Traité de Vamour de Dieu, I. VIII, chap. IX
par manière d'un hymne d'éternel acquiescement l^ostre uolonîésoit faite en la terre comme au ciel. Oui, Seigneur, vostre volonté soit faite en la terre où nousll n'avons point de playsir sans meslange de quelque douleur, point de roses sans espines, point de jour sans la suite d'une nuit, point de printems sans qu'il soit précédé de l'hyver; en la terre, Seigneur, où les consolations sont rares et les travaux innombrables. O Dieu, néanmoins que vostre volonté soit faite, non seulement en l'exécution de vos commandemens, conseilz et inspirations qui doivent être pratiqués par nous, mais aussi en la souffrance des afflictions et peynes qui doivent être reçues en nous, affin que vostre volonté fasse par nous, pour nous, en nous et de nous tout ce qu'il luy plaira'. » — Il faut que cela soit vrai à la lettre. Oui, il faut que la souffrance envoyée par Dieu nous devienne un objet d'amour ; et si nous ne pouvons arriver là du premier coup, du moins y devons-nous tendre, et non pas comme à un idéal irréalisable, mais comme à un but qui, avec le secours de la grâce, peut être atteint et doit l'être.
Mais quoi! les choses ont-elles changé de nature? Souffrir dans son corps et dans son cœur, être cloue sur an lit par une maladie douloureuse, subir une opération cruelle, se voir atteint dans sa bonne renommre ou trahi par un ami, perdre ce qu'on a de plus cher en ce monde, tout cela n'est-il plus un mal Pet reprendrons-nous cet insupportable paradoxe des stoïciens, que de tels accidents sont choses indifférentes ? Le