L'ENSEIGNEMENT POPULAIRE
croyons pas nous tromper en affirmant qu'au xvu e siècle elle était aussi généreusement et libéralement accordée à tous que nous le voyons de nos jours 1 ».
A l'époque où M. de la Salle, à Reims, allait se donner peu à peu à renseignement populaire, les dévouements de toutes parts se mettaient à l'œuvre. Pour le saint curé de Mattaincourt, Pierre Fourrier, « c'était la chose la plus nécessaire et propre au siècle ». M. Démia, a Lyon, se consacrait aux écoles avec un zèle que ses célèbres Remontrances de 1666 faisaient rayonner même au loin. Adrien Bourdoise, dont nous avons déjà signalé les fondations à Saint-Nicolas, estimait que a si saint Paul et saint Denys revenaient à présent en France, ils prendraient la condition de maîtres d'école de préférence à toute autre ». Les évêques recommandaient à l'envi l'instruction élémentaire comme la plus grande charité qu'on pût exercer envers les pauvres, comme l'œuvre excellente entre toutes à montrer à la sollicitude généreuse des donateurs.
Grâce aux ressources sollicitées et réunies pour elles, les écoles charitables se multipliaient partout; presque toutes les paroisses de Paris en comptaient plusieurs. Dans beaucoup de villes où aucune classe spéciale n'avait pu être ouverte, les enfants indigents étaient reçus gratuitement aux écoles payantes. C'est aussi au cours du xvn c siècle qu'apparaissent, là où les fondations libres sont insuffisantes, les premières écoles communales officielles, c'est-à-dire créées en vertu de la loi et aux frais des contribuables. Mais toutes les petites écoles,