I. Let/tre ucii, octobre i6o
a. Lettre cxciv, avril 1611.
recteur, devait être bientôt stérilisée et dévoyée par une influence contraire.
Angélique Arnaud, fille du célèbre avocat et sœur du docteur janséniste que Boileau appellera le grand Arnaud, avait été fort irrégulièrement choisie, à l'âge de sept ans et quelques mois, pour coadjutrice par l'abbesse de Port-Royal. A dix ans et demi elle prit possession de l'abbaye; son père avait obtenu pour elle les Bulles canoniques en la vieillissant de sept ans. Pendant les années qui suivirent, sa vie d'enfant, puis de jeune fille fut aussi païenne et profane qu'elle la pouvait mener avec convenance'. A quinze ans, prenant sa profession en dégoût, elle délibéra, — c'est elle-même qui le raconte, — « de quitter Port-Royal et de s'en retourner au monde sans en avertir son père et sa mère pour se retirer du joug qui lui était insupportable et se marier quelque part». Une grave maladie rompit ces projets. Puis son père, se doutant peutêtre de quelque chose et aussi peu scrupuleux vis-à-vis d'elle qu'il l'avait été vis-à-vis de Rome, lui fit signer, sans qu'elle eût le temps de le lire, un papier qui contenait le renouvellement de ses vœux de religion. De retour à son monastère, elle traîna quelque temps, partagée entre des pensées contraires. Puis, soudain, un sermon de Carême qui avait pour sujet les anéantissements du Verbe incarné en sa naissance et dans sa crèche toucha si profondément son cœur que, dès ce moment, « eile se trouva plus heureuse d'être religieuse qu'elle ne s'était estimée malheureuse de l'être »