‹ St Francois de SalesChapitre 20 sur 68 · I. JYaité de Fét^our de Dieu, 1. I, chap. xn · texte numérisé non relu

I. JYaité de Fét^our de Dieu, 1. I, chap. xn

ter des dattes entières, meures et assaisonnées, cela est réservé pour des contrées plus chaudes. Car ainsy nostre cœur humain produit bien naturellement certains commencemens d'amour envers Dieu, mais d'en venirjusqu'à l'aymer sur toutes choses, qui est la vraye maturité de l'amour deu à cette suprême Bonté, cela n'appartient qu'aux cœurs animés et assistés de la grâce ccleste et qui sont en Testât de la sainte charité; et ce petit amour imparfait duquel la nature en elle-mesme sent les eslans, ce n'est qu'un certain vouloir sans vouloir, un vouloir qui voudroit, mais qui ne veut pas, un vouloir stérile qui ne produit point de vrais effects, un vouloir paralytique qui voit la piscine salutaire du saint amour, mais qui n'a pas la force de s'y jetter*. »

Mais quoi ! ce désir de la nature est-il vain? et devons-nous nous plaindre « de ce qu'elle nous donne la soif d'une eau si précieuse puisqu'elle ne peut pas nous en abreuver ? » Non certes ; « Dieu s'en sert comme d'une anse pour nous pouvoir plus suavement prendre et retirer à soi.... Et quant à nous, elle nous est un indice et mémorial de nostre premier Principe et Créateur à l'amour duquel elle nous incite, nous donnant un secret advertissement que nous appartenons à sa divine Bonté Que si nous employions fidellement cette inclination naturelle, la douceur de la piété divine nous donneroit quelque secours, par le moyen duquel nous pourrions passer plus avant; que si nous secondions ce premier secours, la bonté paternelle de Dieu nous en fourniroit un autre plus grand et nous conduiroit de

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