ENFANCE ET JEUNESSE
dévot, mais restez chevalier. »0u encore : « Enlève d'ici ces autels, gamin. Ton aïeul, don Fernando, ne s'occupait pas d'autels, mais d'exercices guerriers. »
Si François penchait si fort vers la piété, la faute n'en était pas au docteur Ferran, mais à Dieu, qui sait, mieux que les hommes, et souvent malgré eux, former les saints qu'il s'est choisis. François était charmant de visage et d'allure ; il eut toujours le grand air et la grâce des Borgia. Son caractère facile le rendait sympathique ; il avait un esprit heureux. A sept ans, il commença d'apprendre la grammaire, le castillan, et, peut-être, l'italien. Le chanoine Alphonse d'Avila lui enseignait le calcul et la musique. Un gouverneur le formait au maniement du cheval et des armes.
François écoutait et retenait à merveille les discours. Aux Clarisses de Gandie, sa grand'mère et sa tante s'amusaient parfois à l'installer en chaire et à lui faire répéter des sermons. Un jour, il débita ainsi une Passion avec une extraordinaire assurance.
François avait dix ans quand mourut la duchesse. Voyant sa mère agoniser, il se retira dans une chambre, et, après avoir beaucoup pleuré et prié, il eut, dit-on, l'idée de se flageller.
Le duc de Gandie portait depuis quatre mois le deuil de sa femme, quand une révolution troubla soudainement la paix de sa famille. Les artisans de Valence avaient, en juillet iSao, proclamé la Ger^ mania, fraternité des plébéiens contre les nobles. La
sédition s'étendit, et, le 12 mars i32i, vingt et un habitants de Gaodie placardaient un défl à la porte de l'église. Le duc confisqua leurs biens, et, résolu à se défendre, il envoya sa mère, sa sœur et ses enfants à Peniscola. Il ne garda près de lui que son aîné, François. Le 23 juillet, l'armée royale se ralliait à Gandie sous les ordres du vice-roi de Valence. he a5, elle sortait de la ville, et livrait imprudemment bataille aux rebelles. L'action, mal combinée, fut désastreuse. Le vice-roi et ses alliés se réfugièrent, en débandade, à Dénia, tandis que leurs vainqueurs allaient piller Gandie.
A l'approche des bandits, François, demeuré seul au palais, avait couru un grand danger. Son gouverneur le fit sortir par une porte qui donnait sur les jardins, et, le prenant dans ses bras, il se jeta sur un put gagner la plage avant d'être rejoint, le les porta à Dénia, Le vice-roi, le duc, s, encombraient déjà un vaisseau génois, prit passage, et, le vent du sud fermant Carthagène, ce qui restait de l'armée trril, le 29 juillet, à Peniscola.
ut pas longtemps réuni sur ce rocher. La oulait sa revanche, et elle l'eut. L'année e duc de Gandie reconquit lui-même ses s songea plus qu'à les bien administrer.
e la bisaïeule paternelle de François, ^una, apprit, à Baza, la défaite de l'armée le s'offrit à garder les enfants du duc, ils. L'aïeule maternelle, Anna de Gurrea,