Sœur Maric-CélesLc passa six années au monastère de
l'institut des RÉDEMPTORISTES. 67
Se plaisant dans sa modestie à se lier devant Dieu par des promesses formelles, à prendre ainsi (les sûretés contre sa propre inconstance et les tentations de l'avenir, Alphonse avait fait vœu, peu de temps après son arrivée à Scala, de ne jamais (juitter l'institut sans un ordre exprès de son directeur; il s'était même engagé à ne consentir à aucun doute sur sa vocation de se consacrer au service des âmes abandonnées, dùt-il demeurer seul et sans aucun secours. Il lui fallut se rappeler plusieurs fois ce serment pour ne pas renoncer à une entreprise qui, au bout de six mois, paraissait avoir complètement échoué. Dans un voyage auprès de révcque de Castellamare, il trouva un accueil au premier abord assez froid. Et il fut mandé par le cardinal Pignatelli a Naples, oîi ses nombreux censeurs publiaient à l'envi son insuccès, où des prédicateurs amis de l'aclualité le citaient aux fidèles comme un exemple mémorable des châtiments que Dieu réserve aux présomptueux. Grande fut la surprise quand le prélat, qui avait désiré seulement se rendre compte de la situation, se déclara fort édifié
Nocera où elle rnniraa la ferveur; puis elle fonda h Troia le monastère du Saint-Sauveur et s'occupa très utilement de l'éducation des filles de la noblesse. Ou rap[)orte que Liguori prêchant une mission vint la voir. Le frère Gérard ]MajeIla aimait à l'entendre parler des choses divines; et quand elle mourut, en sainte, le i4 septembre lySS, il annonça, bien qu'il fut loin d'elle, sou entrée au ciel. Elle a laissé une intéressante aulohiugrapliie. Il paraît probable (|u'elle ne tardera pas beaucoup à être béatiliée.
par la foi profonde du pauvre missionnaire, et l'encouragea hautement. Alors une abondante joie surnaturelle vint réconforter la toute petite communauté. On ne pensait « qu'à aimer Dieu et à faire entièrement sa volonté^ ». On s'était installé dans une nouvelle maison, aussi peu somptueuse que la première; une sorte de crypte servait de chapelle; faute de tabernacle, le Saint-Sacrement reposait sur une boîte tendue de soie et de rubans, mais on l'entourait de beaucoup de fleurs, et souvent on passait la nuit en sa présence. Une grotte voisine" servait de retraite à Liguori pour ses méditations solitaires et ses rudes pénitences. Il avait le cœur en paix et confiant. Et peu à peu des recrues lui arrivèrent, entre autres un jeune prêtre de la Propagande, Janvier Sarnelli'", fils aîné du baron de Ciorani. Des âmes héroïques se sentaient attirées vers cette humble communauté, nullement reconnue, se formant à peine, ne disposant d'aucun bénéfice et ne promettant qu'austérités sous la direction d'un fondateur qui, au seuil du noviciat, allait accueillir les postulants par cette grave interrogation : a Frère, veux-tu devenir un saint? Si oui, sois le bienvenu; si non, retourne d'où tu viens. » Bientôt Scala ne fut plus la seule résidence des