Epist. XYIII
d'autres hérétiques, les priscillianistes, qui l'obligent a intervenir en Espagne.
Le priscillianisme est un des principaux rejetons du manichéisme, auquel il emprunte ses dogmes fondamentaux. Apporté en Espagne dans la seconde moitié du iv^ siècle par un égyptien appelé Marc, il doit son nom et ses prodigieux succès à Tun des principaux héritiers de sa doctrine, l'espagnol Priscillien, homme de grande famille, qui sut profiter de l'autorité que lui donnaient sa science profonde, son éloquence et le prestige de sa vie austère, pour entraîner h sa suite la plus grande partie de l'Espagne ', et même gagner à sa cause un certain nombre d'évèques. Condamnés d'abord par le concile de Saragosse, en 38 1, puis persécutés violemment par l'empereur Maxime, qui fit mettre à mort leur chef malgré les instances de saint Martin, les priscillianistes, après bien des vicissitudes, relevaient la tête et profitaient de la situation troublée de l'Espagne pour y propager de nouveau leurs erreurs. Ce maiheureux pays était envahi à la fois par plusieurs peuples barbares, les Suèves, les Vandales, les Goths, qui le ravageaient cruellement et y entretenaient un épouvantable désordre : à la faveur de cette anarchie, qui rendait fort difficile la surveillance de l'autorité spirituelle, le mal se répandait dans l'ombre, principalement en Galice. Ce fut un des pasteurs de cette région, saint Turribius, évêque d'Astorga, qui donna l'éveil. Dans une lettre adressée aux évoques Idacius et Ceponius ~, il dévoile les