I. Déposition, art xxti
i. Sainte Chantai, Lettre au R. P. dont Jean de Saint-François sur les vertus de saint François de Sales,
reconnaître chez lui comme dans une bibliothèque bien rangée ou parmi des papiers bien classés. Et l'amour, vigilant, délicat, attentif à plaire à ce qu'il aime, à ne laisser aucun grain de poussière séjourner dans la demeure qu'il lui prépare, aiguisait ce discernement et cette clairvoyance intérieure en les tournant à le rendre chaque jour plus pur, plus agréable à Dieu, plus fidèle h la devise donnée par le Maître : Estote perfecti. ( Tout était si rangé, si calme, et la lumière de Dieu si claire qu'il voyait jusqu'aux moindres atomes de ses mouvements. Et jamais cette pure âme ne souffrait volontairement ce qu'elle voyait de moins parfait ; car son amour plein de zèle ne le lui eût pas permis. Ce n'est pas qu'il ne commît quelque imperfection, mais c'était par pure surprise et infirmité. Mais qu'il en eût laissé attacher une seule à son cœur pour petite qu'elle fût, je ne l'ai pas connu*. »
C'était donc une âme toujours en marche en même temps que toujours en éveil; non pas en marche pour faire de plus grandes choses et plus éclatantes ; car « jamais il 7ie faisait des mystères », c'est-à-dire des choses extraordinaires et singulières, « ni rien qui donnât de l'admiration à ceux qui ne regardent que l'écorce et l'extérieur* » ; mais en marche pour faire toujours mieux.
Cette possibilité, ce devoir d'un progrès continu et indéfini est le caractère distinctif et privilégié de la vie morale comparée aux autres œuvres d'art. Dans l'éloquence ou la poésie, dans la peinture ou la sculpture, il y a un point de perfection que l'artiste ne peut dé-