‹ St Francois de SalesChapitre 66 sur 68 · I. Lettre des 3 octobre i6o · texte numérisé non relu

I. Lettre des 3 octobre i6o

a. Lettre du 9 mai 1606.

nez-moi du temps et du loisir pour prier davantage et faire prier à cette intention. Et encore faudra-t-il, avant que je me résolve, que je vous parle à souhait, qui sera Tannée prochaine. Dieu aidant'. »

Il prolongea son attente près d'une année encore. Enfin au temps de la Pentecôte de 1607, l'ayant fait venir à Annecy, il lui parla à souhait pendant quatre ou cinq jours employés à rendre compte d'elle-même et à fortifier dans son ame la résolution de se tenir prête à tout ce que Dieu demanderait crelle. Puis, la trouvant indifférente à tout ce qu'il lui plairait de lui ordonner, il lui révéla son secret qui était de se servir d'ellepour l'établissement d'une congrégation nouvelle dont le nom était encore à trouver, et dont la nouveauté consistait surtout en deux points.

Le premier était que les austérités corporelles y seraient restreintes dans une mesure suffisante pour en permettre l'entrée à des filles ou veuves à qui la faiblesse de leur constitution, ou leur âge, ou leurs infirmités fermaient la porte des ordres déjà existants, tels que les Clarisses ou les Carmélites. La mortification, accessible à tous, de l'esprit, du cœur et de la volonté y compenserait cet adoucissement; les défauts se réformeraient et les vertus s'acquerraient plus par l'attrait de l'amour que par la rigueur de la pénitence ; on s'y adonnerait plus au recueillement intérieur qu'à la multitude des prières, à la désappropriation qu'à la pauvreté, à la charité qu'à la solitude, à l'obéissance qu'aux observances pénibles*.

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