‹ St. Jean Chrysostome considéré comme orateur populaireChapitre 8 sur 22 · IM · texte numérisé non relu

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d» âinskms et des mam panm les hommes. — Ainsi eommaoauté plus que b propriété esl noire lot, et conforme à la nature (1). >

Et ce dernier trait :

€ Si tu veux l^er tes richesses à tes enfimts, que cm^^ siûent des richesses justement acquises, si iouiefm î/k- y en a de, telles (i). »

Un tel langage , de si étranges diéories, sont dilBcilc^^es à justifier, non à expliquer. Chrysostôme avait la foi ^^^t le courage des apôtres. Il croyait sincèrement au retoizi jur possible de ces héroïques vertus préchées et pratiqué^^-es par les premiers chrétiens. Cet idéal le poursuivait , il voulut le réaliser. D*un autre côté, le triste spectat -le qu'offrait alors le monde était bien fait pour rejeter vi» — olemment les âmes généreuses et romanesques vers d-*- es rêves de l'âge d'or. La société politique reposait sur le despotisme. Cent vingt millions d'hommes étaient livr — es en proie aux caprices d*un seul placé au-dessus des in^stitutions et des lois, et souvent au-dessous de l'humanii^ té par ses vices. La société civile avait pour foudement l'e^^clavage; la propriété avait le plus souvent pour sourc^^^^ la spoliation et l'usure. Et ces biens honteusement acquisis étaient encore plus honteusement dé[)ensés. Festins, ^"^u plutôt orgies , danses de courtisanes , bouffonneries (9Hes parasites , luxe incroyable des habits, recherches moc^strueuses de parure, caparaçons des chevaux resplendlBissaut d'or, cortège fastueux d'esclaves, prodigalités et —débauches sans nom : voilà où se consumaient les immei^^ ses richesses des grands (5). — Le pauvre n'y avait gu^ère

(0 In Epist. ad Timoth., t. XI, hom. 12.

(3) |d Epist. ad Ephesios, t. XI, hom. 2.

(8) Aux passages plus haut indiqués, joindre :

T. VI, de Spectaculis.

T. IV, homil. in Genesim., bom. 80.

T. 111 , in Inscript, aitaris.

part. Le mépris de l'indigence, Torgiieil , Tinsensibilité, la cruauté , fruit le plus ordinaire de la débauche , tous les vices, toutes les iniquités semblaient se réunir en ces mauvais riches pour condamner leur opulence, et révolter Tâme honnête d'un Chrvsostôme. — Inflexible et violent, il tonne contre ces prévaricateurs superbes et les écrase, il s'en fait haïr, il sera leur victime. En même temps, par une réaction toute naturelle, il se tourne vers le peuple; il le voit tel que l'ont fait le gouvernement des empereurs, la rapacité des riches, la misère et tous les maux qu'elle traîne à sa suite. Il le console , il le relève à ses propres yeux , il s'en fait aimer. De ces malheureux , il ne voit que les souffrances , rarement les vices. Ces vices même sont la plupart du temps l'ouvrage du riche (4). U ne s'est pas contenté d'enlever à ses frères leur part de l'héritage commun ; en les dépouillant, il les a dégi'adés, corrompus. Donc la propriété est - la source de tout le mal ; il faut la maudire. — C'est ainsi que par la compassion Chrvsostôme est entraîné aux plus hardies négations d'une institution dont il ne voit que les abus. Bientôt il flatte les secrets instincts de la multitude ; il remue le vieux levain d'envie qui fermente dans ces âmes malades (2). Cette haine éternelle nourrie contre le riche, haine honteuse qui n'ose point'se déclarer légitime , il la proclame juste, il s'y associe. Imprudence d'un cœur trop tendre , séduction de la popularité, combien cruellement il les expia! Objet d^amour et de haine, attaqué par les uns, défendu par les

T. XII, ad Hebrœosy hom. 11.

Tom. VII, in Matth., hom. 37.

^ (1) lû Epist. I ad Corinth., t. X, hom. 1.— « Peut-être même ne sont-ils pauvres que parce qu*Us sont veirtuyeux. » ( L'abbé PooUe. Exhortation sur Ûaumûne.) (2) T. V, p. 610.

autres » il est une preuve que ce n'est pas exclosiveroeot par des vertus qu'on plait au peuple et qu'on s'en fsà chérir. Compatir à ses souflPrances , soulager ses besoins est le moyen le plus honnête; flatter ses passions est souvent la voie la plus sûre. — Mais oublions r«atninement irréfléchi de l'orateur populaire , et écoutons le langage du chrétien.

Ce fut la doctrine constante du christianisme, doctrine établie sur des faits et conflrmée par le témoiguagie unanime des plus illustres docteurs, que les pauvres scmt les premiers enfants de l'Eglise et les plus aimés. Dieu, qui les chérit particulièrement, leur réserve la part la pins belle de l'héritage céleste. Il n'a pas besoin de nous poor les nourrir ; mais il veut bien consentir à ce que nous le remplacions dans cette partie si douce (le son œu^re.Cest même exclusivement à nous qu'il rem^t le soin de soulager des malheureux qui, par-dessus cette recommandation divine , sont encore nos semblables, nos frères. Toute aumône faite aux pauvres est en réalité faite à Dieu. Les pauvres sont les membres de Jésus-Christ. — c J ai eu faim , dit-il , et vous m'avez donné à manger. J*ai ea soif, et vous m'avez donné à boire. En tant que vous l'avez fait à l'un de ces plus petits de mes frères, vous me l'avez fait à moi-même (l). » — Les trésors répandus pour eux deviennent des trésors impérissables dans le ciel. Ainsi les pauvres sont comme les bienfaiteurs des riches: en échange des aumônes qui leur sont faites, ils assurent une part de l'héritage céleste. Ils sont comme Vautdm nous faisons une offrande à Dieu (2). Telle esi rérninente dignité des pauvres dans ^Eglise (5).

(!) S. Matthieu, eh. 25.

(2) ChrysostAme, t. X, p. 687.

(3) Voir le beau sermon de Bossuet sur féminaUe dîfnté des pauvres dans l'Eglise.

Mais ce n'est pas asi^ez de démontrer au riche orgueil^ leux et dur que ces pauvres, qu'il est enclin à mépriser, sontles médecins de nos âmes, nos meilleurs intercesseurs auprès de Dieu, les portiers du royaume des deux : ces magnifiques avantages ne les empêcheront pas de mourir de faim si on ne les secourt promptement. Après avoir établi qu'ils sont nécessaires à notre salut, il est urgent de faire sentir que nous sommes indispensables à leur existence. C'est ce qu'a parfois oublié Bossuet (1); c'est ce que n'oublia jamais Chrysostôme. Il lui arrive plus d'une fois de vanter les avantages de la pauvreté, d'opposer à l'insomnie du riche le bon sommeil du pauvre, aux maladies de l'un l'excellente santé de l'autre (2). Il va même jusqu'à imaginer deux villes dont l'une ne soit composée que de riches, l'autre n'ait que des pauvres dans son enceinte ; et il examine ensuite laquelle des deux est la plus puissante.... Il adjuge la préférence à la pauvreté. Mais la distinction de ces deux villes n'est qu'une fiction agréable (3). — Oui, un paradoxe vulgaire. Ces consolations, cette chimérique prééminence, sont toutes littéraires. Il réclame bien autre

(1) Bourdaloue est plus pressant et plus hardi, n ne craint pas, sous Louis XIV, de rappeler en ces termes l'inégale répartition de Timpôt : « Souvent, par des raisons de politique que la nécessité même autorise, les princes de la terre se trouvent obligés de tirer les plus grands secours de leurs moindres sujets, tandis qu'ils ménagent les plus opulents et les plus aisés. Mais notre Dieu, qui ne voit point de nécessité supérieure à sn loi , et devant qui toutes les conditions du monde ne sbnt rien, sans se relîlcher de ses droits et sans égard à vos personnes, fait une imposition réelle sur vos biens. » (Sur TAumône.)

(2) T. IV, hom. in Annam.

(3) C'est Bossuet qui parle ainsi. (Sermon sur Téminente lignite des pauvres;)

chose pour les malheureux. Quoi? Le droit de vhrre. Quoiqu'une seule homélie , dans le recueil si volumineux de ses œuvres, ait pour titre : sur VAumôme (1) , cette question était éternellement à Tordre du jour ; elle revient sans cesse. C'est par de pathétiques exhortations à la charité qu'il termine un sermon sur la Genèse (2), uo commentaire sur saint Matthieu, des homélies sur la Pénitence. On connaît le bel exorde de l'homélie sur l'Aumône , homélie qui fut improvisée. Mais je veux le dter

Chrysostôme , alors prêtre à Antioche , se rendait au temple , lorsqu'en traversant la place publique et les rues qui avoisinent l'église, il aperçut une foule de malheureux, qui, pour émouvoir la pitié des passants, étalaient silencieusement leurs haillons et les plaies dont ils étaient couverts. Il comprend cette muette supplication, il entre dans l'église , il monte en chaire. L'auditoire attendait la suite du commentaire sur saint Matthieu; le prédicateur commence ainsi :

« Je Amiens aujourd'hui m'acquitter auprès de vous d'une ambassade juste, utile, digne de vous. Ce sont les pauvres de notre ville qui m'en ont chargé, non par des discours, des décrets ou la décision d'un sénat, mais en me montrant le plus pitoyable et le plus amer des spectacles. En traversant la place publique et les rues pour me rendre auprès de vous, j'ai vu gisant au milieu des carrefours un grand nombre de misérables, les uns estropiés, les autres aveugles, ou couverts d'ulcères et (te plaies incurables, et étalant de préférence aux regards ceux de leurs membres qu'il eût fallu cacher à cause de la corruption qui les rongeait. J'ai pensé que ce serait le

(1) T. III, p. 248.

(2) T. IV, in Genesim., hom. 2.

comble de rinbumanité de ne pas entretenir votre charité de telles infortanes , surtout quand j'y étais encore poussé par le temps de Tannée où nous sommes. C'est toujours un devoir, il est vrai , de faire appel à la pitié, quand nous avons nous-mêmes tant besoin de la miséricorde de notre Créateur, mais principalement dans cette saison où le froid est si rigoureux. Pendant Tété, les pauvres trouvent dans la douceur de la température un grand allégement. Ils peuvent , sans danger, aller nus. Les rayons du soleil leur sont un vêtement suffisant. Ils peuvent dormir sur le sol, et passer impunément la nuit au grand air. Us n'ont pas tant besoin de chaussures, ni de vin , ni d'une nourriture plus substantielle. L'eau des fontaines leur suffit avec les herbages les plus vils et quelque peu de légumes secs. L'été, en effet, leur dresse la table toute servie. Ils ont de plus la facilité de trouver de l'ouvrage. Ceux qui .bâtissent , ceux qui cultivent la terre, ceux qui équipent des vaisseaux ont recours aux bras des malheureux. Les riches ont des champs , des maisons, d'autres sources de revenus; eux ne possèdent que leurs corps ; toute leur fortune est dans leurs mains, ils ne tirent rien d'autre part : c'est pourquoi l'été leur apporte quelque soulagement. Mais pendant l'hiver, tout leur fait la guerre. Ils sont assiégés de deux côtés à la fois : par la faim, qui ronge leurs entrailles; par le froid, qui raidit leur chair et la rend comme morte. Aussi levff faut-il une nourriture plus abondante , des vêtements plus chauds ;, un toit^ un lit, des chaussures, d'autres choses encore. Et, ce qu'il y a de plus triste, ils ont grand'peine à trouver de l'ouvrage. On ne travaille guère en hiver. Puis donc que leurs besoins sont plus grands et plus impérieux , puisqu'ils ne trouvent personne qui veuille louer leurs services et les occuper, voyons, remplaçons les entrepreneurs, tendons-leur des mains secou-

rables; prenons pour collègue dans cette ambassade Paul, le patron et le tuteur des pauvres (1). »

Chrysoslôme excelle dans ces peintures d'une énergique vérité, et s'y complaît. Il a raison. Il ne craint poiot de blesser les orciiirs délicates par les détails les moins nobles : il dit ce qu'il a vu. Les faits ont ici leur éloquence; il ne faut point les en dépouiller. Les pauvres gardent le silence : que l'avocat des pauvres fasse parler ces haillons, ces plaies, ces enfants à qui leurs pères oot crevé les yeux pour en faire un objet de pitié aux passants , un tronc vivant d'aujpônes (2). Et cependant, en présence de ces mutilations de la misère, Tégoisme et l'insensibilité osaient encore se couvrir de misérables excuses. On voyait les riches s'informer avec soin si le pauvre qui demande l'aumône y a bien réellement droit, et craindre d'assister un indigent qui ne serait pas le modèle de toutes les vertus. Ces indignes subterfuges, Çhrysostôme en fait justice.

« La plupart interrogent curieusement les pauvres, s'enquièrent de leur patrie, de leur vie, de leurs mœurs, de leurs habitudes, de l'état de leur santé. Ils leur cherchent des torts ; ils ne tarissent point de questions. Aussi un grand nombre de malheureux se mettent à simuler des blessures sur leur personne, pour fléchir, par ce triste artifice, notre cruauté, notre inhumanité. En été, faire de semblables enquêtes, cela est barbare, mais enfin on le conçoit. Mais en hiver, quand le froid sévit, s'ériger en juge impitoyable et farouche, n'avoir aucune indulgence pour les malheureux s'ils sont oisifs, n'est-ce pas le comble de la dureté? ~ Mais, dira-t-on, pourquoi Paul imposa-t'il celte loi aux Thessaloniciens : « Que

(1) T. m, de Eleemosyna, p. 248.

(2) T. X, in Epist. ad Corinth., p. 219.

celui qui ne veut pas travailler ne mange pas? » Cest pour que vous écoutiez aussi ces paroles , c'est pour que vous en fassiez Tapplication, non-seulement aux pauvres, mais à vous-mêmes.... — Mais j'ai un héritage que je tiens de mon père. — Et, dis-moi, parce que cet homme est pauvre, né de parents pauvres, mérite-t-il pour cela de périr? C'est celte raison même qui devrait lui attirer la compassion des riches. Tu passes la journée dans les théâtres, les lieux de réunion et de plaisir, d'où tu ne retires rien de bon ; tu converses avec celui-ci , avec celui-là , et tu t'imagines ne faire aucun mal , tu crois ne pas être oisif, tandis que ce pauvre, ce misérable, qui consume les jours dans la prière , les larmes , les souffrances de toute nature , tu le condamnes , tu le traînes devant un tribunal pour lui demander compte de sa conduite (1)! »

On voit encore ici percer la colère contre le riche et ses froids sophismes, tandis que le pauvre est représenté comme le plus doux, le plus pieux des hommes; mais Télan de la charité emporte tout , et cette vivacité même de langage entraine l'insensible et le décide. Que de fois, d'ailleurs, c'est sur le ton de la plainte, et dans les termes les plus humbleà et les plus touchants, que Chrysostôme le convie à la bienfaisance! Il ne se borne point à démontrer les droits du pauvre sur le superflu du riche, démonstration délicate d'une vérité que le riche refusera toujours d'admettre. Cette imposition réelle sur les biens, dont parle Bourdaloue , Dieu , au jour de sa justice , la fera peut-être; il est bien téméraire à l'homme de l'essayer. Aussi Chrysostôme adoucit , accommode à la fai-

(1) T. ni, de Eleemosyna. — Les mêmes sophismes des riches sont encore plus énergiquement réfutés ailleurs. (In Epist. ad Hebrœos, t. XII, hom. 12.)

blesse humaine la rigueur de la loi divine. Tout à rheure il était menaçant , terrible dans ses anathèmes contre ces insensibles ; maintenant il est plein de douceur et de promesses, n leur montre les récompenses que Dieu réserve à ceux qui nourriront ses pauvres. L'aumône est une œuvre de stricte justice, sans doute, mais elle aura le mérite d'une œuvre de surérogation (1). Par elle, le pécheur se purifiera de ses fautes : l'aumône le réconciliera avec Dieu.

« Il n'y a pas de péché que l'aumône ne puisse expier, ne puisse effacer. Tout péché cède devant elle; c'est un remède pour toutes les blessures (5). »

Les besoins des pauvres sont infinis ; mais l'aumône peut revêtir tant de formes! De l'argent, la protection du pauvre, des visites gratuites si vous êtes médecin , des conseils , des consolations (3). Tout ce que vous aurez donné. Dieu le recevra comme un dépôt, et vous le rendra avec usure dans le ciel (4). — Mais c'est là une espérance bien lointaine, me direz-vous. Chrysostôme ne craint pas de mettre la récompense à la portée de ces âmes intéressées. Ces impatients ne veulent pas l'attendre au delà de la vie : il la place sur terre, il acquitte sur-le-champ la dette de Dieu. Il lit dans leurs cœurs, il y voit la vanité. Le bien qu'ils feront, il faut que nul ne l'ignore. Eh bien ! on proclamera à haute voix dans l'église les noms des bienfaiteurs du pauvre (5). Ce n'est pas assez encore. L'estime publique s'attachera à leur nom ; on vantera en tous lieux leur générosité. Les païens, témoins des mir3h

(1) De Pœnitentia, hom. 2, t. II.

(2j In Act. apostol., hom. 25, t. IX.

(3) Ibidem.

(4) In Epist. ad Romanes, hom. 7, t. IX.

^^5) In Acta apostol., hom. 18, t. IX.

des de la charité chrétienne , accourrcmt en foule dans le sein de TEglise , et c'est à eux qu'elle devra ces nouveaux enfants. Enfin, Dieu lui-même leur rendra dès icibas les biens dont ils auront fait un si noble usage (1). Sans doute il est triste que le prédicateur fasse appel à de tels sentiments, à de si mesquines passions. Prêcher le devoir au nom de l'intérêt , c'est réduire la morale à n'être plus qu'un calcul. Mais ce serait se faire une trop haute idée du cœur de l'homme que de lui imposer l'accomplissement d'un devoir pénible au nom de la justice, €t sans lui laisser entrevoir une récompense dès ici-bas ^t dans l'autre vie. Il faut en appeler de l'intérêt à l'intérêtf combattre une passion sans noblesse par une passion jQoble. EnGn, il faut ouvrir ces mains fermées qui retiennent la vie du pauvre. Les esprits rigides pourront désap* pi:*ouver ces transactions; mais les misères de l'indigent s^f*ont soulagées , et Dieu, qui sait notre faiblesse, ne jug^ra pas trop sévèrement les motifs qui nous ont fait faire UK^^ bonne action.

C'est dans cet esprit qu'il faut juger Chrysostôme. Ni l'Eglise, ni la société, ne sauraient ratifier les anathèmes qui. 'il lance contre la propriété : la raison condamne ses rê^ves de partage, son aversion pour l'économie, ses invectives contre les riches. Mais faut-il voir dans ces excès d*une charité mal dirigée une doctrine, un système subversif des principes de l'ordre social? Evidemment non. Ce serait faire injure à la rertitude de son âme ; ce serait aussi accorder trop de réflexion , trop de suite dans les idées à un homme qui fut toujours dominé par l'imagiwatîon et la sensibilité. Seuls, les esprits puissants et Maîtres d'eux-mêmes sont capables de construire des systèmes, de composer un corps de doctrines. C'est la

(^) în Epist. ad Timoth., t. XI, p. 666.

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