VI INTRODUCTION
comme très opportun à répandre, que vers la fin de l'été 1621, au fond d'une chartreuse appelée Bourg-Fontaine, en la forêt de Villers-Cotterets, une mystérieuse assemblée s'était tenue dans laquelle Jansénius, Duvergier de Hauranne, abbé de Saint- 1 Cyran, Arnauld d'Andilly et quelques autres avaient formé le complot de substituer aux pratiques et à la discipline catholiques une sorte de déisme plus ou moins chrétien. On aurait reconnu que le meilleur moyen pour réussir serait de s'attaquer aux sacrements les plus fréquentés des adultes, Pénitence et Eucharistie, « et cela par voie détournée », en les rendant presque inaccessibles, « en élevant la grâce à un tel degré d'importance et de nécessité qu'elle opérât toute seule et régnât sur les ruines du libre arbitre ». On s'efforcerait aussi de discréditer les directeurs hostiles à de pareilles doctrines, le Pape, TEglise. Que tous ces détails soient ou non complètement exacts, il y a probablement quelque fond de vérité dans l'histoire de cette conjuration, vers cette date. Et ceux mêmes qui la traitent de fable jésuitique doivent avouer que, dans la suite, les choses se sont passées à peu près comme si les jansénistes exécutaient le plan qui leur est attribué.
Qui donc a plus travaillé et mieux réussi à éloigner des sacrements? Saint-C3Tan affirmait que leur fréquentation est plus souvent nuisible qu'utile. C'est bien l'idée dont s'inspirait Antoine Arnauld, le grand Arnauld, lorsqu'il publiait, en i643, son ce-