‹ St-Honoré-Les-BainsChapitre 9 sur 59 · TABLEAU COMPARATIF DES DEUX SOURCES · texte numérisé non relu

TABLEAU COMPARATIF DES DEUX SOURCES

D'après les analyses suivantes faites toutes les deux par M. Ossian Henry.

Eau 1 litre.

Sl-Iluiioi'é Eaux-Bonnes

Acide sulfhydrique libre 0,070 0,0.(55

Acide carbonique libre 1/9 vol. 0,006 i

Azole iiulei.

Oxigene indel .

Bictii bonates de chaux j

— de magnésie )

— de soude el de notasse 0,0 '0

Carbonate terieux 0,009

Silicates de notasse j

— de soude )

— d'alumine 0,023 0,004S

Sulfure alcalin 0,003

Sulfates anhydres de soude 0.132

— — de chaux 0,032 0,1180

— — de magnésie 0,0125

A reporter 0,501 0,1512

Report

Chlorure de sodium 0,300 0,3423

— de potassium 0,003 traces.

Iodure alcalin traces.

Oxide de fer, matière organique 0,007

Oxide de fer et silicique 0,0160

Matière organique, glairine rudimenlaire. . indét.

Matière organique sulfurée 0,1063

Quoique M. Durand Fardel ait placé les eaux de St-Honoré au nombre des sulfurées sodiques, il dit cependant dans son traité des Eaux minérales : « Nous devons faire remarquer qu'elles paraissent se rapprocher des eaux calciques, par la présence d'une proportion notable d'acide carbonique , la prédominance du chlorure de sodium, leur situation géographique ; et devant la non-détermination de leur sulfure, nous les rangerions volontiers sous la même dénomination que les Eaux-Bonnes, Eaux sulfurées incertaines. »

EFFETS PHYSIOLOGIQUES

L'action physiologique et par contre l'action thérapeutique des eaux sulfureuses doit être considérée sous un double point de vue suivant la cause elle-même de la sulfuration.

En effet, cette sulfuration peut être due à des principes tixes plus ou moins facilement altérables à l'air libre, ou bien à la présence de l'acide hydrosulfurique qu'elles contiennent en suspension.

Dans le premier cas, les eaux ont une faible odeur d'hydrogène sulfuré qui se dégage au contact de l'air, par la décomposition des sulfures, l'absorption par l'économie est plus lente, mais l'effet est bien plus durable.

C'est là ce qui se passe dans la presque généralité des sources des Pyrénées et dans celle de St-Honoré en particulier.

Dans le second cas, il existe une odeur considérable d'hydrogène sulfuré qui se répand dans l'air aussitôt que l'eau paraît à. son point d'émergence. L'intensité de cette odeur n'est point en rapport avec la richesse de cette eau en soufre, mais bien avec la rapidité de sa décomposition.

Avec ces sources , les résultats sont trèsprompts, très-actifs, mais, il faut le dire, souvent de courte durée.

Ne recherchez donc pas toujours les eaux qui répandent dans l'athmosphère une plus grande quantité d'odeur sulfureuse, car cette déperdition de gaz a lieu presque toujours aux dépens de leur activité thérapeutique.

Tout en tenant compte du nouveau milieu dans lequel se trouvent les malades qui viennent à St-Honoré, et des changements apportés dans l'économie par les distractions , l'absence de préoccupations sérieuses, etc., il est un certain nombre d'effets qu'on ne peut attribuer qu'au traitement lui-même.

Il faut pourtant encore faire ici ses réserves et dire que suivant que cette eau est maniée de telle ou telle façon, donnée à haute ou à petite dose, en boisson ou en bain , en douches de température et de durée variables, ces effets peuvent aussi varier considérablement.

Circulation. — C'est de toutes les fonctions la première et la plus sensiblement modifiée.

En généra], il survient une légère excitation, la peau devient plus chaude, le pouls plus fré-

quent et plus fort, les évacuations naturelles ou morbides de ce grand appareil, telles que les menstrues , les hémorrhoïdes, augmentent de fréquence et de quantité ; de la les avantages que l'on peut tirer de l'action de ces eaux chez les personnes qui ont vu leur santé se troubler par la suppression d'une hémorrhagie habituelle.

De cette action excitante du système sanguin découle aussi la nécessité d'une prudence extrême de la part du médecin dans certaines maladies, chez certains individus sujets aux hémorrhagiesou aux congestions viscérales.

Nous verrons dans le courant de ce travail que l'excitation produite par nos eaux peut être facilement diminuée, et que, dans bien des cas, il suffit pour cela d'avoir recours aux bains plus h yposthénisants de la source des Romains.

Je viens de dire que les effets les plus constants de la médication étaient d'activer les menstrues ; en général, l'époque est avancée de plusieurs jours et l'écoulement plus abondant.

Il est facile de comprendre les heureux effets de cette excitation , lorsque les affections que nous avons à traiter ont coïncidé avec des suppressions brusques , et chaque année , nous vovons des malades revenir à la santé avec le

retour de cette fonction supprimée plus ou moins complètement.

Il arrive quelquefois que le contraire a lieu et que certaines femmes abondamment réglées pendant plusieurs jours, voient diminuer leurs menstrues et de quantité et de durée. Ce phénomène s'observe souvent chez les femmes atteintes de chlorose ou d'anémie.

Pourquoi cette inconséquence dans les résultats de la médication ? La réponse est facile : dès que le sang est appauvri , il arrive fréquemment que les règles sont excessivement abondantes, ce qui est d'autant plus fâcheux que la malade se trouve alors placée dans un cercle vicieux d'où il lui est difficile de sortir. En effet, l'appauvrissement du sang amène des règles abondantes, les règles abondantes... diminuent d'autant la richesse du sang.

Si par une médication bien dirigée , vous rendez au sang sa richesse première, vous voyez bientôt l'écoulement menstruel reprendre ses qualités normales.

Faut-il continuer la médication thermale pendant cette époque critique ?

C'est une question qui nous est bien souvent

adressée et à Laquelle nous répondons toujours par la négative.

Nous ne contestons pas qu'il soit possible à certaines femmes d'enfreindre sans dangers le conseil que nous donnons , mais il suffit de réfléchir un instant à l'importance de cette fonction, à la facilité avec laquelle elle peut être troublée, aux affections graves qui sont presque toujours la conséquence de ce trouble, pour ne point s'exposer à un danger qui est la règle alors que l'immunité n'est que l'exception.

Il n'en est pas de même pour les malades dont tout le traitement consiste à séjourner dans nos salles d'inhalation. En général, rien ne les empêche de continuer pendant les jours critiques, à moins cependant que les douches révulsives sur les pieds ne soient d'une nécessité absolue.

Respiration. — Les liens étroits qui unissent cette fonction avec la précédente, laissent assez pressentir les modifications qui doivent survenir à la suite de l'administration de nos eaux, mais je renvoie cette étude à la seconde partie de ce travail.

Innervation. — L'excitation ou Iasédation du système nerveux peuvent être la conséquence de

l'usage des eaux de St-Honoré suivant la manière dont elles sont employées. Disons cependant qu'au début, on obtient en général une sédation manifeste, un calme bien sensible qui est cependant troublé bientôt, mais pendant quelques jours seulement, par cette excitation passagère que l'on est convenu de nommer la fièvre thermale.

Il n'en est pas moins vrai que la sédation du système nerveux est manifeste, et dans ses dernières études sur le bromure de potassium, M. le Dr Gubler, en parlant de l'action sédative des eaux de St-Honoré, attribue cette propriété, à la présence de ce sel.

Nous avions déjà remarqué chez les femmes, les bons effets du traitement dans certaines affections nerveuses hystériformes, et nous sommes heureux de voir dans le travail de M. Gubler, l'explication d'un fait bien constaté, mais que nous ne savions attribuer à aucun des éléments minéralisateurs de nos eaux.

Digestion. — Un des premiers effets de l'eau de St-Honoré, est d'activer considérablement la digestion et d'augmenter l'appétit. Les malades, en général, sont heureux de ce changement qu'ils

considèrent avec raison connue d'un excellent augure.

L'ingestion de l'eau donne souvent lieu à des renvois sulfureux plus ou moins sensibles, suivant que l'on boit à la Crevasse ou bien à la source des Romains.

Il n'est pas rare devoir survenir au début, un peu de constipation, qu'il faut quelquefois vaincre à l'aide de douches ascendantes ou par une légère purgation qu'on peut obtenir en augmentant la quantité d'eau ingérée.

Les eaux de la Crevasse donnent quelquefois lieu à des pesanteurs d'estomac que provoque plus rarement la source des Romains , plus chaude et moins chargée d'hydrogène sulfurée; tout en étant apéritive, elle est moins excitante et est employée avec succès contre certaines dyspepsies et gastralgies.

Sécrétions. — Comme résultat de la légère excitation produite par les eaux de St-Honoré, on voit augmenter toutes les sécrétions. Celle de l'urine surtout est sensiblement moditiée, etoutre la quantité plus considérable de ce liquide, il n'est pas rare de voir survenir la sortie de nombreux graviers.

Ce dernier phénomène ne peut être attribué qu'aux principes alcalins contenus dans nos eaux.

La sécrétion bronchique participe souvent au début à cette excitation générale, aussi voit-on presque toujours l'expectoration rendue plus facile et plus abondante.

Après quelques jours de traitement, la transpiration se fait mieux, ce qui annonce une circulation périphérique plus facile, la peau devient onctueuse à mesure qu'elle fonctionne davantage.

L'excitation produite sur la peau est loin d'être toujours la même. Presque nulle chez quelques malades, elle est chez d'autres représentée par de légères démangeaisons , de la sensibilité coïncidant souvent avec des sueurs abondantes. Chez d'autres enfin, paraît une éruption plus ou moins confluente qui caractérise la Poussée.

Ce phénomène si recherché par les malades mérite que nous nous arrêtions un moment à l'étudier.

Page 1