmes du Dieu fait enfant...
Oui, soyez la vivante image.
Le pur miroir de votre Epoux ; L'éclat divin de son Visage, Il veut le contempler en vous !
Un palais.
Les grands, les nobles de la terre Ont tous des palais somptueux ; Des masures sont, au contraire, Les asiles des malheureux. Ainsi, voyez dans une étable Le petit Pauvre de Noël :
Il voile sa gloire ineffable En quittant son palais du ciel.
La pauvreté, votre cœur l'aime.
En elle vous trouvez la paix ; Aussi, c'est votre cœur lui-même Que Jésus veut pour son palais !
Une couronne de lis.
Les pécheurs couronnent d'épines La tête aimable de Jésus.
^68 Poésies. — Troisième partie.
Admirez les grâces divines 1
Que la terre ne connaît plus...
Oh! que votre âme virginale
Lui fasse oublier ses douleurs ;
Et, pour 5a courorine royale,
Offrez-lui les vierges, vos sœurs.
Approchez tout près de son trône...
Pour charmer ses yeux ravissants,
Devant lui, tressez sa couronne :
Formez-la de beaux lis brillants !
l^s strophes suivantes se chantent sur l'air du Passant. (Massenet.)
Des bonbons.
Ma sœur, les petits poupons Aiment beaucoup les bonbons ; Remplissez-en donc bien vite, De Jésus la blanche main. A ce don, l'Enfant divin Par son regard vous invite.
Les pralines du Carmel Qui charment le Roi du ciel.
Ce sont tous vos sacrifices.
Ma sœur, votre austérité.
Votre grande pauvreté, De Jésus font les délices t
Une caresse.
A vous le petit Jésus Ne demande rien de plus Qu'une très douce caresse.
Donnez-lui tout votre amour ; Et vous saurez en retour La charité qui le presse.
Si quelqu'une de vos sœurs Venait à verser des pleurs, Aussitôt, avec tendresse.
Suppliez l'Enfant divin.
Que, de sa petite main.
Doucement il la caresse.
Le divin petit Mendiant de Noël. 46g
Un berceau.
Sur terre il est peu de cœurs Qui n'aspirent aux faveurs De Jésus, le Roi de gloire ; Mais, s'il vient à s'endormir, Ils cessent de le servir.
En lui ne voulant plus croire.
Si vous saviez le plaisir Que l'Enfant trouve à dormir Sans craindre qu'on le réveille.
Vous serviriez de berceau A Jésus, le doux Agneau, Souriant lorsqu'il sommeille I
Des langes.
Voyez que l'aimable Enfant, De son petit doigt charmant, Vous montre la paille sèche.
Ah ! comprenez son amour.
Et garnissez en ce jour.
De langes, la pauvre crèche.
Excusant toujours vos sœurs.
Vous gagnerez les faveurs De Jésus, le Roi des Anges ; C'est l'ardente charité, L'aimable simplicité Qu'il réclame pour ses langes.
Du feu.
Ma sœur, le petit Jésus, Le doux foyer des élus, Tremble de froid dans l'étable...
Cependant, au beau ciel bleu.
Des Anges, flammes de feu.
Servent le Verbe adorable !
if,yo Poésies. — Troisième partie.
Mais, sur la terre, c'est vous Le foyer de votre Epoux...
Il vous demande vos flammes .
C'est vous qui devez, ma soeur.
Pour réchauffer le Sauveur, Embraser toutes les âmes 1
Un gâteau.
Vous savez que tout enfant Préfère un gâteau brillant A la gloire d'un empire.
Offrez donc au Roi des cieux Un gâteau délicieux.
Et vous le verrez sourire.
Savez-vous, du Roi des rois.
Quel est le gâteau de choix ?
C'est la prompte obéissance 1 Votre Epoux vous ravissez, Lorsque vous obéissez Comme lui, dans son enfance.
Du miel.
Aux premiers feux du matin.
Formant son riche butin, On voit la petite abeille Voltiger de fleur en fleur.
Visitant avec bonheur Les corolles qu'elle éveille.
Ainsi, butinez l'amour :
Et revenez chaque jour, Près de la crèche sacrée, Offrir au divin Sauveur Le miel de votre ferveur.
Petite abeille dorée !
Le divin petit Mendiant de Noël. 4y /
Un agneau.
Pour charmer le doux Agneau, Ne gardez plus de troupeau ; Et, délaissant toute chose.
Ne songez qu'à le ravir ; Désirez le bien servir.
Tout le temps qu'il se repose.
O ma sœur, dès aujourd'hui.
Abandonnez-vous à lui.
Et vous dormirez ensemble...
Marie, allant au berceau.
Verra près de son Agneau Un agneau qui lui ressemble 1
L'Ange, ayant pris de nouveau l'Enfant-Jésus dans ses bras, chante ce qui suit :
Air : « Ainsi soit-il. » Chaque matin dans sa prière... (Rupès.)
L'Enfant divin vous remercie ; Il est charmé de tous vos dons.
Aussi, dans son Livre de vie.
Il les écrit avec vos noms.
Jésus a trouvé ses délices
En ce Carmel ; Et pour payer vos sacrifices.
Il a son beau ciel !
Si vous êtes toujours fidèles A contenter ce doux Trésor, L'amour vous donnera des ailes Pour voler d'un sublime essor !
Un jour, dans la sainte patrie,
Après l'exil.
Vous verrez Jésus et Marie :
Ainsi soit-il ! Noël 1895.
4/2 Poésies. — Troisième partie.
Les Anges à la Crèche.