I. Jiitroduction à la vie dévote, V* partie, cbap
entreprennent « ce saint voyage de dévotion, d'un ami fidelle qui guide leurs actions par ses advis et conseilz, et par ce moyen les garantisse des embusches et tromperies du malin' ». Il leur faut un directeur.
Mais pourquoi ? N'avons-nous pas un guide qui est la conscience? Remettre en d'autres mains que les siennes la conduite de notre vie, n'est-ce pas une abdi-, cation? au lieu d'être une force éclairée et libre, ne] deviendrons-nous pas ainsi un instrument aveugle, mûj par une force étrangère?
Il faut répondre à cette objection et dissiper ce scrupule. La réponse, pour satisfaire la raison, doit esquisser! du moins une théorie générale de la direction.
La conscience est assurément un guide ; elle est une lumière; elle est la voix de Dieu en nous. Mais c'est^ un guide que bien des causes égarent, une lumière qui brille dans une atmosphère où passent et s'accumulent bien des nuages, une voix que bien des bruits contraires s'efforcent d'étouffer. Elle a des incertitudes d'où elle ne sait comment sortir; et rien n'est plus douloureux que ces situations où nous ne voyons pas de quel côté est le devoir, et où notre résolution, quelle qu'elle soit, semble condamnée à en trahir quelqu'un.] F^lle a ses troubles intérieurs, trop peu connus de notre! temps où l'on ne vit guère qu'au dehors et où on nej se pénètre pas soi-même au delà de la surface. Elle a] ses écueils où les inexpérimentés vont donner à l'étour-^ die parce qu'ils n'ont pas su les reconnaître d'avance.! Elle a ses illusions, que nous prenons pour des inspi-]