I. La JReli^'ieiise sanctifiée^ xv
méditation : affections (avec douceur et sans contention), prières, résolutions*.» — Affections et prières, voilà ce qu'il n'a jamais omis de suggérer dans ses livres de dévotion, et ce qui peut les rendre bienfaisants. Le P. Olivaint disait avoir mieux compris, à cette école, le rôle de la prière dans la méditation. Liguori souhaitait que Ton y multipliât surtout les actes de contrition et les actes d'amour, ces chaînes d'or qui relient l'âme h Dieu. De l'oraison ainsi entendue on comprend qu'un quart d'heure suffise pour apaiser tout mouvement de haine ou d'amour déréglé", et qu'il ait pu être écrit : « Celui qui la pratique ne peut pas, en même temps, s'adonner au péché ; ou il abandonnera l'une, ou il renoncera à l'autre; l'oraison mentale et le péclié ne peuvent pas demeurer ensemble^ ».
Saint Alphonse était intimement convaincu que, séparée de la mortification*, l'oraison ne saurait être ni sérieuse ni durable, et qu'elle expose aux illusions. Il se plaisait à montrer que le sacrifice écartant les obstacles, faisant place dans l'àme, prépare les voies à l'amour; qu'à la suite de cette vertu toutes les autres entrent facilement, et qu'il est indispensable de s'essayer à sa pratique pour
1. Lettres du 26 août 1734, de février 1736 et du 10 décembre 1742.