‹ St Francois de SalesChapitre 38 sur 68 · I. sénèque, Ep, t · texte numérisé non relu

I. sénèque, Ep, t

a. Id.y Ep. i.

corps a besoin d'être dompté comme un rebelle et châtié comme un coupable. Il ne soupçonne en aucune manière le devoir et la nécessité de l'expiation. Il enseigne formellement qu'il est contre nature de tourmenter son corps et que la philosophie prescrit « la frugalité^ avec la pénitence* ». Et s'il veut que son disciple, ? certains jours, traite durement ce corps, c'est uniquement parce qu'il est bon de se donner sa mesure à soi-même et de s'accoutumer d'avance à se passer des choses extérieures.

Telles sont, dans plusieurs détails, les curieuses analogies de la direction stoïcienne et de la direction chrétienne; et telle est, dans l'ensemble, leur différence radicale. Pour l'une et pour l'autre il y a un terrain à déblayer, un mal à guérir, et les vertus purificatives sont les premières auxquelles il faut s'exercer; de là des procédés semblables de part et d'autre, parce que la nature de la tâche entreprise les indique et les impose. Mais ni le principe, ni le but ne sont les mêmes.

Le point de départ du stoïcien, c'est que l'iiomme se suffit pour se relever et se purifier, et que, cela fait, rien ne peut plus menacer la solidité de son œuvre. Le point de départ du chrétien, c'est la conscience de sa faiblesse en même temps que de sa liberté, par conséquent la défiance perpétuelle de soi-même, par conséquent l'humble et confiant recours à la grâce, non pour favoriser la paresse en dispensant de l'effort, mais pour rendre l'effort efficace eu appelant la toute-puis-

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