‹ St Léon le GrandChapitre 102 sur 123 · I. Epist. CXXVII, i; CXXIX; CXXX,. 1,2; CXXI. i · texte numérisé non relu

I. Epist. CXXVII, i; CXXIX; CXXX,. 1,2; CXXI. i

catholique, telle qu'elle est exposée dans la lettre à Flavien, est éloignée de celle de Nestorius et conforme à celle des pères, particulièrement d'Athanase, de Théophile et de Cyrille; en terminant, il insiste avec force sur la nécessité et le devoir de défendre tous les droits de son église contre les entreprises de ceux qui voudraient y porter atteinte. Il y a là une allusion très claire à la dangereuse ambition d'Anatole K

Les choses traînèrent ainsi pendant plusieurs années, jusqu'à la mort de Marcien.

Cette mort ranima les espérances d'Élure et son audace : il n'aspirait à rien moins qu'à devenir patriarche d'Alexandrie. Il avait probablement été exilé en même temps que ses partisans, mais nous le retrouvons en Egypte en 457. Pour rendre son nom populaire et pour faire croire à une protection divine, il avait, dit-on, recours aux ruses les plus grossières. Plusieurs historiens racontent qu'il s'en allait, la nuit, parcourir les cellules des moines, sous un déguisement bizarre, appelant chacun par son nom, et leur parlant à travers un long tube qui déguisait sa voix en lui donnant une sonorité effrayante. « Je suis, disait-il, un ange de Dieu envoyé du ciel pour vous avertir : séparez-vous de la communion de Protérius, car c'est Timothée que le Seigneur a choisi pour être évêque d'Alexandrie^. » Tandis qu'il sé-

I . «... Ut prosit alexandrinae ecclesiae quod improbae quonimdam ambilioni, servato veterum privilegiorum jure, sollicitiis obviavi, et melropolitanis omnibus illaesam manere volui dignitalem. » (E/nst. CXXTX, 3.)

i. Comme le remarque Fleury {Hisl. eccl.^ I. XXIX), ce sont peut-être ces promenades nocturnes qui lui firent donner le surnom de chat.

duisait les esprits crédules par cet artifice, il attirait d'autre part à sa cause non seulement les hérétiques eutychiens et apollinaristes, mais la foule nombreuse des gens sans aveu, de ceux qui n'ont plus rien à perdre et qui espèrent toujours tirer quelque profit du bouleversement de la société. Enfin il faisait répandre de méchants bruits sur Protérius, qu'il accusait toujours de nestorianisme^.

Quand il jugea que tout était prêt pour le succès de son entreprise, il profita de ce que Denys, qui commandait alors les troupes de la province, était occupé dans la Haute-Egypte, et,, ramassant une troupe de scélérats payés à prix d'argent et armés par lui, il s'empara par la force de la grande église d'Alexandrie, et il s'y fit sacrer par deux évêques condamnés et déposés qui l'accompagnaient, Pierre de Majume et Eusèbe de Péluse. Le premier avait été ordonné, comme nous avons vu, par Théodose, faux évêque de Jérusalem ; le second, d'après Tillemont -, est peut-être celui qui est si célèbre dans les lettres de saint Isidore.

Elure commença aussitôt a faire toutes les fonctions d'évêque, alors que Protérius était encore vivant et résidait dans la ville même. Il conféra le baptême, et ordonna des évêques, des prêtres et des diacres, qu'il envoyait dans les diverses églises d'Egypte, avec ordre de chasser sans retard tous les clercs qui refuseraient d'entrer dans son parti.

A la nouvelle de ces désordres, Denvs s'empressa d'accourir. Elure fut chassé de la ville. Mais ses

1. Voy. Gennadius Massiliensis, De scriptoribus ecclesia.sticis,

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