Parmi les lettres de saint Le'on^ sous le n^ XX^'I
CONCILE DE COxNSTANTINOPLE SOUS FLAVIEN. 51
approuver sa conduite et lui annonce l'envoi prochain d'une autre épitre où il se propose d'exposer plus au long la doctrine catholique sur les questions controversées. C'est la fameuse lelti^e à Flavien, sur laquelle nous reviendrons un peu plus tard.
Cependant Eutychès, au lieu de se soumettre, cherchait à renforcer son parti, et, quêtant partout des appuis, il avait écrit, entre autres, aux patriarches de Jérusalem et d'Alexandrie, et au métropolitain de Thessalonique. Il avait écrit aussi h saint Pierre Chrysologue, évêque de Ravenne, car il sentait bien de (juel prix pouvait être l'approbation d'un homme aussi justement vénéré; mais il reçut de lui une réponse qui est un modèle de charité, de modération et de sagesse, et dont il eût certainement fait son profit s'il n'avait pas été si étrangement aveuglé. L'éloquent évêque exprime sa tristesse en apprenant les divisions qui troublent l'Église; il ne se permet pas de porter un jugement sur cette affaire sans avoir entendu les deux parties; et il ajoute ce conseil très judicieux : « Nous vous exhortons d'ailleurs, honorable frère, à obéir docilement, en toutes choses, à ce qui a été écrit par le vénérable pape de la ville de Rome ; car le bienheureux Pierre, qui vit et préside dans son siège, donne la vérité de la foi a ceux qui la cherchent. Pour nous, l'intérêt de la paix et de la foi nous défend d'écouter des discussions qui regardent le dogme sans le consentement de l'évêque de Rome ^ »
Mais Eutychès ne cherchait pas la paix; et s'il voulait h toute force continuer la lutte, ce n'est pas