XVI INTRODUCTION
dans la longue existence de celui qui Ta faite, on ait grand'peine à relever de véritables fautes. Elle montre du moins que nous aurions tort de nous croire tenus à Fexalter et le proposer pour exemplaire en tout, dans toutes ses idées et tous ses actes, ses manières, son goût, son caractère, sans aucune réserve, ni aucun discernement. Si l'Église en le proclamant docteur a permis de suivre son enseignement en sûreté de conscience, elle ne lui a nullement conféré un brevet d'inl^illibilitë, pas plus qu'elle ne nous impose l'obligation d'admettre l'aullienticité clés miracles^ qu'elle attribue à ceux dont elle autorise le culte public. On n'a
1 . ((Le devoir du croyant, a écrit Mgr d'Hulst avec sou habituelle précision, consiste uniquement à reconnaître pour saint et vrai disciple du Sauveur le personnage canonisé ; il ne va pas jusqu'à nous obliger d'admettre comme authentiques les miracles pourtant si sévèrement contrôlés, dont le procès de canonisation exige la constatation » [La France chrétienne devant Vhhtoire (1896), p. 687. — Voy. dans le même sens La question du surnaturel^ par le R. P. Matignon (1861, p. 385). Il a aussi été observé justement dans un livre de haute et saine spiritvialité [La ne spirituelle et l'oraison, Solesmes, 1899) que « l'insistance exagérée sur les phénomènes surnaturels d'extase, de ravissement et autres que présente la vie des saints constitue un péril et prépare de dangereuses illusions... parce que l'estime des faits extraordinaires les appelle et les provoque ». Voilà pourquoi cette histoire de Liguori ne s'étendra pas longuement sur les faits merveilleux que certains de ses biographes détaillent avec une abondance et une complaisance parfois critiquées. Chacun, suivant sa disposition d'esprit, pourra les admettre plus ou moins nombreux. Les rejeter tous serait téméraire.