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sans doute qu'il prit grand intérêt aux questions de dogme ; mais il ne voulait pas céder, et il s'acharnait, au contraire, à triompher de ses ennemis en les mettant dans leur tort.
Il obtint de l'empereur une revision des actes du concile de Constantinople, dans une assemblée où il se fit représenter par deux de ses moines, et qui tint deux séances; mais plusieurs évêques protestèrent et montrèrent combien une pareille tentative était inopportune, alors qu'un concile général était ordonné, et que par conséquent il convenait de lui réserver toutes les affaires de quelque importance. Du reste, quoique l'empereur eût retiré, cette fois, la présidence a Flavien pour la donner à Thalassius, évèque de Césarée, on ne trouva rien d'irrégulier dans la condamnation qui avait été prononcée contre Eulychès.
Les amis de celui-ci n'avaient donc plus d'espoir que dans le concile qui se préparait. Il leur fallait diriger les événements et choisir les hommes de manière à assurer le triomphe définitif de leur parti. C'est ce qu'ils faisaient d'ailleurs depuis longtemps, bien avant même que le concile ne fut décidé. Chrysophius avait écrit à l'impératrice Eudocie pour s'assurer son appui; il avait écrit aussi a Dioscore, ou Dioscure, patriarche d'Alexandrie, dont il connaissait sans doute le caractère violent et turbulent, l'âme orgueilleuse, ambitieuse et sans scrupule, et dont il pouvait faire un instrument très utile en le plaçant à la tète du mouvement qu'il méditait. Eutychès, de son côté, s'était adressé à ce même Dioscore pour lui demander de prendre connaissance de l'affaire, et celui-ci n'avait pas hésité à conseiller
CONCILE DE CONSTANTINOPLE SOUS FLAYIEN. ô'3
la convocation d'un concile général. Eutychès avait arraché, sans trop de peine, cette grave détermination à la faiblesse de Théodose i, cet « esprit mal tourné », comme l'appelle Corneille 2, qui avait la manie de se mêler constamment de la direction des affaires ecclésiastiques.
II était en effet irrégulier, bien que l'histoire offre plusieurs exemples de ce fait, qu'un concile général lût convoqué par l'empereur. Théodose comprit du moins que ses actes seraient absolument nuls s'il n'était point en communion avec le pape, et il eut le souci de s'assurer l'adhésion de celui-ci ; mais il semble avoir désiré en même temps que sa puissante et salutaire influence s'y fît sentir le moins possible.
Quand la nouvelle de cette grande décision se répandit dans la chrétienté, elle produisit partout une émotion considérable ; mais les esprits sages ne craignirent pas de blâmer cette audacieuse entreprise, dont ils n'altendaient rien de bon. Nous avons vu ce qu'en pensait Flavien. Théodoret, de son côté, écrivait à Domnus, évêque d'Antioche : « Les nouvelles que nous avons reçues récemment de votre Sainteté sont pour nous un sujet de grande tristesse ; car on ne peut rien augurer de bon du synode qui se prépare, à moins que le Dieu bienfaisant ne montre encore sa bonté habituelle en réduisant à néant les machinations de ces démoivs turbulents^. » Quant à Léon lui-même, on peut affirmer sans crainte qu'il désapprouva la convoca-
1. \oy. Liheratus, Hrcviariuin^ cap. xii. '1. Pulclicrie, acte II, scène ii ; v. 555.
3. « Et [jLr] àpa ô 9'.XavOpioT:oç Aca7:6i:r]ç,.. tGjv lapayioocov ûai- {x6vwv otaXucfsi Taç [j.r]yavdtç. » (The'odoret, lettre CXII.)
tion d'un concile dans ces conditions, et en particulier sa réunion dans une ville orientale ; mais alors il crut plus sage de s'associer, quoique avec un regret visible, au vaste mouvement qui avait été préparé par des politiques habiles et semblait entraîner la masse des esprits, afin de le diriger, s'il était, possible, dans la voie de la vérité et de la justice.
Ce fut à Dioscore que s'adressa l'empereur pour le charger de réunir le concile. Par une lettre du 3o mars 449> i^ ^^i enjoint de se rendre à Ephèse, amenant avec lui dix métropolitains, ainsi que tous ceux qu'il jugerait à propos de s'adjoindre, puis de convoquer l'assemblée qui devait juger de nouveau l'affaire d'Eutychès. Il lui prescrit d'admettre à cette assemblée Tarchimandrite Barsumas, comme représentant de tous les moines ; or c'était une innovation que l'empereur se permettait là, car on n'avait jamais vu d'archimandrites ou d'abbés prendre séance dans les conciles généraux ; et cette innovation avait d'autant moins de raison d'être que ce Barsumas était connu pour avoir été un des principaux et des plus actifs fauteurs de l'hérésie monophvsite. Mais, tandis que Ton admettait au synode et que l'on mettait à sa tête tous les amis d'Eutychès, sous prétexte qu'ils avaient été les adversaires les plus décidés de Nestorius, on excluait au contraire tous ses ennemis, tels que Théodoret et Ibas, que l'on aff*eclait de res^arder comme entachés de nestorianisme. En un mot, tout était préparé par une faction violente, ambitieuse et impudente, qui se souciait fort peu de la liberté des délibérations et même des intérêts de la foi, mais qui profitait des