Tannoia, liv. Ilî, chap. x.w
laquelle les Hourbons, qui siégeaient alors sur divers trônes, eurent la faiblesse ou Tinintellig-ence de prêter main-forte. Le signal des exécutions fut donné en 17^9 par Carvalho, marquis de Pombal, qui régnait despoliquement sur le Portugal, pendant que le roi nominal, Joseph de Bragance, vaquait h ses plaisirs. Sans permettre aux accusés de présenter aucune défense, on les emprisonna et on les proscrivit avec un cynisme brutal, une révoltante barbarie. En ces tristes temps, Liguori écrivait* : « On menace une société qui a, pour ainsi dire, sanctifié le monde, et qui continue sans cesse à le sanctifier. Les nouvelles du Portugal ont été pour
moi un sujet d'affliction continuelle Le récit de
ces funestes événements m'attristait autant que s'ils eussent concerné ma congrégation. — Mauvaises
nouvelles du Portugal Pauvre royaume!... Les
tyrans eux-mêmes interrogent les accusés avant de les condamner : seuls les Jésuites sont condamnés sans avoir été entendus. » L'évêque de Sainte- Agathe assurait le Père Ricci, général de la Compagnie, qu'il aimait celle-ci comme s'il était un de ses membres, et il le pressait de faire publier quelque réfutation des calomnies du Père Norbert, capucin, connu plus tard sous le nom d'abbé Platel. Mais les calomniateurs trouvaient trop de complices pour ne pas avoir beau jeu. Alphonse observait que les lettrés ne croyaient, en ce temps-là, pouvoir
I. ^oy. Tanuoia, liv. III, cliap. xxv et Correspondance, dcc. 1759 et août 17G0. Voir aussi lettre du 3i mai 1748.