‹ St Francois de SalesChapitre 11 sur 68 · I. Déposition^ art. xxxil · texte numérisé non relu

I. Déposition^ art. xxxil

qu'elles puissent croistre sans fin de plus en plus en l'amour de leur Dieu tandis qu'elles sont en cette vie caduque*. »

Pour montrer jusqu'où allait cet amour il faut prononcer un mot qui revient souvent dans ses lettres de direction et qui joue un plus grand rôle encore dans le développement de sa vie intérieure, mot souvent mal compris, vivement critiqué par ceux qui n'en connaissent pas la signification véritable, et qui indique cependant le point le plus élevé et la perfection de l'amour.

L'amour est d'autant plus pur, d'autant plus dégagé d'éléments étrangers, d'autant plus amour qu'il s'unit plus exclusivement à son divin objet et se délie plus entièrementde toute attache, de toute préférence pour ce qui n'est pas lui. Alors il aime très purement la volonté de Dieu; car il l'aime parce qu'elle est la volonté de Dieu, et non pour les douceurs ou les avantages qu'elle lui apporte. En tant qu'elle se manifeste par les préceptes de la loi naturelle ou révélée, par les commandements des supérieurs légitimes, par les inspirations, par un signe quelconque, il la connaît; et, la connaissant, il la suit jusqu'à la mort. Mais en tant qu'elle se traduit par les événements, par les accidents agréables ou fâcheux de la vie, il ne la connaît pas d'avance*. Que fait-il alors? Il l'aime d'avance dans cette ignorance; il se tient dans l'attente, prêt non à la subir, ce ne serait pas une attitude chrétienne; non pas seulement à l'accepter avec résignation, ce mot

Page 1