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qu'une autre partie, encore plus large sans doute, des ressources épiscopales était employée à favoriser le relèvement de ces filles déchues, h les secourir sans les dispenser de s'aider par un travail honnête, et même à leur procurer parfois des maris. C'est qu'Alphonse ne se contentait nullement d'infliger des châtiments, ni de provoquer des mesures de police, dont beaucoup sont à prendre spontanément par un gouvernement soucieux de ses devoirs propres, et dont quelques-unes ne seraient certainement plus, si jamais elles ont été, de bons procédés pour servir la vertu et la vérité : il trouvait dans son âme aimante et sa vive piété bien d'autres moyens pour instruire, toucher et vraiment élever son clergé comme son peuple.

Par les six ordonnances que promulgua l'évêqiie de Sainte-Agathe sur la discipline ecclésiastique, par les souvenirs gardés de ses visites pastorales, par le nombre et la violence des oppositions qui mirent souvent à l'épreuve sa fermeté patiente, on voit qu'il exigeait une vie et une tenue graves de ses prêtres, qu'il ne leur permettait ni la comédie, ni les jeux de hasard, ni la chasse, qu'il leur imposait une grande exactitude à résider dans leurs paroisses et à remplir tous les devoirs de leur ministère, qu'il ne leur accordait le pouvoir de confesser qu'après un sérieux examen, dont les religieux n'étaient pas dispensés, qu'il attribuait les cures au concours, qu'il répartissait avec une scrupuleuse impartialité les bénéfices dont son diocèse était

assez largement pourvu. Mais ce qui nous intéresserait surtout ce serait de savoir avec quelles paroles ardentes il excitait leur zèle, par exemple en ces exercices spirituels qu'il ouvrit à Sainte-Agathe, dès le dimanche qui suivit son arrivée. Ne pouvons-nous recueillir encore un écho de sa voix dans quelques-uns des avis ou des propos qui nous restent de lui? Cl Le confesseur, écrivait-il ^ doit avoir autant de zèle pour une pauvre femme sale et déguenillée que pour une princesse. Il doit avoir une grande charité particulièrement envers les pécheurs. Il doit s'intéresser à ses pénitents, plus qu'un père à ses enfants. » Celui qui avait écrit * « Les mauvais prédicateurs et les mauvais confesseurs, voilà ce qui perd le monde », se défiait également des ignorants qui ne connaissent pas euxmêmes ce qu'ils devraient enseigner et des beaux esprits, qui croiraient déchoir en expliquant le catéchisme aux enfants et en prêchant avec simplicité. « Je veux, avertissait-il, qu'un curé se plaise à rester auprès d'un moribond et qu'il sache passer son temps à s'entretenir avec un esprit lourd, s'efForçant de lui mettre en bouche le Pater iioS" ter. » C'est surtout dans ses fréquentes visites au séminaire, la prunelle de son œil, disait-il, qu'il devait laisser parler son cœur. D'une inflexible et vigilante fermeté pour écarter les sujets peu dignes

I. Avis aux confesseurs^ Tannoia, liv. III, chap. xxx. — Voy. aussi sur le ministère sacerdotal SeUui.

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du sacerdoce, il aimait à former lui-même son futur clergé à la piété, eu même temps qu'il se mêlait à ses chants, qu'il assainissait son logement, qu'il veillait à la bonne préparation de sa nourriture, envoyant volontiers, pour les jours de fête, quelques petites douceurs, et s'approvisionnant de sucreries à la foire de Salerne pour ceux qu'il traitait en vérité comme ses enfants.

Il eut pareilles gâteries pour les Rédemptoristines qu'il installa, en juin 1766, à Sainte-Agathe, où devaient venir se former soixante-quatre ans plus tard les premières propagatrices de cette congrégation hors d'Italie. Plus que sur aucun moyen humain il comptait, pour transformer les âmes, sur les prières et le rayonnement de cette maison austère et de clôture rigoureuse. Il souhaitait qu'elle servît de modèle aux autres couvents du diocèse, qu'il définissait volontiers « des asiles de femmes enfermées, causant mille embarras à leur évêque, à leurs parents et au pays où elles résident* ». Il lutta pour les défendre contre les infiltrations, alors très larges, du monde profane, au parloir où les visites lui semblaient trop multiphées, à la chapelle où la gravité du chant grégorien était souvent remplacée par une musique de théâtre. Il ne se montrait pas moins attentif à protéger les religieuses contre les abus dont elles pouvaient être victimes, non seulement contre la rapacité d'admi-

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