I. Traité de l'amour de Dieu, 1. II, chap. xxTn
bien en mieux jusques au souverain amour au quel nostre inclination naturelle nous pousse'. »
Non seulement la force manquait à cette inclination naturelle pour se transformer en libre et effectif amour. Mais la lumière aussi lui faisait défaut pour trouver son objet; et là encore il faut que Dieu s'en mêle. « Nostre cœur ayant eu si longuement inclination à son souverain bien, il ne sçavoit à quoy ce mouvement tendoit.... Par un profond et secret instinct, il tend en toutes ses actions et prétend à la félicité et la va cherchant ça et la comme à tastons, sans sçavoir toutefois ni où elle réside ni en quoy elle consiste jusques a ce que la foy la luy monstre etluy en descrit les merveilles infinies; etlhors ayant trouvé le trésor qu'il cherchoit, helas, quel contentement a ce pauvre cœur humain, . quelle joye, quelle complaysance d'amour* ! »
Il y a donc ici un concours de Dieu et de l'homme.
La part de Dieu, si on ose employer ce mot, est de mettre en nous, avec la lumière qui nous montrera le vrai bien, la force qui soulèvera notre poids, de nous prévenir et de nous éveiller par ses inspirations, de nous rendre surnaturellement capables de faire ce dont nous étions naturellement incapables. Et c'est ce qu'il fait toujours autant que nous le lui laissons faire : « A mesure que nostre cœur se dilate, ou, pour mieux parler, à mesure qu'il se laisse eslargir et dilater, etqu il ne refuse pas le vuide de son consentement à la miséricorde divine, elle verse tous-jours et respand sans cesse dans iceluy ses sacrées inspirations qui vont crois-