I. A partir de i5i
HO i/homme de dieu.
Marie d'Aragon, sa belle-sœur, et le bruit s'était répandu qu'Emmanuel avait contracté ce mariag-e sans dispense légitime, et que, par suite, Jean III n'avait eu aucun droit à régner. Charles-Quint voulait savoir sur quoi reposait ce dire. Enfin, l'empereur désirait obtenir que la princesse Marie, la fille d'Emmanuel et d'Eléonore, sœur de Charles-Quint, consentit à laisser le Portugal, pour vivre en Espagne, auprès de sa mère. Ce qui rendait odieux à la princesse Marie le séjour de l'Espagne, c'est que Philippe II, après son premier veuvage, avait songé à l'épouser. A cette alliance^ il préféra, ensuite, celle de Marie Tudor. La cour de Lisbonne fut très offensée de l'infidélité de Philippe, et la princesse Marie ne s'en consola jamais.
Au mois d'août i557, l'empereur manda à Yuste le P. François, et le chargea d'aller à Lisbonne, négocier ces différents sujets.
Borgia partit aussitôt, avec les PP. Bustamante et Denis Vasquez, et le F. Marcos.
Près d'Ëboramonte, en Portugal, il arriva au bon Bustamante une aventure, d'où François aurait pu tirer un fâcheux présage. Resté seul à l'auberge, Bustamante, pris d'un beau zèle, exhorta son hôtelier à être bon chrétien. Entre autres conseils, il lui recommanda de prier pour le roi D. Sébastien, dont la mort entraînerait la réunion du Portugal à l'Espagne. Piqué au vif, le Portugais répondit par des injures, qui ameutèrent les voisins. On allait faire uii mauvais parti au naïf Bustamante, quand François
revînt de l'église où il était allé dire la messe. On s'expliqua ; François calma les bonnes gens, mais, afin de prévenir de nouvelles imprudences de Bustamante, qui ignorait, du reste, la mission de son supérieur, il le renvoya en Espagne.
Vasquez etBorgia arrivèrent à Évora, très fatigués. Borgia fut même saisi d'une fièvre si intense qu'il faillit trépasser. Avertie du danger, la reine l'envoya prendre en litière. Pour passer le Tage, on déposa le malade dans une barque, qui, emportée par le vent, descendit le courant, au grand afiblement des mariniers. Seul maitre de soi, Borgia rendit aux autres leur sang-froid, et parvint à Lisbonne dans la nuit.
Désireux de hâter la convalescence du malade, la reine le fit conduire au palais de Xobregas sur une île du Tage, François y demeura trois jours. Le troisième jour, visitant un couvent de Franciscains, voisin du palais, il recommanda aux religieux d'abandonner l'aile du couvent qui regardait la mer, et, lui-même, à peine rentré à Xobregas, ordonna à ses compagnons de le suivre h Lisbonne. Le temps était beau; cette fuite soudaine semblait déraisonnable. On obéit pourtant. La nuit suivante, un cyclone détruisit la partie habitée du palais, et causa de grands dommages au couvent.
La reine régente accueillit Borgia avec les plu» grands égards. Elle le paya d'excellentes paroles, mais tout en se déclarant très favorable a la candi* dature du prince Carlos, elle fut, peul-êlre, fort étonnée qu'on soulevât, en Caslille, l'éventualité de
ik-2 l'homme de dieu.
la mon du roi D. Sébastien. Elle se montra très disposée à l'alliance du roi et d'une Cile de la reine i, détruisit sans peine les doutes relatifs à lé du mariage d'Emmanuel et de Marie et promit tout son appui pour ramener en i princesse Marie.
eSet de l'ambassade de Boi^ia fut une le, que l'infante Marie consentit il faire à Tulavera. Elle regagna bientôt après le et la reine Eléonore fut si navrée de cet qu'elle en mourut, précédant de peu son la tombe.
tptembre i558, l'empereur Cliarles-Quint Yusie. Pendant son agonie, il avait, plu> , demandé où était le saint père François
L'empereur nomma François un de ses
testamentaires. Le religieux voulut se lais, à la prière instante de la princesse accepta ce dernier témoignage de l'amitié
Au service solennel, célébré à Saint- Valladolid, il consentit aussi à prononcer
funèbre du prince. En Cbarles-Quint, rdait un maître fidèlement servi, tendre- , qui ne l'avait jamais trahi, et qui l'aurait n de procbaines infortunes, larles-Quint, c'est le meilleur de son passé t disparaître.