‹ St Alphonse de LiguoriChapitre 16 sur 71 · Voyaire d^iin Français · texte numérisé non relu

Voyaire d^iin Français

ment grandiloquent, prompt aux protestations maniérées ou déclamatoires, ne se prêtant guère à l'expression simple, discrète et mesurée de sentiments vrais. Joignez-y un laisser-aller, une mollesse insouciante et indolente, que favorisaient à la fois un climat très chaud et un gouvernement très arbitraire.

Ce pays passait pour être fort religieux. Les prêtres séculiers et réguliers s'y pressaient*; la foi catholique était officiellement professée et protégée, sans grand souci de ce que nous appelons aujourd'hui la liberté de conscience. On ne reconnaissait nullement, en principe, le droit de propager l'impiété par le livre ou la parole. Les évêques réclamaient et obtenaient l'intervention de la force publique pour mettre fin aux liaisons coupables et aux scandales qui leur étaient signales par les curés. Ceux-ci exigeaient, au temps de Pâques, des certificats de communion de tous leurs paroissiens, et contre les récalcitrants on affichait un placard d'excommunication. Voilà un régime qui ne saurait être suspecté de pernicieux libéralisme, et qui ne donna pas, pour cela, de bien brillants résultats. D'autre part, les pieuses processions se déployaient dans les rues avec une pompe et une fréquence inubitées partout ailleurs. L'une des plus célèbres conduisait, le 8 septembre, au pied du Pausilippe, à Santa Maria di Piedigrotto, un long défilé dans

Page 1