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cément du XVr* siècle, une traduction catalane. Ce livre, qu'on attribue maintenant (nous n'avons pas à examiner cette question) a David d'Aug-sbourg", nous donne par avance une partie des Exercices de saint Ignace. « La suite de cette méditation est divisée entre les sept jours de la semaine. Le lundi, vous irez jusqu'à la fuite en Egypte... L'ayant laissé dans cette contrée, vous y reviendrez le mardi. Le mercredi vous irez de la nu ministère de Marthe et de Marie, etc. » Mais toutes ces pieuses visites, tous ces entretiens sont insérés dans un ensemble dont saint Bonaventure, avec son accent persuasif, donne à grands traits la théorie. Tout ce qu'il exprime de doctrine et aussi de science pratique, c'est à saint Bernard qu'il l'emprunte : il n'est peut-être pas une page où il ne le cite. C'est de saint Bernard qu'il dit s'être inspiré pour diviser aussi les exercices dfe la vie active et ceux de la vie contemplative. Dans la vie active il distingue deux parties : la première, dans laquelle on s'exerce, pour sa propre et spéciale utilité, h se corriger, à s'amender de ses défauts et à se former aux vertus; la deuxième dans laquelle on tournes son propre exercice à l'utilité du prochain, tout en travaillant à son propre mérite. « Entre ces deux parties de la vie active, se place la vie contemplative, de façon que l'ordre en soit réglé : d'abord, s'exercer soi-même, se livrer à l'oraison, à l'étude des saintes lettres et autres bonnes œuvres et pieuses pratiques; deuxièmement, se reposer dans la contemplation en cherchant la solitude du cœur et en vaquant h Dieu seul ; troisièmement, une fois imbu par les deux premiers exercices de la vertu et de la vraie sagesse, s'adonner au salut des autres. »
Au XIV° siècle, les cloîtres ont gardé le bienfait de ces leçons de plus en plus précieuses. Dans sainte Gertrude,
par exemple, nous trouvons constamment exprimée comme une vérité acquise, habituelle et familière, la distinction de ces trois genres d'exercices : les exercices extérieurs, qui forment l'âme à l'humilité, à la charité, à la patience, — les exercices de piété, comme les exercices du chœur, les chemins de croix, etc. — enfin les exercices intérieurs et spirituels.
Quand donc arrive le siècle de saint Ignace, ces pratiques intérieures avaient été bien souvent décrites et expliquées dans des livres portatifs, mis à la disposition des moines d'abord, mais aussi des fidèles vivant dans le monde. Je ne parle point de V Imitation de Jésus- Christ et de V Internelle consolation^ qui en est la rédaction française séculière. D'après Ribadeneira(i), c'est plus tard, a Barcelone, quand il commençait à apprendre le latin, que le saint lut h fond V Imitation de Jésus- Christ par Thomas à Kempis, dit le biographe, en même temps que l'ouvrage d'Erasme intitulé le Ches^alier chrétien. Autant ce dernier lui inspira de défiance et même d'antipathie, autant l'autre le transporta; il s'en pénétra si bien, dit Ribadeneira, que sa vie en était la reproduction fidèle. Gonzalès écrit encore avec non moins d'énergie : « Le voir, l'entendre, l'observer, c'était voir en action le livre de V Imitation de Jésus- Christ, » Il n'est pas surprenant que dans l'édition définitive des Exercices^ Y Imitation soit plus d'une fois recommandée avec l'Evangile eiXdif^iedes Saints : l'auteur, on le voit, l'associe, elle seule, aux deux genres de lecture qui avaient déterminé sa propre conversion. Mais avant le séjour de Barcelone, dans la solitude de
(i) Et aussi d'après Polanco, qui dit qu'Ignace avait grand plaisir à le faire lire aux autres (o/n'. aVe, i*"^ fascicule, p. 33). A remarquer que tandis que Ribadeneira attribue V Imitation à Thomas a Kempis, Polanco l'attribue à Gerson.
Manrèze et lors de la première rédaction des Exercices j Ignace connaissait-il quelque traduction espagnole du a Livre d'or » comme l'appelle Polanco? C'est là un point qui reste obscur. Le plus probable est qu'il ne l'avait pas étudié avec cette attention profonde qu'il apporta successivement b ses lectures peu nombreuses, mais que l'esprit lui en avait été communiqué par quelqu'un de ces monastères quasi internationaux (comme les universités), ou, plus simplement, catholiques, qu'il se plaisait à fréquenter.
Avant l'année i522, passée à Manrèze et marquée par la composition des Exercices , quels religieux avaitil connus et pratiqués? Des dominicains, puisque à Manrèze même, au sortir de l'hôpital Sainte-Lucie, c'est un couvent de dominicains qui l'avait recueilli, — des cisterciens, à Manrèze aussi, puisque après son pèlerinage de Jérusalem, il se flattait de retrouver là un saint et savant cistercien qu'il avait en profonde estime et dont il se proposait de suivre les leçons ; c'est quand il apprit sa mort qu'il n'hésita plus à s'en aller à l'université de Barcelone, — des chartreux, car, selon Gonzalès, il avait aussi la velléité d'entrer, après son retour de Jérusalem, à la chartreuse de Séville, — enfin nous allons le voir, des bénédictins. Or, chacun de ces ordres devait avoir, outre ses règles propres, réservées à ses religieux, certains modes de direction adaptés aux divers besoins de ses pénitents. Il eût été surprenant que, cherchant sa route, avide de lumière, plus avide encore de pratiques pieuses, se faisant communiquer les règles des communautés les plus austères, un tel pénitent n'eût rien reçu des Pères qui prêchaient et qui le confessaient (i).
(i) Il ne se contentait pas d'un seul, et les recherches clesdifFé-
Parmi les ordres florissants, il en est un qui mérite que nous nous arrêtions ici aux discussions parfois très vives qu'il a provoquées chez les historiens de saint Ignace : c'est celui des Bénédictins. Les Bénédictins avaient alors en Espagne plus d'une maison. Ils en avaient une à Onoz, et c'est là qu'un des leurs, D. Jean de Castanisa avait composé la première rédaction du Combat spirituel^ dont Scupoli devait donner h Venise, en iSSg, une édition augmentée d'un commentaire qui s'est fondu avec le texte primitif (i). Ils en avaient encore une à Monserrat, et c'est là qu'Ignace avait rencontré ce bénédictin français Chanones, retiré du monde à trente et un ans, moine estimé entre tous et auquel il avait fait, trois jours durant, sa confession générale. C'était là aussi qu'un autre bénédictin , Dom Garcia de Cisneros avait publié, environ deux ans auparavant, c'està-dire en i5oo, un livre intitulé, « les Exercices spi' rituels. »
Ce dernier livre îivait été publié en langue vulgaire afin de rester, disait l'auteur, à la portée des personnes simples et dévotes. Il est parfaitement reconnu aujourd'hui qu'Ignace avait pu lire ces exercices. Il l'avait pu, et certainement il avait dû le faire; car Dom Garcia de Cisneros, proche parent du grand cardinal Ximenès de Cisneros, était bien loin d'être un moine quelconque. C'était lui qui était l'âme du monastère de Montserrat. Il y avait établi non-seulement une biblio-
renls historiens de la Compagnie en ont découvert piusieiirs, dominicains, be'nédictins, cisterciens.
(r) Remarquons-le en passant, on ne connaissait guère, ni pour soi, ni pour les autres, ce que nous appelons Tamour-propre d'auteur. Un bon livre appartenait à l'P^glise, et ce qu'on y ajoutait d'également bon n'engageait ni ne compromettait aucun droit de proprie'lé littéraire.
ihèque, mais une imprimerie. Il y avait fondé Técole et, comme nous dirions , la maîtrise des Pages de Notre- Dame, sortes d'enfants de chœur instruits qui se recrutaient dans la noblesse. Enfin, sa réputation était fortement établie hors du cloître , puisqu'il avait été l'un des deux négociateurs chargés de conclure la paix avec Charles VIII.
Pourquoi donc n'ajouterions-nous pas foi à ce passage du bénédictin français Do m Thevard qui, en i655, fidèle écho des traditions recueillies par Dom Yepès et soigneusement conservées dans Tordre, écrivait dans la préface de sa traduction (i) : « On a pensé que ces mêmes exercices pourraient peut-être encore produire quelques bons effets en l'âmç de ceux qui voudront les lire et les pratiquer avec le même esprit qu'ont fait autrefois plusieurs personnes qui en ont tiré des lumières de sainteté, qui les ont conduites à la plus sublime perfection, comme entre autres, le bienheureux Ignace de Loyola; lequel, envoyé par un mouvement du Saint- Esprit en ce saint lieu (Montserrat) y fit rencontre d'un bon religieux et grand serviteur de Dieu, nommé Jean Chanones, lequel, après avoir entendu sa confession générale trois jours de suite, enseigna le chemin du ciel à ce dévot pèlerin , qui fit un si grand état des Exercices spirituels de l'abbé de Cisneros que, dans les commencements de sa conversion, non seulement il exhortait ceux avec lesquels il conversait à les pratiquer, mais aussi qu'il les imita dans un livre qu'il composa depuis pour ses religieux et auquel il donna pareillement le nom à^ Exercices spirituels. »
(i) Paris i655, i vol. in-12. — Il est à la Bibliothèque Nationale. L'ouvrage de Cisneros avait eu un grand succès et avait ëte' traduit en plusieurs langues. Une édition latine en a encore e'té donnée assez re'cemment chez Téditeur Mantz, à Ilatisbonne.
Si nous allons maintenant au livre même du bénédictin, qu'y trouvons-nous dont saint Ignace ait pu garder souvenir et tirer profit? Le titre d'abord, et c'était assurément quelque chose ; car le mot était un de ceux qui emportaient avec eux beaucoup d'idées. Celui-ci en enveloppait une que le plus ancien des deux livres exprime ainsi : « Nécessité de s'assujettir à certains exercices déterminés et réglés, disposés par ordre, de façon à ce que le dévot religieux pourra les pratiquer durant toute la semaine. » Dans cette suite réglée se retrouvait encore la division fort ancienne, mais qu'il fallait bien qu'un nouveau venu dans la vie spirituelle apprît quelque part, entre les trois voies purgative, illuminative et unitive. Cette division, qui est plus explicitement formulée dans le premier des deux auteurs, ne fait que se sentir dans le second ; mais elle y est présente et active, ainsi que l'ont reconnu tous les commentaires autorisés de la Compagnie.
Certes, le livre du bénédictin espagnol manquait de profondeur, et c'est pour cela qu'il y avait amplement lieu d'en faire un autre ; mais il était partout ordonne avec une grande netteté , et la sécheresse apparente de ses divisions très tranchées n'était peut-être pas pour déplaire à celui qui s'en pénétrait : seize considérations qui doivent porter l'âme h bien pratiquer les exercices spirituels, dix raisons de condamner le peu de ferveur et d'assiduité de certains religieux, l'amour unitif passant par cinq degrés, la Passion de Notre-Seigneur divisée en six parties, tous les jours de la semaine ayant, comme dans saint Bonaventure, un texte de méditation, — le lundi, le péché. — le mardi, la mort, — le mercredi, l'enfer, — le jeudi, le purgatoire, — le vendredi, la Passion, — le samedi, la Sainte Vierge — le dimanche, la gloire du Paradis, — rien de tout cela
LA PREMIÈRE ilÉDACTION DES EXERCICES. 49
ne pouvait paraître indigne d'attention à l'homme qui devait multiplier, lui aussi, les oraisons préparatoires et les préludes, les points de méditation, les colloques...
Enfin, était-il indigne d'inspirer l'âme forte et douce du serviteur de Jésus, celui qui, sans être appesanti par tous ces appareils de divisions et de subdivisions , écrivait : « Le moyen de reconnaître si on est purifié, c'est d'examiner sérieusement si l'on remarque en soi ces trois qualités : une ferveur qui bannisse toute lâcheté, un amour de la mortification qui maîtrise les mouvements de la sensualité, et une débonnaireté qui éloigne toute aigreur et toute malice. » Si je n'avais pas lu ces lignes dans le premier des deux traités, je croirais volontiers qu'elles sont dans le second, tant elles expriment heureusement le caractère et comme le génie spirituel de notre saint.
Je demande ici à revenir sur nos pas ou à reprendre cette f^ie du Christ de Ludolphe le Chartreux, dont nous savons qu'après l'avoir lue dans sa chambre de malade , Ignace guéri avait copié de sa main plus d'une page. Le moine saxon voyait déjà dans la méditation de la vie du Sauveur ce qu'il appelait aussi en propres termes « l'exercice spirituel » par excellence. Nulle part, dit-il au fidèle, tu ne trouveras à te prémunir contre les caresses vaines et fugitives, contre les tribulations et les adversités, contre les tentations de l'ennemi et contre les vices, autant que dans la vie du Seigneur Jésus, qui fut si parfaite et sans défaillance. C'est la fréquente et assidue méditation de cette vie qui amènera ton âme a l'amour confiant et à la familiarité de Jésus. Si le monde t'a été doux, sache que le Christ est plus doux encore ; si le monde t'a été amer, sache que pour toi, le Christ a supporté toutes les amertumes.
Lève-toi donc et marche, ne sois pas paresseux dans la route, de peur de perdre ta place dans la patrie ! »
Mais il est une idée ou , si Ton aime mieux , une méthode dont tout le monde chrétien et lettré fait exclusivement honneur à saint Ignace et qui, après avoir été indiquée par saint Bonaventure (i), se trouve très clairement recommandée par Ludolphe le Chartreux : c'est l'emploi de l'imagination, c'est ce que les Exercices spirituels appellent du nom devenu si célèbre de la constitution du lieu.
Ouvrons de nouveau les Exercices écrits à Manrèze, pour y relire les passages si nombreux où il est dit, par exemple : la composition du lieu consistera à regarder le
chemin de Béthanie a Jérusalem de Jérusalem a
Josaphat; <c est-il large ou étroit? uni ou raboteux? De même le lieu de la Cène, est-il vaste ou resserré, disposé de telle ou telle manière?... etc.» Puis, nous reportant au chartreux qu'il avait étudié, demandonsnous s'il n'avait pas dû recopier, dans son beau cahier d'extraits, des pages comme celle qu'on va lire :
« Assistez à la nativité et à la circoncision, comme un bon nourricier, avec Joseph. Allez avec les mages à Bethléem et adorez avec eux le petit roi. Aidez les parents à porter l'enfant et à le présenter au temple. Accompagnez avec les apôtres le bon pasteur accomplissant ses glorieux miracles. Assistez-le h sa mort, en même temps que sa bienheureuse mère et saint Jean; souffrez et gémissez avec lui. Ayez la pieuse curiosité de toucher chacune des plaies du Sauveur qui vient de mourir pour vous. Avec sainte Madeleine, cherchez-le
(i) Saint Bonaventure dit : « Me'ditez Tacte de Notre-Seigneup en vous rendant présent à re'vt?nement comme s'il se passait sous vos yeux, et selon qu'il s^oÇfrirn simplement à votre esprit. » Simplement ne suffisait pas à saint fgnace.
LA PREMIÈRE RÉDACTIOxN DES EXERCICES. 51
ressuscité, jusqu'à ce que vous méritiez de le trouver. Admirez-le, montant au ciel, comme si vous étiez au milieu de ses disciples sur la montagne des Oliviers. Siégez dans le conclave avec les apôtres... etc.. » Et après toutes ces énumératîons , voici la théorie générale : (( Lisez le récit des événements comme si ces événements s'accomplissaient actuellement. Placez devant vos yeux les faits passés comme s'ils étaient présents ; et ainsi vous y sentirez beaucoup plus de goût et de douceur. C'est pour cela que j'ai souvent noté les lieux [annotavi loca) dans lesquels tels ou tels faits se sont accomplis ; il y a une grande importance à connaître la situation du lieu [multum valet si sait loci situm » (i).
Je crois que ces rapprochements ne laissent place a aucun doute et qu'ils montrent bien comment saint Ignace a vite profité d'une tradition dont Ludolphe le
(i) Je crois devoir m'en tenir à ces rapprochements que j'ai donnes pour la première fois dans la Quinzaine du i^ septembre i8ç)6. Peu de temps après, le P. Watrigant publiait dans les Jitudes (puisa part, 1897) un travail préparé, je l'ai su depuis, de longue date : il y va beaucoup plus loin que moi dans la collection des emprunts qu'il croit que saint Ignace a faits à nombre de pre'curseurs. Ce que je reliens surtout de son étude, c'est qu'il a mis hors de doute, par des rapprochements très heureux, les larges emprunts faits à Ludolphe. Il a cru trouver aussi dans les Exercices spirituels hesiucoixp de passages qui semblent empruntés aux Frères de la Fie commune, à Gérard de Zutphen (il aurait pu ajouter encore à Gerson). Chacune de ces hypothèses, prise à part, est ingénieuse et vraisemblable. Si on les met toutes ensemble à la suite, on se dit que certainement, avec son peu d'instruction et le peu de temps dont il disposait à Manrèze, Ignace n'a pas pu accumuler tant de citations. Il reste cependant qu'il a dii recueillir dans son milieu, dans les sermons, dans les conversations, exhortations, bien des idées qui faisaient partie des richesses de l'ascétisme chrétien.
Chartreux, aussi plein de saint Bernard que Tétait saint Bonaventure, lui avait donné un résumé imagé, souvent pathétique, plus souvent encore adouci par une familiarité aimante. Cette tradition, saint Ignace Ta creusée avec sa ténacité, que guidait une psychologie naturellement profonde, quoique peu étendue, peu savante, même en mystique; distinguant, par exemple, je le veux bien, la méditation de la contemplation, mais employant souvent les deux mots à la fois ou prenant indifféremment l'un pour l'autre , pratiquant et conseillant surtout la méditation active et réfléchie (i), tout en y faisant entrer une certaine contemplation réduite à un exercice facile de l'imagination et des sens, voulant surtout que cette opération mixte fût soutenue par un élan magnanime et dirigée par un esprit très pratique, ne dédaignant point les procédés.
Cette méthode spirituelle, il l'a particulièrement adaptée aux besoins de certaines classes de la société que les autres ordres n'avaient pas aussi nettement en vue. Les uns, cisterciens ou chartreux, avaient surtout travaillé pour la vie du cloître. Les autres, comme les dominicains, veillaient à la conservation de la foi en général et prêchaient à l'assemblée entière des fidèles qu'ils rencontraient dans les églises ou sur les places publiques. Les franciscains s'étaient surtout proposé de venir en aide aux misères populaires. Les bénédictins, on vient de le voir, avaient commencé à s'adresser à des hommes n'étant pas des ignorants, mais n'é-
(i) Un savant capucin, aussi connu pour ses travaux en mystique que pour ses œuvres sociales, me dit, avec une nuance marque'e de regret, que les Je'suites ont contribué à diminuer, dans la vie chrétienne^ la part de la contemplation au profit de la méditation pure et simple. Beaucoup se demanderont si c^est un mal.
tant pas non plus nécessairement des cloîtrés. Le fondateur de la Compagnie de Jésus rédigea ses exer^ cices pour lui d'abord, puis pour ceux qu'il voulait s'attacher en vue d'en faire les compagnons ardents et sûrs, convaincus et dociles de son apostolat, puis enfin pour les hommes pieux ou désirant devenir tels dans les classes moyennes ou supérieures de la société. Nous allons le voir dans toute la suite de ce récit (i), là était la nouveauté, là est restée la force de son œuvre.
(i) Nous aurons d'ailleurs à revenir sur les Exercices en essayant de démêler ce qui a pu être ajouté plus tard à la rédaction faite à Manrèze.