I. Crëtineau-Joly, Histoire de la Compagnie ^ t. II, p
mais sa santé était suffisante, son courage défiait toute fatigue, et ce n'est point d'une main débile qu'il saisit les rênes du gouvernement. Il avait toujours fait preuve d'une initiative exubérante, et, par spfi décrets, la congrégation s'étudia plutôt à moer cette initiative, qu'à la stimuler. En lui, au- ,e trace de mélancolie, mais une bonhomie allègre rayonnante. Impressionnable, artiste, d'un graud rme de rapports et de style, d'un autoritarisme i doux, d'une fermeté condescendante, prompt oncevoir plus de projets même qu'd n'en pou- L exécuter, nullement méticuleux, et, cependant icieux des détails, instruit par l'expérience, et vent à ses dépens, de ce qu'il pouvait attendre hommes, François de Borgia avait toutes les tîes d'un homme de gouvernement. En lui. Dieu inait à la Compagnie un modèle exemplaire, un rf providentiel.
ja congrégation générale lui fixa nettement sa lie. Elle lui demanda de consolider la Compagnie tôt que de l'étendre, de créer, en chaque proce, des maisons de formation et d'études, de scrire les ministères étrangers à l'Institut, de vegarder le désintéressement et la pauvreté de dre, de rédiger plus succinctement tes règles; : lui laissait, s'il le jugeait bon, la faculté de longer la durée de la méditation quotidienne, je 3 septembre, la congrégation prit fin. Le géal la clôtura par un discours qu'il termina ainsi : ; vous en prie, mes Pères, ne me refusez pas ce
qu'on accorde aux bétes de somme. On ue se contente pas de les charger; on veille à ce qu'elles marchent. Si elles ploient, on les soulage; si elles avancent mollement, on les stimule; si elles tombent, on les relève ; si elles sont trop fatiguées, on les décharge. Je suis votre bête de somme. Vous m'avez chargé, traitez-moi en conséquence. Que je puisse dire : Je me suis fait votre béte de somme et suis toujours à vous. Relevez-moi donc par vos prières; soulagez-moi, vous surtout qui avez part au gouvernement; stimulez-moi par vos exemples et vos avertissements ; si je suis fatigué, déchargezmoi. Si vous me voulez soulager, mes Pères très chers, que je vous voie toujours unis de sentiments et de paroles. N'ayez qu'un cœur, qu'un esprit; portez mutuellement vos fardeaux, afin que je puisse porter ceux de tous. G)mplétez ma joie, et que notre joie soit entière, et que pei*sonne ne nous la ravisse. Afin que ma prière demeure en vos cœurs, et que vous vous rappeliez le discours que je vous tiens, en preuve de mon affection pour vous, je vais humblement baiser vos pieds, suppliant Dieu que ces pieds soient légers comme ceux des cerfs, et courent annoncer la paix, annoncer le bien, et, qu'établis enfin sur les hauteurs, ils puissent, un jour, se reposer sans fin. Amen! d
Et, au milieu de la commune émotion, François de Borgia baisa les pieds de tous ses frères.