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LA BUSSIÈRE

Ce castel reconstruit au XVe siècle est défendu des vents d'ouest et du nord par la Brosse au bouquet et par la Vieille Montagne ; situé à 375 mètres d'altitude, il occupe la plus gracieuse position qui se puisse rêver.

Au premier plan à l'est, des bosquets de futaies servent de repoussoirs au paysage que dominent de leurs masses sombres Thouleurs et le Beuvray ; du sud à l'ouest l'œil se fatigue avant d'atteindre aux limites de l'horizon.

On ne saurait visiter ce site charmant sans l 'aimer, en le quittant on souhaite de le revoir encore.

Des nivellements exécutés en 1855 ont mis à jour les fondations d'un édifice gallo-romain, défendu par une tour carrée construite en ciment indestructible ; dans l'intervalle deux longues rangées d'étroites cellules étaient destinées aux esclaves ; on voyait encore la place des madriers qui avaient valu à ces réduits le

nom d'ergastules (ouvrages en bois), deux meules à bras y furent retrouvées.

Les champs voisins sont jonchés de ruines, indices d'un établissement considérable ; les médailles qu'on y rencontre lui assignent une date certaine.

La Bussière, Buissière, Buxière, Boxeria dans les plus anciens titres, doit son nom aux buis arborescents dont il existe encore une longue avenue.

A l'origine de la féodalité le fief qui avait suc cédé au Burg romain appartint aux comtes de Nevers ; plus tard il releva du duché, directement, sans aucune redevance, à la seule condition de foi et hommage avec dénombrement. Les annexes mouvaient de Laroche-Milay, de Ternant et de Lanocle.

Les premiers seigneurs de la Bussière portaient : bandé d'or et d'azur, de six pièces, qui est Bourgogne ancien : leur écusson se voit encore au-dessus de la porte d'entrée.

Pierre et Guy de La Bussière, et Guy de Marry leur parent, assistent en 1146 à l'assemblée de

Vezelay, ils prennent la croix l'année suivante ; leurs descendants se perpétuèrent jusqu'au XVIe siècle.

En 1445, noble Pierre, chevalier, donne dénombrement des seigneuries de la Buxière , Chiddes, Marry, Buzon, etc.

Seize ans après, Guillaume de la Buxière, seigneur du lieu, de Chevannes-les-Ribaudes, la Commelle, Maison-fort de Mary sous la montagne et autres chcvances appartenant es dits lieux :

« Affranchit René Boret de Follet pour cerï tains et agréables services que le dict Boret « et les siens lui ont faicts. »

Cet acte est aux archives, il fut passé « le « vendredi, 22 aoust 1461, jour de sainct Sépho- « rien, à Molins les Angibert, devant Tartarin « garde scel, par Guiot notaire ; présents véné- « rable home messire Andrien Godard prestre, « Hugues de Marry le jeune, Pierre Plantard de « la Buxière et aultres à ce requis. »

Chrysostôme Plantard, descendant direct de Pierre, est actuellement fermier de cette terre dont plusieurs héritages portent son nom de toute ancienneté.

Charles-le-Hardy, plus communément appelé

le Téméraire, duc de Bourgogne, rompt eu 1474 la trêve conclue avec Louis XI et se jette sur le Morvanoù l'appelaient la plupart des seigneurs ; Guillaume de la Bussière et Jean de Marry se rangent des premiers sous ses bannières.

Mais l'année suivante, après la déroute de Sermages où Guillaume perdit la vie. l'armée royale usant de représailles, les châteaux de Marry et de la Bussière furent forcés et détruits.

Il est probable que Jean de Marry ne tarda point à faire son accommodement avec le roi, et rebâtit bientôt la Bussière dont il avait hérité à la mort de son parent ; nous le voyons en 1484 dater de ce château un acted'entrage ; la maisonfort de Marry ne se releva point de ses ruines ; mais la même famille édifia près de Moulins- Engilbert un autre château qui prit aussi le nom de Marry, soit en souvenir du Marry sous la montagne, soit à cause de sa situation dans un lieu marécageux. (Archives de M. Lorry).

Jean de Ganay, chancelier de France, seigneur de la Bussière en partie, fait foi et hommage à Laroche-Milay en 1505.

Guillaume de Marry, possesseur du lief en toute justice, et tenant pour le roi le commun scel de la baronnie de Luzy , rendit le même

devoir au duc en 1535; il mourut la môme année.

« L'obligation imposée à tous les actes privés d'être revêtus du sceau commun, rendit l'office de garde-scel à la fois important et productif: aussi fut-il souvent exercé par des gentilshommes. » (A. de Charmasse Cart. d'Autun. p. XIX.)

Deux ans plus tard Jean, fds puiné du précédent, religieux au couvent des Cordeliers du Beuvray, fait son testament avant de prononcer les vœux de prof es.

Le document original appartient à la précieuse collection de M. Lorry , nous le donnons ici malgré son étenduccomme un exemple curieux des formes qui accompagnaient les actes de dernière volonté au XVIe siècle, quand le testateur appartenait à un ordre religieux.

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