‹ St. Augustin de Canterbury et ses compagnonsChapitre 11 sur 15 · SON ŒUVRE · texte numérisé non relu

SON ŒUVRE

ruîne était imminente. Les jeunes princes voulant absolument, tout idolâtres qu'ils étaient, recevoir la communion avec les fidèles , comme l'avait fait leur père, et Mellitus s'y refusant avec énergie, ordre fut donné à l'évêque de quitter le territoire. II partit. Arrivé à Canterbury , il y trouva Justus qui avait dû fuir aussi son petit diocèse de Rochester.

Les trois prélats étaient découragés : après tant

d'efforts, tout croulait. Depuis combien de temps

la lutte entre eux et les princes durait-elle? Bède

n'en dit rien : il est à croire que les missionnaires

ne cédèrent que lorsque tout espoir humain eut

disparu .

A vrai dire cependant, celte partie de leur histoire ne laisse pas que de décevoir. Il y a bien des circonstances atténuantes en leur faveur, et pourtant on leur voudrait plus de constance dans l'épreuve. On ne peut s'empêcher de se souvenir que les compagnons d'Augustin avaient cédé au découragement, dès le début de leur carrière apostolique. L'Eglise les tient pour saints quand même, car enfin leur vie ftit dure et ils moururent h la peine. D'où vient, ï^algré tout, qu'il manque quelque chose à ces Pï'emières pages de l'histoire ecclésiastique anglaise? ^-^n y^cherche des martyrs.

Mellitus et Justus passèrent en Gaule pour y Servir Dieu en paix et attendre la fin de la tourmente. l-'î^Urent allait les imiter. La tradition de Canterbury ^^ut que saint Pierre en personne soit intervenu, ^ïie nuit que l'archevêque, après de longues prières P^Ur son église, s'endormait sur sa natte dans la *^^silique abbatiale, l'apôtre lui apparut; à coups de

SAINT AOil STIN DE CANTEKBIRY

fouet, il lui mît le corps en sang. Quand le roi vit ces plaies, le lendemain, et apprit que tout cela avait rté souflTert pour lui, il céda à la grâce, mit fin a fct *ion scandaleux inceste, rejeta Fidolâtrie, se fit !>aptiser, bâtit dans Tabbaye une église nouvelle à la sainte Vierge et fit revenir Mellitus et Justas 'i).

Les beaux jours d'Flthelbert et d'Augustin recommencèrent pour le Kent. Justus put rentrer f*n paix à Rochester. Mais à Londres, des guerres malheureuses contre les Gewissas du Wessex n'avaient pas éclairé les jeunes princes; les païens avaient repris tout pouvoir, et fermaient le royaume au christianisme. De cette apostasie il résulta que In primatie fut à jamais perdue pour la future capitale de TAngleterre.

Saint Laurent mourut en 619. Son successeur (Hait tout désigné : ce fut Mellitus. Goutteux et âgé, mais ardent toujours, il ne gouverna Canterbury (jue cinq ans. Justus lui succéda, laissant son église (le Rochester au moine Romanus. Son épiscopat dura six ans, de 624 à 63o.

Les conversions continuaient; mais ce n'était plus, comme sous Augustin, le temps des baptêmes (îii masse : l'apostolat était de plus en plus affaire (h; patience et de longueur de courage. Le pape Honiface en envoyant le paliium à Justus (2), le

(ij H('(l(î, II, 4, 5. 6.

i'à) Ni LaiinMit ni Mellitus ne Pavaient reçu. Sans doute, on »()nf;rait, à Rouie, (|ue les espérances conçues par saint (irc^^oiiv (îlaieut lentes à se réaliser, que les églises ne se uiullipliaieut pas assez pour justifier l'envoi du pallîum. Sous InsluH, av(»c l'npostolal de saint Paulin, les choses changèrent. (Hi'de, II, 8.)

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