‹ St Léon le GrandChapitre 11 sur 123 · I. Senn. XXI · texte numérisé non relu

I. Senn. XXI

résurrection ^ ; enfin ils croyaient voir en Manès luimême le divin Paraclet annoncé au monde par Jésus'-.

Saint Léon, à plusieurs reprises, avertit le peuple de se garder d'eux et de la contagion de leurs erreurs, et il indique à quels signes on peut les reconnaître. Par exemple, ils ont coutume de jeûner le dimanche en l'honneur du soleil, et le lundi en l'honneur de la lune, parce qu'ils rendent un culte à ces astres, qu'ils regardent comme émanant particulièrement de la puissance de la lumière ; ils communient sous l'espèce du pain, mais non sous celle du vin, parce que le vin, à leurs yeux, est un produit de la puissance des ténèbres 3.

Plus d'une fois, dans ses sermons, le pontife flétrit, avec son éloquence un peu véhémente mais qui part du cœur, cette secte impie et dangereuse dont le chef orgueilleux ne craignait pas de s'attribuer la divinité. « Afin, dit-il, de se donner l'air de suivre les enseignements d'un maître grand et sublime, ils professent que le Saint-Esprit est venu sur la terre en la personne de Manès; ainsi le Paraclet, promis par Notre-Seigneur, ne serait pas descendu avant la naissance de cet imposteur, qui séduit tant de malheureuses âmes ; et l'Esprit de Dieu se serait incarné en lui de telle sorte que Manès lui-même ne serait autre que cet Esprit divin, qui par le moyen d'une langue et d'une voix humaines, annoncerait toute vérité à ses disciples et leur découvrirait des secrets ignorés de tous les siècles passés. Pour apercevoir la fausseté et la vanité de pareilles prétentions, il suffit

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