I. Traité de Vamow de Dieu, 1. IX, chap. n
«MNT FAiKÇOIS DE SA.L2S. î
Il veut qu'on l'étende jusqu'à la grande entreprise de la vie chrétienne, le progrès dans la vertu. Il tient qu'elle nous y donnera ce courage tranquille avec lequel nous ferons prou, et qu'elle nous débarrassera de ces empressements indiscrets et présomptueux qui se tournent en découragement quand le succès se fait attendre. Pas plus dans la vie intérieure que dans la vie extérieure il ne veut que l'on sépare le fais ce que dois Ae,V advienne que pourra, parce que rien ne pourra advenir que ce que Dieu voudra. Ecoutez-le là-dessu?, et vous entendrez ce qu'il veut dire.
« Dieu nous a ordonné de faire tout ce que nous pourrons pour acquérir les saintes vertus, n'oublions donq rien pour bien reuscir de cette sainte entreprise ; mais après c[\xeiio\i.sdL\xvons planté elarrousé, sçachons que c'est à Dieu de donner V accroissement aux arbres de nos bonnes inclinations et habitudes : c'est pourquoy il faut attendre le fruit de nos désirs et travaux de sa divine providence. Que si nous ne sentons pas le progrès et avancement de nos espritz en la vie dévote tel que nous voudrions, ne nous troublons point, demeurons en paix, que tous-jours la tranquillité règne dans tos cœurs. C'est à nous de bien cultiver nos âmes, et partant il y faut fidèlement vaquer; mais quant à l'abondance de la prise et de la moisson, laissons en le soin à Nostre Seigneur. Lelaboureurne sera jamais tancé s'il n'a pas belle cueillette, mais ouïbien s'il n'a pas bien labouré et ensemencé ses terres. Ne nous inquiétons point pour nous voir tous-jours novices en l'exercice des vertus; carau monastère de la vie dévote, chascun s'estime tous-jours novice, et toute la vie y est destinée «
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laprobation. — Voire mais, me dira quelqu'un, si je 1 onnoisque c'est par ma faute que mon avancement en vertu est retardé, comme pourray-je m'empesclier de m'en attrister et inquiéter ? Je reponds qu'il se faut attrister pour les fautes commises, d'une repentance forte, rassise, constante, tranquille, mais non turbulente, non inquiète, non descouragée. Connoisses-vous que vostre retardement au chemin des vertus est provenu de vostre coulpe? or sus, humilies-vous devant Dieu, implores sa miséricorde, prosternes-vous devant la face de sa bonté et demandes luy en pardon ; confesses vostre faute et cries luy merci a l'oreille mesme de vostre confesseur pour en recevoir l'absolution ; mais cela fait, demeures en paix et ayant détesté l'offense, embrasses amoureusement l'abjection qui est en vous pour le retardement de vostre avancement au bien*. »
Tel est donc le niveau moral toujours ascendant où l'amour divin élève l'àme humaine. Arrêtons-nous un instant à la physionomie et à l'humeur habituelle qu'il lui donne.
Voici d'abord un étonnant mystère de la vie inté rieure.
Cette voie sublime est vraiment via regia sanctœ çrucis, et nulle âme ne traverse des épreuves plus rudes, souvent plus longues, que celle qui y est engagée. Tantôt ce sont, comme notre saint lui-même en fît l'expérience, de tragiques épouvantes à la pensée