‹ St Francois de SalesChapitre 45 sur 68 · I. Lettre clxvii, 8 janvier · texte numérisé non relu

I. Lettre clxvii, 8 janvier

l'une à l'autre*! » Qui saura lire entre les lignes devinera sans peine qu'il les complimente de la vertu qu'il veut leur inspirer. Et, en effet, le conseil est au bout. '( Ce que Dieu a uni en sang et en sentiment est inséparable, tandis que ce même Dieu règne en nous Or sus, vivez donc ainsi, mes très chères filles. Quel meilleur souhait puis-je faire pour vous ? Soyez comme avettes spirituelles qui ne portent que miel et cire dans leurs ruches. Que vos maisons soient toutes remplies de douceur, de paix, de concorde, d'humilité, de piété par votre conversation '. »

Ce sont deux grandes dames, mère et fille *, celleci veuve et riche, celle-là pressée, ainsi que son mari, par des embarras d'argent, toutes deux ferventes chrétiennes (Mme de Dalet songeait déjà à entrer à la Visitation et réalisa plus tard son dessein), mais de caractère incompatible, la mère impérieuse, la fille indépendante, mises de plus aux prises par des questions d'intérêt, bref ayant tout ce qu'il faut pour vivre en parfaite union à force de vertu, ou, — ce qui fut le cas, — pour vivre en guerre continuelle faute de savoir se vaincre. Toutes deux faisaient confidence écrite de leurs griefs à l'évêque de Genève. Et celui-ci, entendant les deux cloches, avait quelque peine à dégager le son de la vérité vraie. De là des conseils qui, toujours inspirés par le même esprit, varient suivant qu'il est moins bien ou mieux informé. Il s'étonne de ces confHts entre personnes d'un tel mérite. « Je confesse » , écrit-il à une amie commune, a que je ne sais comment il se peut

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