‹ St. Jean Chrysostome et l'impératrice EudoxieChapitre 48 sur 93 · Joannitœ vulgo dicebantur. Sozom., ibid. — Cod. Theod · texte numérisé non relu

Joannitœ vulgo dicebantur. Sozom., ibid. — Cod. Theod

singuliers criminels se trouvaient-ils réunis dans les geôles, que le chant des psaumes commençait, et si un prêtre était présent, on procédait à la célébration des saints mystères. « Les prisons étaient alors, nous dit un contemporain, les vraies églises de Dieu, et les basiliques un lieu d'iniquités et de blasphèmes*; » les fidèles les fuyaient comme pestiférées, à moins qu'ils n'espérassent y rencontrer un clergé ami de Chrysostome.

Pendant que ces événements préoccupaient tous

les esprits dans Constantinople, le concile terminait

sa session obscurément, sans qu'on s'intéressât en

quoi que ce fût à ses discussions ou à ses actes, car

tout le monde savait d'avance ce qu'il devait décider.

Il décida en effet que Jean, déposé, puis remonté

subrepticement sur son siège, était excommunié par

|le fait, et qu'il appartenait à la puissance extérieure

[d'assurer contre lui l'exécution des canons ecclésias-

j tiques. Après cette sentence, les évoques se séparèrent,

ravis d'avoir donné satisfaction à l'impératrice par la

confirmation pure et simple des décrets du Chêne en

échappant eux-mêmes aux embarras d'une révision

reconnue impossible. Ainsi donc l'archevêque était

remis au bras séculier; mais, au moment d'agir, le

1. Carceres mutabantur in ecclesias et hymni quidem atque oblationes mysteriorum in carceribus peragebantur... flagra vero et cruciatuset horribilia juramenta in ecclesiis adhibebantur. Pallad,, dial., p. 35.

276 JEAN CHUYSOSïOME

bras séculier trembla. De nouvelles terreurs assaillirent Arcadius, et il laissa le condamné dans sa captivité actuelle, se contentant de la rendre plus étroite et moins supportable. Chrysostome avait été confiné dans son palais épiscopal aux approclies des fêtes de Pâques; il y fut maintenu jusqu'à celles de la Pentecôte' sans que l'empereur Arcadius osât ni le faire transférer dans une autre prison, ni l'envoyer en exil.

Que devenait, sous un coup si rude, quoique malheureusement trop prévu, cet homme, l'honneur de l'Église orientale, pour la seconde fois livré par ses frères à d'implacables ennemis? Sans rien perdre de sa sérénité d'âme, il s'était convaincu qu'il n'avait rien à attendre désormais des évêques d'Orient, ni pour la justification de sa conduite, ni pour sa vie, qu'aucun retour ne lui restait contre l'oppression et la calomnie dans l'église où il était né; mais ses ennemis euxmêmes semblaient lui avoir indiqué la voie qu'il avait à suivre en jetant le souvenir d'Alhanase au milieu des débats de son procès. Atlianase, comme lui en butte au ressentiment des princes, poursuivi par des haines jalouses de concile en concile, condamné, déposé, exilé par ses frères d'Orient, avait trouvé justice en Occident; il y était venu plaider sa cause, et avait obtenu une réparation éclatante, soit devant l'Église romaine, soit devant le conseil de Sardique. Voilà l'exemple qui s'offrit à l'esprit de Chrysostome. Toutefois les situations n'étaient pas les mêmes. Athanase, libre de sa personne, avait pu passer en Italie et faire

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