‹ St. François de BorgiaChapitre 10 sur 38 · SARAGOSSE ET TORDESILLAS · texte numérisé non relu

SARAGOSSE ET TORDESILLAS

faisait, de Saragosse, la même demande. Pour les coutenter Tune et Tautre, le duc Jean envoya à sa mère, Marie Enriquez (sœur Gabrielle) et sa Isabelle (sœur Françoise); il fit conduire à Saragosse François, son fils aîné, et Louise, sa dernière fille. Les deux cortèges s'embarquèrent à Penisoob, l'un pour TAndalousie, l'autre pour la Catalogne, et la tristesse de ce départ fut grande.

Don Juan d'Aragon* et sa mère firent aux deux enfants le plus cordial accueil. L'archevêque prit à cœur de répondre aux dernières volontés de sa sœur, et d'instruire soiî^neuscment François. Il lui oomposa une maison digne de son rang, et chargea des maîtres capables de l'avancer dans l'étude des lettres, de la musique et des armes. A ia cour fastueuse du diacre -archevêque, François pouvait apprendre à devenir un gentilhomme distingué, mais rien ne l'y portait au détachement, ni à la sainteté.

Durant un carême, il entendit, pourtant, d*uii hiéronymile, deux sermons qui l'émurent profondément, l'un sur le jugement dernier, l'autre sur la Passion de Notre-Seigneur. Il comprit ces leçons et il leur dut de dépasser, sans y toucher, les premiers écueils de la vie.

I. Archevêque de Saragosse, depuis quelques mois. II succédait à son père, Alphonse, et mourut en i53o, sans jamais avoir été, ni consacré, ni ordonné prêtre. Son frère, Ferdinand, lui succéda de i539 à 1577.

8 i/homme de cour.

Dans la maison de Gandie on parlait déjà avec admiration de la vertu de François. Dona Maria de Luna, sa bisaïeule, voulut le voir avant de mourir. L'archevêque ne put s'opposer à un si juste désir. Il envoya François et Louise à Baza. Sœur Gabrielle et sœur Françoise allaient en repartir pour regagner leur monastère. François eut le temps de les rejoindre, mais, à peine arrivé chez sa bisaïeule, il tomba gravement malade, et fut six mois avant de se remettre. Sur ces entrefaites, un tremblement de terre secoua le royaume de Grenade, et détruisit une partie de Baza. Les habitants, effrayés, campèrent en plein champ. François était encore alité : on l'enferma dans une litière, abritée par une tente, et, pendant quarante jours, le petit malade fut soigné en plein air.

Quand il fut rétabli, doua Maria de Luna, d'accord avec l'archevêque et le duc, décida de commencer la fortune de l'héritier de Gandie. L'infante Catherine, la dernière enfant de Jeanne la Folle, grandissait à Tordesillas, en compagnie de sa mère, sous la garde sévère du marquis de Dénia. Charles-Quint, affligé de Tisolement de sa sœur, avait exigé qu'on lui donnât des compagnons de son âge. Ils furent triés avec soin, et ce dut être un honneur disputé de faire partie de la maison de Tinfante. François était, par sa mère, petit-neveu de la reine démente. Il fut agréé comme menin de la princesse, et son tuteur voulut qu'il parût à Tordesillas avec le luxe qui convenait à un cousin de l'empereur.

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