IV INTRODUCTION
deux ans mènent campagne contre Rome. On sera mis à même d'apprécier ce que valent ces griefs et ces antipathies lorsque Ton aura un peu étudié la personne et l'œuvre de saint Alphonse.
Elles prennent place dans l'histoire générale de la vie chrétienne comme un des épisodes marquants de la lutte contre le jansénisme. C'est sans doute la cause principale de l'hostilité que beaucoup leur ont vouée ; mais c'est aussi leur grand intérêt. Car il s'agit, en ces débats, de bien autre chose que d'une petite controverse sur quelque subtilité dogmatique ne pouvant passionner que des théologiens : l'ensemble de nos conceptions religieuses est ici engagé, et ces questions sont beaucoup moins éloignées que l'on ne suppose communément de celles qui nous troublent encore aujourdUiui. C'est ce dont il importe de se rendre compte, si l'on veut comprendre ce qui caractérise Liguori et quels services il a pu rendre.
cette publication. Pour vérifier si les textes imputes à Liguori étaient exactement traduits on a nommé comme expert M. Engelbert, professeur à l'Université de Vienne, et nullement suspect de partialité envers les catholiques. Or, celui-ci, tout en se refusant à qualifier de honteuse l'œuvre de combat de Grassmann, a déclaré qu'elle est dépourvue de valeur scientifique, que le traducteur n'a traduit fidèlement que neuf citations. C'est là pourtant que M. Demblon, socialiste belge, a puisé les textes dont il s'est obstiné à donner lecture devant la Chambre des Représentants (4 décembre igo^i). On comprend que M. Reukiu, qui lui a opposé une vigoureuse réplique, les ait traités de faux.