‹ St. Jean Chrysostome et l'impératrice EudoxieChapitre 15 sur 93 · Ubiiiam sunt qui tria uuam dicunt esse potentiam? Ibid · texte numérisé non relu

Ubiiiam sunt qui tria uuam dicunt esse potentiam? Ibid

de cierges qui faisaient, disent les contemporains, comme un second jour dans la nuit *. Eudoxie, restée bonne catliolique malgré les tendances ariennes de la cour, avait voulu faire les frais de ce luminaire et envoyait ses serviteurs figurer à la contre-litanie '. Ce qu'il était aisé de prévoir arriva, les processions se rencontrant se battirent : pierres et bâtons firent leur jeu et plusieurs morts ou blessés restèrent sur la place, entre autres Brison, le principal eunuque de l'impératrice, qui reçut une pierre à la tête ^Arcadius finit par où il aurait dû commencer : un décret impérial que nous lisons au code Théodosien interdit ces réunions, menaçant le préfet de la ville d'une amende de cent livres d'or si les litanies venaient à se renouveler*. Toutefois beaucoup-de gens récriminèrent afin de jeter la responsabilité des désordres sur Cbrysostome, qui toujours, disait-on, qu'il fît le bien ou le mal, traînait la guerre après lui.

Cependant les rapports s'envenimaient cbaque jour entre Cbrysostome et son ancien subrogé, devenu son rival. Gonflé d'espérances et de prétentions, celui-ci affectait dans une Église où il était étranger l'attitude d'un arcbevêque légitime, qui attend de moment en

1. Cruces enim argoiitese a Joanne erant excofîitatœ, quœ cercas faces accensas gcstabant. Socr., vi, 8. — iNam etcrucum argentea signa, prœcedentibns ccreis, eos anteil)ant. Sozom., vin, 8.

2. Eudoxia Augusta sumptiim ad lioc siippeditante. Socr., vi, 8.

3. Et Briso quidem eunnchus Auguste... in fronte lapide percussus est. Socr., iljid. — Briso vero saxo in frnnte percussus est. Sozom., viii, 8.

4. Quibus rébus permotns imperator intcrdixit arianis, ut deinceps hymnes publiée canerent. Socr., ibid.

moment la déposition de l'infrus. Une crise était imminente. Elle arriva par l'inconvenance d'un de ces dangereux amis que Jean Chrysostome avait à ses côtés, et qui semblaient d'accord avec ses ennemis pour l'environner d'orages. Un jour que Sévérien traversait la tête haute, dans son faste et son arrogance habituels, la basilique ou l'un des lieux y attenants, Sérapion, qui était assis sur son passage, ne se leva point, comme devait le faire un diacre par honneur pour un évêque, mais resta sur son siège, le regardant d'un air dédaigneux ^ Sévérien en fut offensé, et, s'approchant du diacre, il lui dit de manière h être entendu d'une partie des gens qui se trouvaient là : « Si Sérapion meurt chrétien, le Christ ne s'est pas fait homme, » et il continua son chemin -.

Sérapion sans désemparer fit appel à quelques-uns des témoins de la scène, lesquels, selon toute apparence, appartenaient à l'église, et se rendit avec eux chez l'archevêque, où il accusa Sévérien d'avoir blasphémé en disant « que le Christ ne s'était pas fait homme ^. n Les témoins qu'il amenait confirmèrent sa déposition, soit qu'ils supprimassent à dessein le commencement de la phrase qui en déterminait le sens, soit qu'ils n'eussent entendu que la fin. Quel que fût le sens des mots adressés par l'évêque de Cabales à Sérapion, Chrysostome les trouva également coupables.

i. Serapio vero cum conspicatus minime assurgeret, de industria ostendeiis iis qui adorant, sese illum contomnere... Sozom., viii, 10.

2. Severianus exclamavit protinus liis verbis : Si Serapio moriatur christianus, Cliristus niinquam iiomo factus est. Sozom., ibid.

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