EPILOGUE
Liguori mort, Rome se liàta de le glorifier, pendant que la foi de son peuple lui demandait et obtenait de nombreux miracles. Il ne lui fallut guère qu'un demi-siècle ^ pour être déclaré vénérable [y mai 1807), béatifié (6 septembre 1816), canonisé (26 mai 1839). Puis le titre de docteur de l'Eglise, suprême honneur et si rarement accordé aux écrivains des derniers siècles, lui a été conféré par Pie IX en I87I^
1. Après la mort de Liguori, uue anuee ne s'écoula pas que le procès informatif tendant à sa béatification ne fut ouvert, et dès le 4 ^^^^ 179^ ^^^ rendu le décret d'introduction de la cause. La canonisation avait été arrêtée par Pie VI le i5 mai i83o. En mai iSSg elle fut célébrée en même temps que celle de François de Géronimo, jésuite, qui avait béni Alphonse enfant.
2. Décret du 23 mars, notifié au inonde catholique le 7 juillet. Dès le 14 mai i8o3, le Saint-Siège avait rendu un décret garantissant que les écrits de Liguori ne contiennent pas d'erreur dogmatique {nil censura digiium). Et le 5 juillet i83i, en réponse à une consultation du cardinal de Rohan- Chabot, inspirée par sou vicaire général l'abbé Gousset, la
On trouverait à ces honneurs solennels et officiels un magnifique commentaire dans les témoignages spontanés de vénération et de reconnaissance qu'ont rendus h saint Alphonse quelques-uns des maîtres de la pensée chrétienne au xix^ siècle, sans parler d'antipathies, significatives elles aussi, et qui semblent trahir une rancune tenace de l'esprit du mal contre Fun de ses plus actifs et plus pratiques adversaires.
La mémoire n'est pas perdue des vives et longues résistances que, soit dans l'enseignement des séminaires, soit dans l'exercice du ministère sacerdotal, les influences jansénistes, celles du gallicacanisme ou de ses similaires, opposèrent à la diffusion des doctrines de Liguori. Mais on doit se souvenir aussi des défenseurs et des admirateurs qu'il rencontra. En iSsS, un Théatin qui devait devenir célèbre, le P. Ventura, bénissait Dieu d'avoir récemment donné h son Eglise un homme ayant su « joindre à la vertu d'un saint le savoir d'un docteur w. Il avait pour tenants, en France, des prélats qui étaient l'honneur de l'épiscopat, tels que Mgr de Mazenod^ évêque de Marseille, et
Sacrée Pénitencerie avait autorisé professeurs et confesseurs à enseigner et appliquer les doctrines de Liguori en toute sûreté de conscience.
I. Son frère, président au Parlement de Provence avant 1789, émigra en Italie pendant la période révolutionnaire, et rassembla, pour écrire une vie de Liguori, des matériaux qui furent utilisés par l'abbé Jeancard (1828). Mgr de Mazenod fonda, pour donner des missions en Provence, la