‹ St Léon le GrandChapitre 29 sur 123 · CONCILE DE CONSTANTINOPLE SOUS FLAVIEN · texte numérisé non relu

CONCILE DE CONSTANTINOPLE SOUS FLAVIEN

découvrir dans rÉcriture, bien que cela y fût réellement et que les pères eussent parfaitement raison de l'y voir.

On lui fit encore une seconde citation, puis une troisième, et il promit enfin de se présenter le 11 novembre. Flavien demanda au concile de patienter jusque-là. Le 22, les évêques s'assemblèrent donc, au nombre de trente environ, et Eutychès se présenta enfin, amenant avec lui une escorte de soldats et de moines, ainsi que plusieurs officiers du palais : le silentiaire Magnus et le patrice Florentins réclamèrent le droit d'entrer comme envoyés de l'empereur ; Florentins avait même la prétention de veiller à la conservation de la paix et de la foi. On les fit entrer, ainsi que l'accusé, que l'on fit placer au milieu de l'assemblée, en face de l'accusateur, et la discussion commença. Le diacre Aétius, notaire, lut d'abord les actes de tout ce qui s'était fait jusqu'à ce jour ; lorsqu'il vint à lire la lettre de saint Cyrille où il est parlé de la distinction des deux natures en Jésus-Christ, Eusèbe de Dorylée l'interrompit pour questionner Eutychès et tâcher d'obtenir de lui des réponses satisfaisantes. Mais celui-ci sembla mettre à dessein, dans ses paroles et dans ses actes, une confusion et une obscurité singulières, comme quelqu'un qui veut se réserver, pour l'avenir, la faculté d'interpréter sa propre conduite de différentes manières, suivant les circonstances.

11 prétendit d'abord qu'il n'avait pas besoin de parler, parce que sa réponse était écrite. On le pria de la lire ; mais il refusa de le faire lui-même. Pressé alors de parler, il répondit d'abord avec fort peu de netteté aux questions de Flavien et de quel-

ques autres; puis, obligé de préciser sa pensée, il finit par dire : « Je confesse que Notre-Seigneur a été de deux natures avant l'union ; mais après l'union, je ne confesse qu'une nature. » Dès lors il n'y eut plus moyen de le faire sortir de la.

Il fallut donc prononcer lanathème contre lui : il fut privé de toute dignité sacerdotale, du gouvernement de son monastère et de la communion de l'Église^. La sentence fut signée par trente-deux évêques et vingt-trois abbés, et publiée dans les églises de Constantinople. ^lais les moines du monastère d'Eutvcliès refusèrent de se séparer de lui, et se virent privés de l'usage des sacrements pendant près de neuf mois.

Entachés, en toute cette affaire, avait été poussé et soutenu par son filleul ^ l'eunuque Chrysaphius, chambellan de l'empereur Théodose II, qui jouissait alors de la faveur du prince et qui était l'ennemi de saint Flavien. Lorsque celui-ci, en 447? avait succédé à saint Procle, archevêque de Constantinople, Chrysaphius, qui aurait voulu voir Eutychès en sa place, s'était montré fort jaloux de lui et avait commencé à lui témoigner son hostilité par des taquineries. Il avait, dit-on, engagé l'empereur à lui demander des eulosfies à l'occasion de son ordination. Or les eulogies étaient, comme on sait, de petits présents ordinairement sans valeur, et qui n'avaient d'autre prix que celui du souvenir du donateur 3. Flavien s'em-

1. Voy. les actes du concile de Constantinople dans Labbe et Cossart, Sacrosancta concilia, l. IV (1671), col. i5o et suiv. — Mansi, t. VI (1761), col. 495 et 65o.

2. Voy. Liberatus, Breviarium de causa Nestorii et Eutychetis, cap. xi.

3. Le nom à'eulogies (c'est-à-dire bénédictions) de'signa d'à-

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