MARRY SOUS LA MONTAGNE
Un tertre ombragé par quelques vieux chênes, deux enceintes profondes, une esplanade assez vaste pour retraire avec leurs troupeaux les gens delà seigneurie, c'est là tout ce qui reste
de l'ancien Curtis de Saint-Jean, autrement dit la Maison-fort de Marry sous la montagne. En fouillant au pied des retranchements on trouve des pierres d'appareil, des tuiles à rebords, des poteries ; les terrains environnants appelés Champs des ruines, étaient peuplés naguère de grands buis dont la disposition rappelait d'anciens jardins.
Ruines et arbustes, la charrue a tout nivelé, elle n'a pas respecté davantage l'antique chapelle dédiée à Jean-le-Baptiseur.
Là se réunissaient jadis les filles et les garçons qui voulaient louer leurs services; c'était, le 2o juin de chaque année, l'occasion d'un apport considérable où l'on dansait tout le jour, sans souci du servage et des rudes labeurs du lendemain.
Actuellement la louée se fait à Chiddes, les tilles qui s'offrent comme servantes tiennent une fleur à la main, les gars arborent un feuillage au chapeau.
Au XIIe siècle le Curtis de Marry appartenait à la branche cadette de la maison de La Bussière dont nous allons nous occuper.