‹ St. Jean-Baptiste de la SalleChapitre 8 sur 38 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

LA SOCIÉTÉ FRANÇAISE AU XVII e SIECLE* LA FAMILLE

A Reims, non loin de la place du Marché, il est encore auxn os 4 et 6 de la rue de l'Arbalète, autrefois la rue de la Chanvrerie, une maison dont la porte est encadrée de cariatides et montre la date de 1 545. Elle n'offre, au-dessus du rez-de-chaussée, qu'un étage et des lucarnes, mais des frises élégantes et des pilastres cannelés en décorent la façade, ornée en outre d'une de ces petites niches couronnées d'un dais sculpté que comporte le style architectural de la Renaissance. Dans l'angle intérieur de la cour, un escalier tournant monte dans une tourelle ajourée. C'est l'hôtel de la Cloche, et une plaque commémorative rappelle que là — selon toute vraisemblance — est né Jean-Baptiste de la Salle, le 3o avril i65i.

Les premiers mois de Tannée avaient été marqués par un court répit dans les troubles de la Fronde. On était alors en effet au lendemain de la délivrance des princes, à la veille de la majorité du roi, pendant l'exil apparent de Mazarin et l'éphémère faveur de Condé. Celui dont le Grand Cyrus continuait à chanter les exploits était partout fêté avec fracas et semblait tout-puissant; mais, sans cesse entouré d'intrigues, il était en butte à mille attaques sournoises ; néanmoins personne ne prévoyait que quelques mois plus tard le héros de Rocroi, poussé à bout, s'unirait aux Espagnols et rendrait plus douloureuses les dernières crises des luttes civiles.

Depuis quelques années déjà les misères de la guerre, les exactions des chefs, les violences des soldats, les rapines des intendants, le pillage des blés, la famine et la ruine, surtout le désordre et L'anarchie accumulaient leurs souffrances en beaucoup de provinces du royaume, en Normandie comme en Dauphiné, à Angers ou a Lyon, en Provence et aussi en Guienne. Les longs souvenirs, qui en ont persisté dans la mémoire populaire, suffiraient à prouver l'acuité des maux qu'attestent d'ailleurs tant de témoignages contemporains. La Champagne, entre les Pays-Bas et Paris, avait, plus encore que d'autres peut-être, un sort lamentable. Reims, pour ne pas subir une garnison de l'armée des princes, dut payer un subside énorme. Les troupes du roi étaient d'ailleurs aussi cruelles, et les deux partis vivaient comme en pays de conquête. « Tout ce qui résistait à ces barbares était impitoyablement saccagé ; Auxonne fut, pour ce motif, presque en-

LA SOCIÉTÉ FRANÇAISE AU XVII e SIÈCLE. 3

tièrement brûlé ; à Reims, on n'était occupé qu'à ouvrir les portes aux gens de la campagne qui, de tous côtés, s'y réfugiaient avec leurs bestiaux.... » « Les laboureurs s'attroupaient pour aller à la charrue en armes et en bon nombre, pendant que certains d'entre eux allaient à la découverte et avertissaient les autres par des signaux. » C'est à travers ces malheureuses provinces que l'armée de d'Erlach, indisciplinée et sans solde, multiplie ses déprédations et ses crimes : « Les villes sont remplies de malheureux fugitifs qui encombrent les rues et couchent sous les hangars ou les auvents avec leurs troupeaux, exposés à toutes les intempéries de la saison; Reims, Corbie, Saint-Quentin, Péronne en regorgent. Les châteaux ne sont pas plus épargnés que les chaumières ; celui de Saint-Lambert, qui appartient à M. de Joyeuse, est pillé, et tous les habitants sont massacrés 1 . » « La misère, dit de son côté un président de la Cour des aides, est si extrême, si générale qu'il la faut diminuer pour la rendre croyable à ceux qui ne la voient pas.... Il n'y a plus personne qui ne souffre et qui ne sente leur fort des calamités publiques, que ce peu de gens qui les ont causées et qui en ont profité aux dépens des autres*. » Les souffrances s'aggravaient encore par leur durée même, à l'époque où nous

i. Ces textes du temps et bien d'autres sont cités dans l'ouvrage de M. A. Feillet: La Misère au temps de la Fronde et de saint Vincent de Paul. On peut puiser dans ce livre bien des faits et des témoignages intéressants, sans souscrire à toutes les conclusions de l'auteur.

i Amelot, Remontrance (bibliothèque Sainte-Geneviève, X, 53o).

reporte ce récit, pendant la seconde Fronde, alors que Condé manœuvrait contre Reims et Rethel.

« J'étais allé, écrivait saint Vincent de Paul, en janvier i653, chez Mlle Legras faire une petite conférence à ses filles, lorsque Mme la duchesse d'Aiguillon et la présidente de Herse m'ont envoyé quérir chez une d'elles où je suis pour aviser aux moyens de secourir la Champagne où sont les armées, qui la réduisent en un pitoyable état 1 . »

Quelque lugubres que fussent de telles scènes de désolation, ce n'étaient, après tout, que les suites momentanées des troubles anarchiques de la régence. Désordres et douleurs s'atténuent pour disparaître bientôt dès que le royaume, après la prise de Bordeaux, retrouve à sa tête une autorité obéie et à tous les degrés une administration régulière. L'impression durable, que les esprits ont gardée de ces calamités, montre bien ce qu'elles eurent à la fois de terrible et d'exceptionnel. Le recul du temps

i . Voir dans rattachant volume con sacré à Saint Vincent de Paul par M. Emmanuel de Broglie dans la collection des Saints, le chapitre intitulé : Vincent de Paul pendant la Fronde : « Aidé des Sœurs de charité, plus éprouvées que personne par les malheurs publics qui les privaient de leurs ressources habituelles et augmentaient leurs charges, Vincent de Paul et les Pères de la Mission firent de vrais miracles de charité durant les troubles de la Fronde. Comme nous l'avons dit plus haut avec autant de détail et de précision qu'en comporte cette étude, c'est alors qu'il fit passer en Picardie et en Champagne, les deux provinces qui souffraient le plus de la guerre et étaient pillées successivement par les armées des deux partis, des secours de toute nature, argent, vivres, semences, vêtements. Ces envois se montèrent, pendant près d'un an, à quinze mille livres p»r mois, somme énorme pour l'époque. »

LA SOCIÉTÉ FRANÇAISE AU XVII e SIÈCLE. 5

les fait apparaître en quelque sorte comme un mal superficiel, un accident passager, qui n'affectait d'ailleurs que les intérêts matériels et n'atteignait pas à ses sources profondes la grandeur de la race. La prospérité d'un peuple, on ne saurait l'oublier, dépend en partie, il est vrai, des conditions économiques qu'il subit et des institutions publiques qui le régissent; mais elle puise toujours ses éléments essentiels dans l'ordre moral. Or la première moitié du xvii e siècle fut, précisément, une des époques mémorables où les idées et les mœurs accomplirent une profonde réforme morale et s'élevèrent à un haut degré de perfection, grâce à la force des croyances religieuses et à l'émulation des communions chrétiennes. C'est par là que le grand siècle a mérité l'admiration des contemporains et retenu la nôtre. Fort justement on a même pu dire que nous n'en sommes pas assez fiers 1 .

Pour conduire les âmes, la religion s'impose aux peuples par la grâce, la foi et la tradition. Mais ils n'y peuvent rester attachés qu'autant qu'elle justifie son empire et attire le respect, à la fois par le caractère élevé des ministres qui l'enseignent et par le progrès moral et matériel des fidèles qui la pratiquent. A l'avènement de Henri IV, la France, dévastée par la guerre civile, dégradée par la corruption venue d'Italie, semblait avoir perdu tout ensemble le sens moral avec le bien-être, et elle paraissait invinciblement poussée au scepticisme

i. Discours de M. Ferdinand Brunetière au pensionnat des Frères de Passy pour la fête annuelle du Cercle des Francs-Bourgeois, n mars 1900.

par les scandales des deux partis. Mais les masses profondes de la race n'étaient point alors détachées de leurs traditions. Le roi, après avoir, par force et par adresse, ramené la paix, put préparer le retour aux principes du christianisme. Jamais peutêtre la royauté paternelle et tutélaire ne se montra si rapidement bienfaisante pour guérir l'anarchie, calmer l'antagonisme social et imprimer aux esprits une direction féconde. D'abord, le roi s'entoure des hommes qui se distinguent le plus par leurs vertus privées, chez les protestants comme chez les catholiques : Cheverny, Crillon, Duvair, deHarlay, Jeannin, d'Ossat, Pasquier, de Thou, Villeroy, et aussi d'Aubigné, La Force, Huraultdu Fay, La Noue, du Plessis-Mornay, Sully. Puis, par l'Éditde Nantes, il établit le premier, dans un grand État catholique, la liberté des dissidents, et, par l'émulation des deux cultes dans une égale ferveur, il remet en honneur l'observation du décalogue.

La réforme intellectuelle et morale commencée par le père fut continuée parle fils : après l'Éditde Nantes (1598), l'Éditde Grâce(i62C;). En outre, Louis XIII, plus qu'aucun autre souverain, donna l'exemple précoce du respect de la loi morale. Témoignant en toute occasion son mépris pour la corruption cynique des Valois, il s'efforçait d'imposer à sa cour des mœurs contraires et lui-même savait se montrer fort contre tout entraînement. Il encouragea ainsi les efforts que faisaient, pour ennoblir la société française, les femmes éminentes qui, par la grâce, l'esprit et la vertu, gouvernaient les hôtels de Rambouillet, de Longueville, de Condé et de La Rochefoucault. « Sous le règne de Louis XIII, dit un profond obser-

LA SOCIÉTÉ FRANÇAISE AU XVII e SIÈCLE. T

vateur, ainsi qu'aux précédentes périodes de prospérité, les croyances religieuses furent le vrai mobile de tous les progrès. Cette vérité eut alors un caractère particulier d'évidence, car la réforme fut presque instantanée, et il fut plus facile que jamais de rattacher à la cause première les grands résultats qui se produisirent simultanément vers le milieu du xvn e siècle 1 ». Les protestants, devançant les catholiques, fondent leur influence avec d'étonnants succès sur l'agriculture, l'industrie manufacturière et les autres arts usuels. La discussion pacifique des principes et des dogmes se montre surtout féconde chez les catholiques, et suscite parmi eux une admirable floraison de talents et de vertus : François de Sales, Vincent de Paul, Jeanne de Chantai, Olier, de Rancé, Bossuet. L'Église de France retrouve l'éclat et la sainteté comme aux temps de saint Louis et de saint Thomas d'Aquin. La charité chrétienne se penche plus que jamais vers les humbles, afin d'aller à Dieu dans ses pauvres; des congrégations, nouvelles parleur esprit et leurs règles, naissent de tous côtés, associant ingénieusement les efforts de la société laïque à ceux des pieuses communautés pour le soulagement des misères humaines et l'éducation des enfants pauvres. A l'extérieur, la politique d'Henri IV et de Louis XIII, de Richelieu et de Mazarin, s'affirme en défendant les mêmes principes : la liberté religieuse et l'indépendance des petites nations. A l'intérieur, le génie de deux rois, servis par de grands ministres qu'ils maintiennent au pouvoir,

1, Le Play, l' Organisation du travail , § 16. La réforme sous les deux premiers Bourbons.

a conjuré les périls de l'esprit de division qui tue les peuples les plus forts, et fait régner, à la place d'admirables rapports sociaux, la haine et l'anarchie. Ainsi les sciences et les lettres purent atteindre une perfection inattendue avec Gassendi, Fermat, Pascal, Descartes, avec Malherbe, Corneille, La Fontaine, Molière, Racine, Arnault, Nicole, etc.

C'est alors que, dans toute l'Europe, les classes dirigeantes, dominées par un juste sentiment d'admiration, adoptèrent la langue, les idées et les mœurs de notre patrie. « Rappelez- vous, dit Joseph de Maistre, le grand siècle de la France. Alors la religion, la valeur et la science s'étant mises pour ainsi dire en équilibre, il en résulta ce beau caractère que tous les peuples saluèrent, par une acclamation unanime, comme le modèle du caractère européen 1 ».

Dans ce milieu moral, dans cette atmosphère salubre vont se former et agir les générations qui, nées pendant les maux de la Fronde, ont vu tant de pleurs autour de leurs berceaux. Maintenant que nous avons d'un coup d'œil rapide envisagé ce qu'était la société française au xvn e siècle, pénétrons au foyer de la famille de la Salle.

L'Hôtel de la Cloche, d'allure bourgeoise et d'aspect opulent, avait été acheté en 1609 P ar François de la Salle. Sur les origines de sa race on a de belles légendes dont la tradition demeure encore incertaine. Elles la rattacheraient à un héros catalan du ix e siècle,

1. Les Soirées de Saint-Pétersbourg, t. II, p. a3 (Paris, 1 83 1).

LA FAMILLE DE LA SALLE

Johan Salla . Un siècle plus tard, les Salla gouverna ient Urgel ; ils lui donnèrent plusieurs évêques, et leurs fils participèrent à la première croisade. Répandus du Roussillon au Béarn, ils guerroyaient fort, et Froissart parle des exploits de Bernard de la Salle, « Bernardon le subtil escheleur », qui suivit DuGuesclin, et combattit aussi pour les papes, à Rome et à Avignon. Il fut la tige des de la Salle d'Auvergne, tandis que son frère, Hortingo, serait venu jusqu'en Champagne 1 . Ce qui est certain, c'est que la famille de la Salle ou du moins sa branche de Champagne sortit, en effet, du Béarn au xiv e siècle et vint se fixer à Reims. Si elle n'appartenait pas déjà à la noblesse ou si le malheur des temps l'en avait écartée, du moins elle s'allia de bonne heure, en raison de sa vertu, de son rang et bientôt de sa richesse, aux meilleures familles de la contrée.

Dans la vieille société française, — et c'est ce qui faisait sa force et sa valeur morale, — chaque génération, continuant l'œuvre de la précédente, ajoutait ses mérites personnels au trésor peu à peu amassé par les aïeux. Malgré la corruption des idées et des mœurs provoquée au xviu e siècle par les abus de la monarchie et la prépondérance des philosophes, ces traits caractéristiques étaient encore manifestes à la 6n de l'ancien régime. « De père en fils, ditTaine dans une de ses plus belles pages, le paysan propriétaire, l'artisan maître s'était levé à quatre heures du matin,

i. De respectable» souvenirs, conservés dans les archives Jamiliales, appuyent cette tradition. Au xyiii* siècle, les diverses branches en Auvergne, en Périgord, en Champagne, reconnaissaient leur parenté réciproque,

avait peiné toute la journée et n'avait pas bu. De père en fils, le fabricant, le négociant, le notaire, l'avocat, le propriétaire d'un office, avait été soigneux, économe, expert, assidu à son bureau, régulier dans ses écritures, exact dans ses comptes. De père en^fils, le gentilhomme avait servi bravement, le parlementaire avait jugé équitablement, par point d'honneur, avec un salaire moindre que l'intérêt de la somme qu'il avait versée pour acquérir son grade ou sa charge. Chacun de ces hommes n'avait que son dû, son bien et son rang étaient l'épargne de sa race, le prix des services sociaux rendus par la longue file de ses morts méritants, ce que ses ancêtres, son père et lui-même avaient créé ou préservé de valeurs stables; dans la bourse héréditaire qu'il tenait en main, chaque pièce d'or représentait la relique d'une vie, l'œuvre persistante de quelqu'un de sa lignée, et, de ces pièces d'or, il en avait fourni lui-même une portion 1 ». On n'escaladait point alors d'un seul bond, par talent, par chance ou par savoir faire, tous les degrés de la hiérarchie : escalade bien préjudiciable aux intérêts sociaux, car « les vertus, qui font franchir les rangs inférieurs de l'échelle sociale, excluent, si ce n'est chez les natures les plus distinguées, les vertus qui rendent digne d'être admis dans la classe supérieure 1 ». Il fallait au contraire s'élever pas à pas ; la lenteur même de l'ascension obligeait à s'en rendre digne, sous le contrôle de l'opinion, et donnait le

I. Les Origines de la France contemporaine, la Révolution, t. II, liv. IV, ch. i, ir.

a. F. Le Play, les Ouvriers européens, i rt édition, i85$, conclusion, p. 294.

LA FAMILLE DE LA SALLE

temps d'acquérir les qualités nécessaires à un nouvel état.

Ainsi firent les de la Salle. En 1 556, les deux frères Menault et Lancelot de la Salle sont parmi les plus notables commerçants de Reims. Ce dernier, le trisaïeul de notre saint, siège au Conseil de la ville. Très fidèle royaliste, il est, aux débuts de la Ligue, en 1 575, accusé de protestantisme ; mais une enquête solennelle rend témoignage de sa foi et de ses vertus: a Le dyct de la Salle (est) un marchant ayant bon bruyt et renom au fait de sa marchandise ; est hospitalyer et aulmosnier et pitoyable aux pauvres dont il voit souvent; entretient de povres pétits enffans aux escolles, et après les mect à apprendre mestiers à ses despens, est aymé des gens de bien »

Des six enfants que Lancelot eut de sa femme Jeanne Josseteau, dont quatre fi ls tous opulents, Tun, François, épousa Jeanne Lespagnol qui lui donna huit enfants. Lancelot, l'un deux, marchand à Reims, se maria à Barbe Coquebert. De ses six enfants, deux seulement nous sont connus : Simon qui devint écuyer et seigneur de Létang, et Louis qui, né en 1625, acquit une charge de conseiller au présidial. Avec eux les de la Salle de Champagne prirent ainsi rang définitivement dans la noblesse*.

1. Témoignage de Jacques Moët, cité par M. Jadard dans « Une enquête... justification de Lancelot de la Salle. » (Revue de Champagne et de Brie, 1896.)

2. Sur les actes de naissance de Jean-Baptiste et de ses autres enfants, Louis de la Salle n'est point qualifié écujtr ni noble homme ; mais il est dit noble homme sur son acte

C'était la consécration désirée et méritée de la haute estime acquise pendant plus de cent cinquante ans par la probité serupuleuse et l'honneur intact de plusieurs générations. Aussi de ces familles, on pouvait dire avec les Saints Livres 1 : « Mon fils, louons ces hommes pleins de gloire qui sont nos pères et dont nous sommes la race.... Ils ont dominé dans leur état, ils ont été grands en vertus et ornés de prudence.... Ils ont été riches en vertus, ils ont fait de la véritable beauté l'objet de leurs méditations et ils ont gouverné leurs maisons dans la paix... et on les loue encore aujourd'hui de ce qu'ils ont fait pendant leur vie. » Au surplus, ces fortes mœurs et les idées qui les inspiraient étaient les mêmes, au xvn e et au xvm e siècle, chez les nobles, les bourgeois et les simples marchands. Leurs livres de raison en font foi, et les érudits qui, à la suite de M. Charles de Ribbe, les ont retrouvés dans nos diverses provinces, en ont multiplié les preuves*.

de décès aux registres de Saint-Symphorien. S'il n'avait point fait ses preuves à Reims, c'est qu'il s'était fait inscrire à Paris par d'Hozier, dont le registre mentionne « Louis de la Salle, écuyer, conseiller secrétaire du roi, porte d'azur à trois chevrons brisés d'or ». (Biblioth. nat., na5, Armoriai général de France, dressé par Charles-René d'Hozier, juge d'armes de la noblesse de France, en vertu d'un édit du roi Louis XIV de novembie 1666.)

Page 1