Leltrc de Liguoii, i3 juillet lySS
2. Dans cette grotte, que l'on montre encore, brûle une lampe devant l'image de saint Alphonse.
3. Mort à Naples en juin 1744? et déclaré Vénérabl" en 1874. Le P. Dumortier lui a consacré un opuscule (1886).
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nouveaux missionnaires. Ils s'établirent aussi, en 1734, clans le diocèse de Cajazzo \ au lieu dit Villa des Esclaves, qu'avait jadis habité saint .Anselme lorsqu'il composa son célèbre ouvrage Cw Deus homo^ et en 1^35 à Ciorani, bourgade modeste, mais entourée de nombreux villages, sur les premières pentes des Apennins, dans le diocèse de Salerne. On les accueillait avec enthousiasme. Pour préparer leur maison à la Villa des Esclaves, toute la population, y compris les seigneurs des campagnes voisines, mit la main à l'ouvrage, et Liguori donnait joyeusement l'exemple. Ciorani, qui, dans les premiers temps de la congrégation, fut son principal centre, fêta par d'unanimes acclamations, par de longues sonneries de cloches, par de bruyantes décharges de mousqueterie, l'entrée des premiers pères, montés sur quatre ànons. La situation paraissait si favorable qu'en janvier 1^36 on crut pouvoir tenter, sans succès d'ailleurs, d'obtenir du gouvernement l'approbation de l'institut. Et à la voix de ces apôtres, dans les villages dédaignés comme au milieu des cités, les consciences se réveillaient, les vies se relevaient et se transformaient, les âmes étaient sauvées.
Cependant les haines impies ne désarmaient pas. Les révoltes et les colères, que soulève presque inévitablement toute action un peu efficace contre les penchants mauvais de l'humanité, faisaient alliance
1. Sur les confins des diocèses de Capoue, de Caserte et de Piedimonte.
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avec de basses et implacables jalousies cléricales. La Villa des Esclaves venait de perdre un de ses novices, congédié par prudence après un assaut à main armée qu'avait fait donner sa famille, lorsqu'un archiprêtre indigne, mis en fureur par la conversion de sa complice, entreprit de persuader au clergé local que les missionnaires lui faisaient tort d'une part de son casuel. Bientôt, pour soulever aussi le peuple, on ne craignit point, par un audacieux renversement des rôles, d'attaquer la conduite de Liguori et de ses compagnons. On trouva même une femme impudente pour affirmer en justice qu'elle était leur complice. On porta plainte aux autorités et même à celles de Naples. Puis ces manœuvres ayant échoué, on eut recours aux menaces et aux violences, on ameuta dessfroupes hostiles, et peut-être le sang aurait-il coulé, si la maison * n'avait été évacuée dans la nuit du 10 juin 1737. Bien que Liguori eut pris part, au mois d'octobre suivant, à une mission donnée par les Pères de la Propagande à Naples, bien qu'il eut, au commencement de l'année 1788, admirablement évangélisé le diocèse de Salerne, il s'efforça vainement de trouver à Scala une résidence convenable et définitive pour ses religieux. Il rencontra même de telles oppositions qu'il prit le parti, à la fin d'août, de leur faire quitter entièrement la petite ville qui avait été, six ans plus tôt, le premier ber-
I. C'est là que Liguori avait commencé à composer Tim de ses ouvrages les plus connus. Les Gloires de Marie.
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ceau de Tinstitut : celui-ci ne gardait donc plus qu'une seule maison, à Ciorani.
Liguori n'avait pas inventé les missions. Faut-il rappeler avec quel succès, durant la première moitié du xviii^ siècle, elles furent multipliées dans l'Italie du Nord par un Frère Mineur dont Tévêque de Sainte-Agathe sollicita du Saint-Siège la béatification et qui a été canonisé par Pie IX, saint Léonard de Port-Maurice? jNIais on s'explique qu'à l'apôtre par excellence des âmes abandonnées cette méthode d'évangélisation fut particulièrement chère. Il la jugeait plus efficace que toute autre, principalement pour les populations rurales. Aussi voulut-il que la congrégation qu'il fondait se vouât très spécialement et presque uniquement ' à la pratiquer. « Vous le savez, écrivait-il^ à ses religieux, le seul but de notre institut, c'est l'œuvre des missions : cette œuvre omise ou mal faite, l'institut a cessé de vivre. » Par ses exemples non moins que par ses prescriptions minutieuses, il montra comment il la comprenait. Rien peut-être n'a tenu plus de place
1. Il destina encore ses religieux à prêcher des retraites pour les prêtres, les ordinands, les laïques, à donner des neuvaines et d'autres instructions simples, ce qui emporte exclusion des panégyriques et des stations de Carême.