Eph.^ II
Saint-Esprit, dans les siècles des siècles. Amen ^ » En 443, première date certaine que nous puissions assigner aux actions de son pontificat, nous trouvons saint Léon occupé de pourvoir aux nécessités les plus diverses de l'Eglise . Tout en poursuivant dans le monde entier les réformes les plus urgentes, et en fixant la jurisprudence ecclésiastique dans une foule de questions dont la solution imparfaite était une cause de trouble dans la société chrétienne, il ne laisse pas de s'inquiéter de la date de la pâque pour l'année 444-
C'est au milieu de ces différentes préoccupations, sur lesquelles nous aurons à revenir plus d'une fois, qu'un danger plus pressant et tout voisin l'obligea de veiller sans retard à la sûreté de la ville de Rome.
Les manichéens, chassés d'Afrique par l'invasion des Vandales ariens, s'étaient répandus dans toute l'Italie, mais surtout à Rome, où ils pouvaient plus facilement se dissimuler, où ils se glissaient parmi les catholiques, assistaient à leurs cérémonies et prenaient part à leurs sacrements, malgré la différence profonde de leurs doctrines. Ces hérétiques en efîfet, comme le perse Manès qui avait fondé leur secte au iii*^ siècle de notre ère, croyaient non pas à un Dieu unique et suprême, mais à deux principes créateurs, celui du bien et celui du mal, essentiellement contraires et perpétuellement en lutte; ils rejetaient tout l'Ancien Testament ; ils niaient la réalité de la nativité du Christ selon la chair, prétendant qu'elle n'avait été que figurée, ainsi que sa passion et sa