‹ St Léon le GrandChapitre 30 sur 123 · CONCILE DE CONSTANTIXOPLE SOUS FLAVIEN · texte numérisé non relu

CONCILE DE CONSTANTIXOPLE SOUS FLAVIEN

pressa donc de répondre à la demande de l'empereur en lui envoyant, selon la coutume, quelques pains bénits. ]Mais Chrysaphius les rejeta avec dédain; il fit répondre que de pareils présents n'étaient pas dignes du prince, et il laissa clairement entendre qu'il attendait de l'or. Flavien répliqua qu'il n'avait d'autre or que celui des vases sacrés, les revenus de l'Eglise étant uniquement destinés à l'entretien du culte et au soulagement des pauvres ^ Cette réponse redoubla la haine de l'eunuque envers saint Flavien, et il chercha par tous les moyens à le faire déposer 2. Pour parvenir à l'accomplissement de ce mauvais dessein, il s'efForca d'abord d'éloii?ner de l'empereur sa sœur Pulchérie, femme sainte et énergique qui avait sur lui une grande et salutaire influence. N'ayant pu y parvenir, il n'en continua pas moins à susciter, autant qu'il le put, des ennemis et des difficultés h Flavien, et il est permis de croire

l)ord rEuchaiistie elle-même ; puis il s'appliqua à la quantité de pain qui, à la messe, se trouvait en trop et demeurait non consacrée : on bénissait ce pain, on le distribuait, en signe d'union fraternelle, à ceux qui ne communiaient pas, et c'est là l'origine du pain be'nit que l'on offre encore aujourd'hui aux messes solennelles. Dans la suite, ce terme s'e'tendit aux objets bénits (ordinairement des pains azymes) que les évêques envoyaient en signe d'amitié, — A des e'poques postérieures à celle (jui nous occupe, il en vint même à de'signer un repas bénit par un évêque ou un prêtre, puis un repas en ge'ne'ral, puis enfin toute espèce de présent.

1, Evagre racont<' même qu'il lui envoya en effet les vases sacres, afin de le faire rougir de son indigne cupidité. [Hist. de l'Eglise^ livre II, ch. 11.)

2. Voy. Théophane, C h ro no g rapide, éd. Combefis (ifiSS), p. 84 et sniv., ou dans la Patrol. grecque de Migne, t. CVIII, col. 256 et suiv. — Vov. aussi dans les Mc'm. de Tillemont,

qu'il fut pour beaucoup dans la malheureuse obstination d'Eutychès.

Celui-ci, une fois condamné par le concile de Constantinople, ne se tint pas pour battu, et, confiant dans la puissance de ses protecteurs, il multiplia ses démarches. Il écrivit d'abord au pape, pour se justifier, une lettre où il arrangeait les choses à sa façon. Puis il obtint que l'empereur écrivît lui-même au souverain pontife pour plaider sa cause. Ces deux lettres arrivèrent à Rome avant celle que Flavien, de son côté, y avait envoyée pour rendre un compte exact des événements; de sorte que Léon écrivit le même jour, le 18 février 449? de courtes épitres à Flavien et à Théodose, pour leur témoigner sa surprise, tant de la déposition d'Eutychès que du silence de l'évêque de Constantinople après une si grave détermination ^ Celui-ci s'empressa de répondre au pape pour rétablir la vérité des faits et demander le maintien de la condamnation d'Eutychès. « Votre sagesse, dit-il en terminant, ramènera partout la tranquillité et la paix. Vos lettres vénérées feront cesser, avec l'aide de Dieu, l'hérésie qui vient de se lever et le tumulte qui en est la suite; et vous empêcherez la réunion du svnode dont on fait courir le bruit et qui jetterait le trouble dans les églises du monde entier 2. » Nous verrons que ce synode, que Flavien redoutait avec tant de raison, fut en effet convoqué h Ephèse par un rescrit du 3o mars 449- Léon répondit h l'évêque par un billet très bref, mais dans lequel il déclare

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