VIII INTRODUCTION
Mgr de Belzunce, il n'est pas rare * de rencontrer des premiers communiants de vingt et de trente ans. On constate vers la même époque, dans le diocèse de Troyes, Tapplication à des enfants de pénitences canoniques qui consistent à leur interdire les sacrements pendant huit et dix années, la cessation dans presque toutes les paroisses des premières communions qui se faisaient autrefois à toutes les fêtes, l'abolition presque complète des communions pascales, surtout clans les campagnes, riiabitude qui tend à se répandre de marier le peuple sans absolution^. Au xix*^ siècle encore, les mêmes influences exercent la même action. Elles ont paralysé, sur bien des points, le mouvement de renaissance religieuse qui se développa de toutes parts, lorsqu'au sortir de la tourmente révolutionnaire la liberté fut rendue au culte. « Tel pénitent, d'une vie régulière et édifiante, écrit Mgr d'Hulst^, devait retourner quinze fois de suite au saint tribunal avant de recevoir l'absolution. Des missionnaires, envoyés pour renouveler la vie chrétienne dans une paroisse, recevaient de l'évéque des pouvoirs si restreints qu'à peine osaient-ils commencer à prêcher, dans la crainte de ne pouvoir absoudre que les dévots. Le cardinal Guibert, lors-
1. Mgr de Belzunce et le jansénisme^ par l'abbé JaufFret, 1881 .
2. Supplément aux Nouvelles ecclésiastiques^ cité par Mgr Ricard [Les premiers Jansénistes et Port-Royal, i883).
3. La vie surnaturelle en France au xix" siècle, dans La France chrétienne devant V histoire (1896).