LUZY
Non loin d'une antique voie détachée de l'artère principale qui mettait en communication Autun et Decize , à trente-quatre kilomètres d'Autun et 28 de Bourbon-Lancy, sur la route de Moulins à Bâle, on rencontre la petite ville de Luzy assise sur les bords de l'Halaine, autrefois Lausia ou Luzia, d'où son nom lui est venu.
Nous rapportons l'origine de Luzy au poste militaire primitivement établi en ce lieu situé au pied des montagnes, formant en quelque sorte entonnoir et abondamment pourvu d'eau, qui fut il y a vingt siècles, comme il l'est encore de nos jours, un passage très-fréquenté, une position stratégique importante.
Celtique ou romain le chemin primitif se retrouve au sud-est, près de Montarmin castel du quinzième siècle ; on a prétendu qu'il existait un pont sur l'Halaine à peu près à l'endroit où se voit le moulin.
Nous autorisant d'un très-ancien plan et malgré l'issue d'un procès célèbre dans la localité.
nous n'hésitons pas à placer un deuxième pont dans Luzy même. Protégé par une tour devenue plus tard bénéfice féodal sous le nom de fief de Berthelon, ses abords sont actuellement représentés par la maison et par le jardin d'Amfreville, à quelques mètres du pont-neuf.
Dès le sixième siècle un oratoire chrétien s'élevait à l'ouest de la rivière, sur l'emplacement occupé plus tard par le prieuré de Saint-André dont il ne reste qu'un haut pan de mur; là. chaque matin , venait prier un jeune galloromain, dont la noble famille habitait une villa à un mille de l'autre rive ; le pieux enfant devint un saint et illustre évêque. l'église l'inscrit dans ses diptyques sous le nom de Germain de Paris.
La baronnie de Luzy limitait la Bourgogne et le Nivernais, son histoire se trouve mêlée à celle des deux provinces : mais ses archives ayant été détruites en 1793. il est difficile de reconstituer la liste des maîtres de cette seigneurie. Dom de Vaines cite un traité conclu au douzième siècle entre le roi do France et Jean de Ghoiseul ; le souverain exigea la caution de trois seigneurs du pays qui lurent : Archambault de Bourbon. Chauldron de Laferté et Gauthier de Luzy.
« Vi. l'abbé Baudiau a donné un article étendu
sur les barons de Luzy ; il nomme Pierre qui assista en 1146 à l'assemblée de Vezelay et partit l'année suivante avec sa femme et ses frères pour la Palestine.
« Pierre laissa une fille unique qui porta la terre de Luzy à Simon de Semur; la fille de celui-ci épousa Jean 1er de Château- Villain, que ce mariage fit seigneur de Luzy et de Semuren-Brionnais. »
Dans ses documents inédits pour servir à l'histoire de Bourgogne, M. Canat de Chizy, président de la société d'histoire et d'archéologie de Chalon-sur-Saône, mentionne les noms suivants :
Dalmacede Luzy en 1203 ;
Renaut fils du précédent ;
Sibille, fille de Renaut, femme d'Archambault de Charnoy, damoiseau, seigneur de Sigy en 1266.
Erigé en commune vers la fin du XIIIe siècle, Luzy, au siècle suivant, se clôt d'une enceinte fortifiée dont plusieurs tours sont encore debout.
Des Château-Villain Luzy vint à la maison de Champagne : vendue par décret dans les premières années du XVe siècle, la baronnie est adjugée à Bonne d'Artois, comtesse de Nevers, puis érigée par Charles de Bourgogne , fils de Bonne , en chatellenie incorporée au comté ,
plus tard duché de Nevèrs, dont elle fit partie jusqu'en 1789.
Les débris échappés aux ventes nationales furent recueillis par haut et puissant seigneur Casimir de Rochechouart, duc de Mortemart et de Nivernois, qui les aliéna vers l'année 1820.
Très-anciennement. Luzy possédait une maladrerie et un hospice ; ce dernier subsiste toujours, sa tenue ne laisse rien à désirer.
Outre six foires très-suivies, il se tient à Luzy. du 11 novembre au mercredi avant la micarême, des marchés hebdomadaires où se fait un grand commerce de gibier.
Le chemin de fer de Nevers à Chagny touche à notre petite ville, qui fonde de grandes espérances sur la station qu'on lui accorde : puisse cet espoir n'être jamais déçu t