‹ St. Augustin de Canterbury et ses compagnonsChapitre 10 sur 15 · ''TT · texte numérisé non relu

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LES DERNIERES .VNNÉES. 145

ithelbert. L'église nouvelle, une toute petite basîue dont on vient de retrouver les fondations Lonnes, fut dédiée à saint André, toujours en soulir du mont Cœlius et de son monastère, l ne colie de moines y essaima de Canterburv, sous la •ection du nouvel évèque Justus.

Ce ne fut jamais un siège important : aujourd'hui core, le prélat anglican qui se dit successeur de inl Justus, de Gondulfe et du Bienheureux Fislier, t un des moins opulents d'Angleterre ^i\ Rochesr resta longtemps comme une annexe de Canlerirv. Pendant les vacances du siège métropolitain, suffragant faisait l'intérim pour les affaires diosaines. Pour leurs élections, les moines de Saintidré se rendaient à l'église primatiale, dépoient la crosse sur l'autel majeur et procédaient au te dans la salle capitulaire de Christ Church. C/est î ce pauvre siège, où les évoques souvent ne faiient qu'attendre le moment de monter plus haut, le le Bienheureux Fisher devait dire un jour : Jamais je n'abandonnerai ma pauvre vieille épouse mr la plus riche veuve d'Angleterre. »

De Rochester, Augustin passa à Londres. Là, les >ies avaient été singulièrement facilitées par la rovidence. Le roi et fondateur du petit royaume Essex, Sledda, avait épousé en secondes noces, icula, sœur d'Ethelbert. Il eut, vers ce temps, Dur successeur son fils Seberl. Il se peut que le

(i) Canterbury, iS.ooo livres de revenu 075,000 franrs) ; orketLondres, 10.000 *, Durliam, 7.000; Winchester, G,')oo; ly, 5,5oo; Salisbury et Balh^ 5, 000; Bangor, Chicliester et xeler, 4,200 ; Rochester elSouthwell 3,ooo ; Sodor, 2, ooo,etc

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e roi d*Essex, qui Gt la donation : preuve que son M>uvoir effectif s'étendait en dehors des limites du K^ent. Un peu plus tard ^6io], on y fonda la troisième cathédrale d'Angleterre, et on la dédia à Tapôtre des Gentils. Plus tard, la piété des âges de foi devait élever à cet endroit un des plus vastes temples de l'occident, dont il ne reste aujourd'hui, sous les murs du gigantesque dôme protestant de saint Paul, que deux ou trois bases' de colonnes dans un jardinet.

A >Tai dire, cette fondation de Londres ne fut qu'un essai. Quand Mellitus, quelques années plus tard, fut chassé, nul ne le remplaça, et son nom est suivi sur la liste épiscopale d'une lacune de trentehuit ans. En 653, autre tentative, l'évèque irlandais Cedda se maintient à Londres pendant dix ans : puis vacance nouvelle. En 666, troisième essai avec Tévèque simoniaque Vini. Enfin en 6j5, saint Er- F kenwald commence définitivement la hiérarchie ! londonienne. Au milieu de ces vicissitudes, on perr dit de vue le plan de saint Grégoire ; Londres renonçait a réclamer la primatie, et restait, jusqu'au neuvième siècle, l'avant-dernier évèché de toute TAngleterre, n'ayant après lui que la minime église de Selsev.

La nouvelle de la conversion du royaume d'Essex ^t une des dernières qui parvint d* Xw^^V^tt^ V

us SALNT AUGUSTIN DE CVNTERBURY.

saint Grégoire. L'année suivante, au mois de mars, après treize ans de pontificat, le grand pape mourait. Deux mois seulement s'écoulèrent, et, le 26 mai 60 5 , selon le calcul le plus généralement admis, Augustin disparaissait a son tour et rejoignait son maître au sein de Dieu.

L'église abbatiale dont il avait posé la première pierre et qui devait être dans sa pensée la nécropole des archevêques, n'était pas finie. On donna au saint une sépulture provisoire dans le cimetière du monastère. En 61 3, l'église achevée, le corps fut porté sous le porche du nord, et on mit cette inscription :

(( Ici repose le seigneur Augustin, premier archevêque de Durovernum, envoyé jadis par le bienheureux Grégoire, pontife de la ville de Rome, fortifié par Dieu du don des miracles. Il amena le roi Elhelbert et sa nation, du culte des idoles, à la vraie foi ; et, ayant accompli en paix les jours de sa charge, il mourut, sous le règne du même prince, le y des calendes de juin. »

La vie active de saint Augustin n'avait duré que huit ans. Les grandes lignes de son existence sont connues ; on ignore le reste . Sa vie de moine, le détail de ses vertus et de ses miracles authentiques, les circonstances de sa mort, son âge même quand Dieu le rappela a lui, tout s'est perdu pour nous. Le reste se résume d'un mot : il a été l'instrument de la papauté. La personnalité disparaît en lui derrière la fonction. La pensée originale, directrice, puissante, est à Rome, aussi ces deux grands noms sont-ils inséparables, Grégoire et Augustin. La gloire de l'uo

se perd dans le rayonnement de l'autre. Il n'y a pas à rabaisser l'archevêque en le comparant au pape : îl était dans l'ordre que l'instrument fût inférieur à l'ouvrier de génie qui le maniait. Mais l'ouvrier l'avait choisi entre mille pour son œuvre de prédilection : quelle autre louange vaut celle-là ?

Augustin eut donc dans la liturgie saxonne la seconde place après saint Grégoire. Le concile de Clovesho (747) porta le décret suivant : « Le jour de la naissance au ciel du bienheureux pape Grégoire, et le septième des calendes de juin, jour de la déposition de saint Augustin, archevêque et confesseur, envoyé par le susdit pape Grégoire, notre père, a la nation anglaise, pour lui porter la science de la foi, le baptême et la connaissance de la patrie céleste, seront célébrés comme il convient par tous avec grand éclat. Ce seront jours fériés dans les églises et dans les monastères; le nom de notre bienheureux père et maître Augustin suivra immédiatement dans les litanies celui de saint Grégoire. »

I/ŒUVRE DE SAINT Aa;i'<TIN. loi

Ite. On n^avait point rompu le Hen avec Rome:

ais la colonie romaine de Canterburv était tenue à

."•cart. A en jujfer par un petit fait, il y avait des

>waltés qui déjà la traitaient en ennemie, presque

i"i. schismatique. Vers cette époque-là, on voit sé-

>iimer à Rome un abbé nommé Da^n. présentant

Vapprobation de saint Grégoire les règles mo-

I astiques de saint Luan. Irlandais. E^t-ce le même

■ |aiy à quelque temps de là, passe par Ginterbury,

reibse de s'asseoir à la table des missionnaires et

a^accepte point leur hospitalité? i^

De plus, Técho venait jusqu'à Ginlerbury des singulières incartades que le grand moine saint CohmlNui mêlait alors à ses admirables vertus. On y emnaissait, au moins par ouï dire, cette âme de Cdte, impétueuse, tour à tour humble et altière. douce et impérieuse , tendre et impatiente, ces étranges sommations faites aux papes et aux conciles d^avoir à se ranger à son opinion. Rome laissait dire, mais tout le monde sentait que l'union dans la diarité était en souffrance.

Saint Laurent et ses collègues écrivirent au clerijé gallois: il n'v eut pas de réponse. Ils se tournèrent vers l'Irlande et envovèrent une lettre dont il ne Dons reste que ce passage découragé : '^ Nous ne connaissions pas cette terre où r<m nous envo\nit. pensant qu'on v suivait les coutumes de l'Eglise universelle. Nous avions une vénération égale pour les Bretons et les Scots: quand nous connûmes davan- ^e les Bretons, nous crûmes que les Scots valaient

I Bédé II. «h. 4. Acla SS. l men-. aiu., vit , S. Lu-^nî.

j:.2 SAINT AUGUSTIN' DE CAXTERBURY.

mieux. » Mais, ajoutent les évèques, « la conduite de Dagan et de Columban nous a détrompés. »

Cette seconde démarche, à en croire le Vénérable Hède, ne fut pas plus heureuse que la première. On peut se demander pourtant si le vieil historien a été complètement renseigné ; certains indices font croire que rirlande et le pays de Galles ne comptaient pas que des rebelles. On prétend qu'un évêque d'Armagh, Terenau, ou Mac Laisre, se rangea dès lors à la pratique romaine (i). Il va plus.

Mellitus de Londres avait fait en 6io le vova^e de l\ome; il avait conféré avec le pape Boni face des affaires ecclésiastiques d'Angleterre. Dans un concile, il avait souscrit à des canons disciplinaires et les avait rapportés à ses collègues de Grande-Bretagne Alla-t-il les communiquer aux églises welches? On ne sait. Mais d'où vient que Mellitus a, près de saint Asaph, une église qui lui est dédiée et un village qui porte son nom, Méhden? Règle générale, les églises welches portaient le nom de leur fondateur. D'où vient que dans le « Achau saint Cymreig » ou Généalogie des saints welches , immédiatement après S. Garmon (Germain d'Auxerre) on voit « Mely^ le romain », l'évêque de Londres? D'où vient encove qu'un certain saint Péris, dont on faisait la fête 1^ 1 1 décembre, qui vivait h cette époque et était d^ race welche, porte dans un très vieux manuscrit J ^ titre énigmatique de cardinal de Rome? Ne serait-cr* pas que d'autres tentatives de paix furent fait^ dont on a perdu tout souvenir? Ne serait-ce pr«

(i) Hacldan and Stubbes, I, ann. 604, 610.

SON (ÏIVRE. l'C^

Il <rôlé des Celles turbulents et indisciplinés, il

.'D avait d'autres, tenaces encore, mais moins

irés par la haine? Par malheur les premiers

nls faisaient du bruit, et l'histoire n'a entendu

Hélas! la menace que, dit-on, leur avait faite

ugnstîn en les quittant, était bien près de se réali-

er. La guerre s'allumait sur toutes leurs frontières.

va sody les luttes étaient plus après que jamais avec

e Wessex, et les Bretons étaient battus k Bamp-

Lon (6i4). Au nord, le terrible Ethelfrid, gagnant

de proche en proche, attaquait ses voisins, les Dei-

rienSy poussait de Tavaiit, et, pour prévenir une ligue

entre les Deiriens vaincus et les Gallois, paraissait

aous les murs de Ch'ester. Le roi, Broc-Mael, prince

de Powvs, s'avança contre le Xorlhumbrien. Sur

une hauteur, tout le couvent de Bangor, deux mille

mcHnes environ, se tenait en prière; ils étaient

Tenus là, après trois jours de jeune, prier comme

Moïse sur la montagne. « S'ils crient vers leur Dieu

contre nous, déclara Ethelfrid, ils ont beau ne

pas porter les armes, ils combattent contre nous. )>

El îl lança contre eux son armée. Quatre cents

périrent. Le roi Broc-Mael n'avait même pas attendu

le choc des An^rlais T .

. C'était fini : sur cette tragédie de Bangor, martyre autant que châtiment, se ferme la période d*espoir pour la nationalité bretonne. Les trois tronçons de la partie encore celte de l'Angleterre

(i) Bède, II, 2. Il est inulile de réfuter l*absurcle accusiitîoD qui fait saint Ang^ustin responsable de ce wv^ssa^ctt ,

m SON ŒrvKE. ir>r>

S l'Essex, le roî Sebert était aussi zélé pour

■ ue son oncle Ethelbert. >'on content de

■ cathédrale de Saint- Paul, dans sa >îlle de I i, il voulut avoir son monastère, comme

ury avait le sien hors des murs. A trois ou

diomètres, dans l'îlot broussailleux de Thor-

i milieu des marais formés par la Tamise,

lée l'abbavede ^Vestminster fCio'.

, ce fut le tour de TEsl Anglie. Les Angles

5t, dans leur territoire si bien défini, entre

ber et la Tamise, plus purement Teutons

tre que tous les autres, formaient le peuple

3 uni de toute l'Angleterre. Son roi Rœdwald

it de jour en jour une puissance inquiétante

les rois voisins. Peu a peu, les peuples se déta-

nt. du Kent, la zone d'influence d'FLthelbert

^ait plus étroite et se réduisait enfin à l'Essex ;

ouveau Brethwalda se préparait. En' attendant,

iCnx roi du Kent gardait sa puissance morale :

krald étant allé le visiter se laissa gagner au

MÎanîsme et revint baptisé dans son royaume.

ftngile devait gîigner par là, ce semble, une vaste

idae de terre, à peu près la valeur de six comtés

«Is, Norfolk, Suflblk, Cambridge, Hertford,

ford et Huntingdon.

M belles espérances, hélas! ne devaient pas MP. D'abord ce fut la défection de Rœdwald; onversion hâtive n'avait guère été que politique : Té dans l'Est xVnglie, sur les instances de sa me et de ses conseillers, il revint au culte de ses itres, se contentant d'ajouter Jésus-Christ a dieux saxons. Au temps de Uède, \e VercvçX^

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