‹ St Alphonse de LiguoriChapitre 48 sur 71 · Victoires des martyrs, 1'° partie, préface · texte numérisé non relu

Victoires des martyrs, 1'° partie, préface

au cours du xix*^ siècle, riiiimaculëe conception de la Sainte Vierge et l'infaillibilité du Pape, étaient parmi ses thèses les plus chères. Tl en est une autre, celle de la coopération de Marie à l'œuvre rédemptrice et à relTusion de toutes les grâces, qui pourrait bien être, au dire de théologiens perspicaces', un dogme en formation.

Pour apprécier combien était opportun ce rappel à la religion surnaturelle et au christianisme intégral, il faut songer, non seulement à l'intensité des attaques qui venaient du dehors à l'Eglise, mais encore aux infiltrations qui la pénétraient de tous côtés et semblaient menacer d'éteindre sa flamme intérieure. C'est à une sorte de reliijion civile et de christianisme bourgeois que menaient les continuelles ingérences du pouvoir public dans les affaires de conscience, les influencesjansénistes, le rationalisme utilitaire et satisfait, dont la contagion n'épargnait même pas le clergé. Suppose l-on qu'un abbé Coyer fût seul de son espèce? Une impératrice très catholique, Marie-Thérèse avait cru devoir, au milieu du xv!!!*^ siècle, nommer une commission pour la réforme de renseignement théologique, sous l'inspiration de deux médecins hollandais ennemis de Rome et des Jésuites. Peu à peu l'enseignement théologique dans les universités de langue allemande s'imprégna d'un demiprotestantisme qui, à la fin du siècle, devait éloi-

I, Voy. la très belle étude du P. Bainvel, Le dogme et la pensée catholique^ dans Un siècle (P.iris, 1900).

gner d'elles Clément Hofbaiier et Joseph Passerat, les deux grands propagateurs hors d'Italie de l'institut du Saint-Rédempteur. On sait avec quelle minutie Joseph II, que Frédéric de Prusse appelait « mon frère le sacristain », régentait le culte, déterminant l'ordonnance des processions et des pompes funèbres, le costume des madones, le nombre des cierges. Il n'exerçait pas une surveillance moins attentive sur les prédicateurs, leur recommandant de laisser la révélation pour prêcher agriculture, botanique ou hygiène. Croit-on que ces conseils ne fussent jamais suivis, en Autriche ou ailleurs? A des prêtres semblant presque honteux de nommer Jésus-Christ, on sent quelle leçon donnait celui qui, même dans ses ouvrages dogmatiques, laissait jaillir de son cœur des paroles comme celles-ci : « O Sauveur du monde, je vous rends grâce pour moi et pour tous les fidèles mes frères de ce que vous nous avez appelés et admis à vivre dans la vraie foi qu'enseigne la sainte

Eglise catholique romaine Je vous remercie

autant que je le peux dans ma faiblesse, et je vous prie de faire connaître à tous les hommes la beauté

de votre sainte foi Combien peu d'hommes

\ivent dans cette foi!... Je vous en supplie, ô Dieu tout-puissant, ô infini et souverain bien, faites-vous connaître h tous, faites que tous vous aiment ^ »

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